Inspiré de faits réels, ce film dramatique est particulièrement troublant. On parle très peu de romantisme et de vie animalière. Le thème principal est beaucoup plus sombre, en toile de fond la vie quotidienne à Varsovie durant l’occupation allemande.

Tous les matins la jeune et rayonnante Antonina Zabinski ouvre les portes du Zoo de Varsovie. Les nombreux visiteurs qui se pressent aux grilles peuvent ainsi admirer les nombreux animaux présentés. Il y a deux superbes éléphants Tumbo et Cachat, un joli petit dromadaire dénommé Adam et passablement de fauves méfiants mais sympathiques. Tout rayonne dans ce somptueux parc animalier de la capitale polonaise. Hélas, pour les pensionnaires du Zoo, la vie extérieure devient de plus en plus menaçante. Au-dehors du grillage qui leur sert de protection se dessine une invasion sanglante. On est en septembre 1939 et les nazis sont aux portes de la cité polonaise.

Ayant tout perdu durant les bombardements, notre couple de gardiens tente de survivre, mais avec difficulté. Les rares animaux rescapés leur sont injustement enlevés par un ancien collègue et conservateur du Zoo de Berlin, un certain Lutz Heck plus nazillon et chasseur qu’ami des bêtes. 

Déprimés et angoissés par leur quotidien qui se détériore rapidement, Jan et Antonina ne se laissent pas abattre, bien au contraire, ils décident de combler le vide en venant en aide aux personnes persécutées dans le Ghetto de Varsovie. C’est au péril de leur vie, qu’ils vont cacher et sauver des milliers d’êtres humains (300 au total) sous le nez des fachos, sans que ceux-ci ne remarquent rien. Seul Lutz Heck commence petit à petit à se douter de quelque chose… 

Tirée d’une histoire véridique, romancée par l’écrivaine Diane Ackerman, cette nouvelle réalisation américano-britannique a été tournée en République Tchèque avec beaucoup de figurants locaux. Les Zoos de Prague, Varsovie et Jacksonville ont aussi servi de base au film. 

Financée par les fonds cinématographiques européens, ce dernier long-métrage de la réalisatrice Niki Caro est intéressant mais plutôt déprimant. Cette Néo-Zélandaise s’est fait connaître avec son premier long-métrage «Memory & Desire» présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes en 1998 et qui a obtenu le Prix du Meilleur Film aux «New Zealand Film Awards» ainsi que le Prix spécial du jury pour son scénario et sa réalisation. 

Niki Caro a également signé plusieurs courts-métrages à succès, dont «Footage», présenté en Sélection Officielle au Festival de Venise en 1996 et «Sure to Rise» présenté en compétition au Festival de Cannes en 1994. Ses réalisations télévisées ont obtenu une large audience, tant en Nouvelle-Zélande qu’à l’étranger. «Paï» son deuxième long-métrage, obtient lui aussi un succès mondial lors de sa projection. Les nombreuses récompenses qu’elle a reçu dans les festivals du monde entier témoignent de l’enthousiasme suscité par le film (Prix du public au festival de Toronto 2002, Prix du public au festival de Sundance dans la catégorie cinéma du monde…). 

«La femme du gardien de Zoo» se déroule durant l’occupation allemande en Pologne. Cette triste période de l’Histoire (39-45) a été plus ou moins bien abordée par la réalisatrice. Le spectateur prend bien conscience de la gravité des événements extérieurs. Certaines scènes sont même très dures à visionner, mais on peut déplorer le côté romancé du scénario lors de certaines scènes familiales et le comportement naïf et poli de l’actrice principale envers les Allemands.

Jessica Chastain n’est pas très crédible en gardienne de Zoo. L’actrice américaine de 40 ans qui a une cinquantaine de films et séries à son actif, (Interstellar, Seul sur Mars, La couleur des sentiments) semble tombée d’un autre monde. Son air de princesse et ses sourires incessants font tâche au milieu du crottin et du foin. La remarque est aussi valable durant les bombardements et l’occupation. Elle n’a de cesse que de pleurnicher et de jouer la femme parfaite et devient vite agaçante. 

À ses côtés nous trouvons deux rôles masculins, Daniel Brühl et Johan Heldenbergh. Les deux acteurs se présentent bien à l’écran. Le premier joue admirablement son personnage sombre et complexe. Lutz Heck est affreux, inhumain et pourtant son regard semble honnête, charmeur même. C’est lui qui donne au film tout son intérêt. On ne sait jamais ce qu’il manigance. L’homme intrigue dès les premières minutes de projection. Plus le film avance plus notre haine envers lui augmente. 

Johan Heldenbergh est méconnaissable sous les traits du mari à Antonina. Crédible, fiable et affublé d’un nouveau faciès (cheveux courts), il joue bien et prend rapidement l’ascendant sur sa femme dans le film. Même si le titre ne lui est pas dédié, c’est lui le vrai héros de l’histoire. La musique du film est composée de mélodies des compositeurs : Tchaïkovski, Mozart, Offenbach et du pianiste Camille Saint-Saëns. Si on ne peut que conseiller ce film pour des raisons historiques et humaines, on peut malgré tout regretter que le scénario ait été moyennement mis en scène.

Ce Blu-Ray contient en complément, des bandes-annonces de films, les scènes coupées, le Making-Of et un documentaire sur la famille Zabinski.

La femme du gardien de zoo
De Niki Caro
Avec: Jessica Chastain, Daniel Brühl, Johan Heldenbergh
Universal DVD

«La femme du gardien de zoo» : film très dur malgré ses apparences !
3.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

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