Interview de Willem Dafoe

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Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Willem Dafoe, un patron de cirque effrayant ?


« Nightmare Alley » fait partie des films les plus intrigants en ce début d’année 2022. Réalisé par le Mexicain multi-Oscarisé Guillermo Del Toro, nous avons eu le privilège de participer à une conférence de presse internationale et en ligne sur ce fameux long-métrage.

Ainsi, Joe Utichi de « Deadline » pris en main les interviews et relaya les questions de la presse à Willem Dafoe. Qu’est-ce qui vous a attiré avec votre personnage « Clem Hoatley » ?
Willem Dafoe : J’ai toujours des souvenirs très forts de mon enfance où j’allais voir des spectacles de cirque qui pouvaient être autant romantiques qu’effrayants. Ils me semblaient d’ailleurs parfois mondains et pour moi, les forains savaient raconter une histoire parce qu’ils voyagaient beaucoup. Comme j’ai une imagination assez forte, je me suis inspiré de mes souvenirs pour en créer le personnage. Guillermo (Del Toro) m’avait aussi fait confiance pour ça.

D’accord. A présent, une question de Mike Reyes de « Cinemablend ». « Clem » est un personnage très ambivalent. Pensez-vous qu’il arrive à concilier sa brutalité et son humanité ? Et comment cela a-t-il influencé votre performance ?
W. D. : C’est difficile de juger ce personnage. Il a même peut-être été en prison, mais a probablement mûri avec les années en parallèle. C’est un gars qui voit qui est un gagnant et qui est un perdant, tout en se souciant de ceux qui l’entourent. Il est aussi très cruel, notamment en attirant les futurs geeks (dans ce cas-là, une personne plutôt indépendante, à l’allure costaude et prête à durement travailler pour un spectacle) à ses fins.

Absolument. A présent, une question Drew Pearson de « Live ». Vous pouvez travailler et jouer avec n’importe quel réalisateur. Et Guillermo (Del Toro) est un grand cinéaste. De ce fait, comment décidez-vous d’incarner de tels rôles ?
W. D. : En fait, je ne me fie pas aux rôles, mais à la situation générale. Lorsque je joue un rôle que je ne connais pas, ce qui est souvent le cas, cela signifie forcément que je vais en apprendre quelque chose, me dépasser. Et à chaque fois pour mes rôles, je me demande si mon interprétation me convient, si je suis prêt à voir le film par la suite ou encore, jusqu’à quel point mon interprétation convient.

D’accord. Une autre question de Goncalo Sa de « Sapo » au Portugal. Qu’est-ce qui distingue le cinéma d’Hollywood actuel de Guillermo Del Toro ?
W. D. : C’est une bonne question. Avec « Nightmare Alley », j’aime la façon dont Guillermo a mélangé les genres. Il prend des choses qui ne vont pas vraiment ensemble à la base, fait un croisement entre eux puis… les transforment en hybrides. Il a aussi un grand intérêt pour les créatures, les monstres ou les gens qui sont marginaux. J’apprécie car il les humanise et pousse notre compréhension et compassion de différentes manières avec chacun de ses films.

Oui, c’est vrai que c’est assez fantastique. Là, j’ai Lieven Treo de « Morgen » en Belgique qui a écrit que le précédent film de Guillermo del Toro, « La Forme de l’eau », était une fable sur le racisme et la xénophobie actuels. Pensez-vous que « Nightmare Alley » dénonce aussi quelque chose ?
W. D. : Oui bien sûr car c’est une histoire humaine qu’on peut regarder de nombreuses façons. « Nightmare Alley » démontre aussi une forme de capitalisme, d’exploitation ou même, d’ambition.

C’est vraiment intéressant. Et pour terminer notre interview, Noah Levine de « Fangorina » demande si vous préférez jouer des personnages méchants, au lieu de ceux moralement bons ?
W. D. : Vous savez, nous sommes formés tout au long de notre vie à ne pas être une mauvaise personne. Mais parfois, à force d’éviter de l’être, on peut le devenir. J’ai remarqué que les fois où je jouais un méchant, je libérais certaines de mes peurs et paradoxalement, me transformais plus en ange (rire). C’est une blague, mais je sais que parfois, les méchants ne dégagent pas le charisme souhaité, ils peuvent être plats. Ce genre de rôle est très souvent contradictoire et il peut arriver au public d’identifier un « bon » méchant dans son rôle.

Eh bien… Tout le monde aime un rôle du genre et très souvent, ils restent dans la mémoire à cause de leurs actes et pensées souvent négatifs.
C’était donc un plaisir de parler avec vous aujourd’hui. Merci beaucoup et bonne suite à vous.

W. D. : Merci beaucoup à vous aussi.

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