Le présentateur télé, star des années Canal+, Michel Denisot, réalise son premier long métrage. Une comédie efficace sur les travers de la célébrité qui se regarde très facilement et sans prise de tête. Rencontre avec Michel Denisot qui nous a accordé une interview pendant sa tournée promo à Genève.

Vous balancez beaucoup dans « Toute ressemblance », comment naît un tel projet ?
Le projet est né à Cannes, il y a quatre ans, lors d’un dîner chez UGC. C’était pendant le festival, ça devait être mon 35e festival. C’était un dîner auquel je ne voulais pas aller et puis finalement, j’y suis allé. J’ai commencé à raconter des anecdotes, ça fait 50 ans que je travaille maintenant et des anecdotes de télé, j’en ai beaucoup. Au fur et à mesure que la soirée avançait, je voyais que le public autour de la table était bon client. Et puis à la fin du dîner, vers deux heures du matin, la patronne du UGC, Brigitte MACCIONI m’a dit : « mais, il faut faire un film » et à deux heures du matin parfois on dit oui à n’importe quoi. J’ai dit oui en pensant, évidemment, que ça serait comme des oui à cette heure-là, sans lendemain, et puis le lendemain elle m’a rappelé en me disant : « mais je ne plaisantais pas ! ». Le temps a passé et j’ai proposé une histoire sur deux pages, que j’ai écrite pendant l’été. L’histoire d’un journaliste du 20 heures qui décrivait l’univers de la télévision. Un personnage qui n’a rien à voir avec moi, puisque à la télé, j’ai à peu près tout fait sauf ça. Donc, j’ai dit : « j’ai écrit deux pages, mais le reste, je ne l’ai jamais fait ». Par la suite, il fallait trouver une équipe pour travailler avec moi et j’ai dit à tout le monde à peu près la même chose : « je sais ce que je veux, mais je ne sais pas le faire et on va le faire ensemble ».

« Toute ressemblance », est-il un film critique ?
Non, ce n’est pas un film critique. Il prend place dans le monde de la télé. J’aurais pu placer cette histoire dans le monde de la politique ou dans le monde des affaires. En fait, c’est l’ascension de quelqu’un, qui par un petit coup d’arnaque accède à la place de numéro un. Y accéder ce n’est pas le plus difficile, c’est de durer qui est difficile et pour durer après on a besoin de… enfin « on », je dis, on peut avoir besoin, ce qui n’a pas été mon cas non plus, d’artifices, de faire des compromis et de le faire aux dépens de sa vie, de sa vie familiale, de s’occuper moins de son fils… c’est ce qui arrive dans le film.

Donc, c’est un film d’époque ?
Je dis que c’est un film d’époque, mais de notre époque. C’est un film d’aujourd’hui de ce qu’est la télévision. Aujourd’hui, c’est la fin d’une grande époque de la télévision, qui bascule maintenant sur d’ autres écrans. Mais la télé nourrit encore beaucoup les réseaux sociaux. Donc, ça reste la matière première, ça a une importance différente et c’est le sujet du film.

Pourquoi Franck Dubosc dans le rôle d’un présentateur télé insupportable ?
Quand j’ai écrit le film, je ne pensais à personne car je ne savais même pas que j’allais faire un film. C’était nouveau pour moi, c’est arrivé comme ça puis à un âge quand même assez avancé. Après, quand il a fallu choisir un acteur, j’ai pensé à Franck, parce que je voulais quelqu’un de sympathique, de naturellement sympathique, parce ce n’est pas parce que les gens deviennent cyniques par la fonction, ce qui est le cas de mon héros qui peut devenir cynique, s’il dégage une sympathie naturelle, c’est un peu différent et on s’attache à lui quand même à la fin. On s’attache encore plus à lui parce qu’on va voir qu’il est comme tout le monde, mais il ne change pas pour autant.

Nouvelle aventure pour vous à la réalisation. Avez-vous aimé ?
Je dis toujours que les seuls concours que j’ai réussis, ce sont les concours de circonstances et là, c’en est encore un. Alors, après, est-ce que ça va marcher ou pas, je n’en sais rien, je l’espère évidemment. En tout cas, j’ai eu la chance d’être très bien entouré. J’ai pris énormément de plaisir, en particulier pendant le tournage. Je crois que c’était les deux plus beaux mois de ma vie professionnelle. Alors, dire si j’ai pris goût oui, mais après en faire un autre, c’est autre chose.

Toute ressemblance
FR – 2019
Comedie
Réalisateur: Michel Denisot
Acteur: Franck Dubosc, Jérôme Commandeur, Marilyne Canto, Denis Podalydès, Sylvie Testud, Laurent Bateau, Jovanka Sopalovic, Derek Simon Robin, Caterina Murino, Anouchka Delon
JMH
27.11.2019 au cinéma