En Suisse, la situation des migrants est toujours dans tous les esprits et sur toutes les langues. Malgré tout, des bénévoles s’organisent pour offrir une aide immédiate et civile sur la simple idée qu’une vie en vaut une autre sans distinction de race, de religion, d’âge ou de culture. Allant à l’encontre de la politique suisse répressive et inhumaine, ces associations de personnes se battent contre la haine, la peur et le refus de l’autre. En sort une constatation d’échanges de richesses en tous genres et des déceptions envers le système social et politique de noter pays.

Chloé Seyssel a suivi le quotidien de bénévoles romands et tessinois dans leur combat pour la dignité et les droits humains. La plupart des personnes aidantes sont des femmes, ce qui affiche une image de la réalité de la vie, car les femmes sont des mères, des sœurs, des épouses, des tantes et des grands-mères qui naturellement protègent la vie dans un geste probablement inconscient de survie de l’espèce. Dans ce cas, comment se fait-il que la majorité des hommes ne se rendent pas compte de l’importance de cette pérennité ? Ce film a été tourné entre novembre 2017 et mai 2018, malgré cela la situation reste dans un statut quo obscène et de nombreuses personnes ont été arrêtées pour délit de solidarité. Rien que le terme délit de solidarité n’a pas de sens. Comment peut-on sincèrement penser que la solidarité est néfaste ? Pour ceux qui sont persuadés qu’un migrant coût à la société, profite du système social, vole le travail des suisses, est un danger pour l’intégrité des populations ou encore est simplement un fléau, voici quelques chiffres : un migrant emprisonné pour un délit, tel que de ne pas avoir ses papiers en règle, coûte environs 11’000.- par jour. Sa condamnation équivaut à celle d’un délinquant poursuivi pour vol à la tire, cambriolage ou agression physique. Les migrants représentent actuellement 1.2% de la population suisse. Ce chiffre est dérisoire face à la publicité qu’en font les médias et certains politiques de manière négative uniquement. Les migrants sont des êtres humains ayant traversé des difficultés que bien des suisses ne pourraient pas affronter dans le seul but de vivre décemment. Hélas, à leur arrivée, l’eldorado sonne creux et le retour n’est humainement plus possible.

Les droits humains de considération, de travail, de logement, de culte et d’éducation doivent impérativement être les mêmes pour tous. Nombreux sont les citoyens qui considèrent cette notion comme évidente et pourtant beaucoup votent à l’encontre de cette idée. Une vie vaut-elle réellement plus qu’une autre ? Qui sommes-nous pour en tirer des certitudes ? Si l’état fait acte de discrimination, alors la désobéissance civile est nécessaire. Bien des guerres du 20ème siècle ont débutées ainsi, avec une idée de peur et de sélection. Voulons-nous vraiment les revivre ? Car nous faisons partis de la même planète et par conséquent ce qui touche les uns finira toujours par toucher les autres.

Ce film est une photographie d’une situation alarmante et actuelle, en bas de chez nous, dans nos rues, dans nos communes. Fermer les frontières ne fera qu’accentuer les difficultés de la migration quelle qu’elle soit. Vous pouvez être acteur aujourd’hui, à votre échelle. (CBB)

Association Humanisation – Katja Weber
Association Firdaus – Lisa Bosia Mirra
Association le Lieu-dit – Hélène Menut
Les volontaires du CESRT (Chios Eastern Shore Response Team)
Mireille Reymond Dollfus – pasteure auprès des migrants EERV

Volontaires
CH – 2019 – 94min
De Agnès Boutruche & Véronique Vergari
Framevox
30.10.2019 au cinéma

VOLONTAIRES – L’Humanité en Berne
5.0Note Finale