Suite à une opération de police qui dérape pour finir en véritable massacre, d’étranges sarcophages sont découverts dans une cave privée. Lors de leur extraction dans un dessein d’élimination discrète, un surveillant de nuit fait une bourde qui se révèle bien plus importante, voir fatale, que sa nature. Genève va ainsi basculer dans un décor apocalyptique avec comme figure de proue quatre cavaliers fantomatiques terrorisant la population.


Gagnants du NIFFF 2017, l’équipe de JD Schneider, Julien Dumont et Kennocha nous propose une web série de dix épisodes, de sept minutes chacun, pour explorer les ténèbres et une fenêtre sur l’histoire touchant au passage le pape Innocent X et ses gardes suisses. Après Helvétia, une web série également issue du terroir national, Le 5ème Cavalier se place en production de choix dans le catalogue local. Bien loin des productions des blockbusters habituellement diffusés à l’attention d’un public déjà acquis, ce cocon renferme effectivement un papillon. Le scénario est le résultat d’une envie, d’un rêve, d’un fantasme presque qui, grâce à un comité de concours du Fantastic Web Contest, a pu éclore. Basée sur certains faits réels (non Genève n’a pas encore été ravagée…) comme la découverte d’objets de collections et des fameux corps des gardes suisses chez un genevois, sur des faits historiques comme l’existence de Innocent X et des zones obscures qu’elle contient. C’est un projet que l’on a envie de porter et d’encourager, car, en dehors d’un scénario original, toute l’équipe de tournage des réalisateurs aux acteurs en passant par les techniciens travaillent comme une famille. Chacun et chacune sort de ses attributions pour aider les autres selon le besoin. Il est à relever que cette série est le fruit d’amoureux du cinéma et de ses métiers, sentiment nécessaire à mettre en lumière dans un domaine où les films et séries à succès sont souvent issus du ventre des studios qui ont vendu leur âme au capitalisme en abandonnant la qualité, l’expression authentique et la créativité.

C’est ainsi que pour l’expérience et mon confort, j’arrive un après-midi grisâtre sur le plateau de tournage où une atmosphère d’unité de complicité et de détente se dégage subitement malgré le silence exigé. Sur le plan de l’image internationale des préjugés les suisses sont relax certes, voir lents. Pourtant leur professionnalisme, lui aussi célèbre, est effectivement au rendez-vous. Bien loin d’alimenter la vitrine crasse de l’helvète peinard, force est de constater que tout est réglé comme une horloge et ses mécanismes qui s’imbriquent Du côté technique, somme toute sine qua non, certains sont à mettre plus en lumière, une fois n’est malheureusement pas coutumes. L’illustrateur d’abord sans qui les créateurs JD Schneider et Julien Dumont auraient peiné plus longtemps pour ambiancer et esquisser leurs créatures, leur vision d’un monde apocalyptique. Didier Graffet, illustrateur et peintre français, rencontre Julien Dumont dans une galerie parisienne fortuitement, comme quoi le hasard fait bien les choses. De là, découle naturellement de une collaboration qui vient nourrir ce projet du 5ème Cavalier.

Le trait et l’imaginaire de Didier Graffet donnent rapidement vie à cet univers avec une incroyable authenticité heroic-fantasy à couper le souffle. La notion de famille est marquée également avec le choix de Rebecca Barrault, maquilleuse beauté et FX aux Opéras de Lyon et de Salzburg depuis septembre 2017, ancienne élève de Julien Dumont. On peut affirmer que ce dernier à un flair pour dénicher les talents ! Avec cette expérience cinématographique, Rebecca Barrault se découvre une affinité pour la branche des tournages sur le plateau. Un artiste subtil, précis et sympathique qui sort du lot des collets-montés et autres amateurs de gonflage de melon. Et puis il y a les animatroniques. Une créature en particulier qui arbore sept yeux faisant ainsi un gigantesque clin d’œil au livre de la fin des temps de l’Apocalypse chrétienne selon Saint Jean et des sept sceaux qui y figurent, dernier livre de la Bible. À l’instar de cette référence séculaire, l’allégorie pour certains ou la révélation pour d’autres des événements prophétisés qui conduiront au retour du Christ. Que nous apportera ce symbole dans le 5ème Cavalier ? Les quatre premiers sceaux sont connus comme les quatre cavaliers de l’Apocalypse justement. Étant donné qu’ils sont dans l’ordre nommé : Les fausses religions, les guerres, la famine et les épidémies, cette série promet d’être paisible ! Par contre le cinquième sceau renferme les tribulations et le martyre…

Pour le suivant et sixième sceau, nous découvrons les astres qui informent et bouleversent l’humanité par sa vérité. Enfin le septième sceau révèle les sept anges et leurs trompettes qui entourent Dieu et annoncent le début de sept calamités ou de sept jugements. Tout ça pour dire, que les amateurs de fantastiques et de sueurs froides ont encore de belles frayeurs à vivre. Bien plus en tout cas que les adeptes des religions ou plutôt de la chrétienté, puisque c’est bien de cela dont il s’agit, ne l’éprouveront. Il en effet à parier que peu d’entre eux courront visionner le 5ème Cavalier. Soyez dès lors à l’affût, car cette apocalypse ouvrira en première mondiale la 18ème édition du NIFFF 2018 ! Et tremblez tant que vous le pouvez encore…

LE 5EME CAVALIER – Mise en scène de l’apocalypse
Réal : Julien Dumont/JD Schneider
Acteurs : Alexandra Marcos/Stéphanie Schneider/Georges Syusawa
Distrib. : RTS/NIFF/Artprod
www.facebook.com/5emecavalier

A propos de l'auteur

Cinéphile passionnée, écrivaine et musicienne depuis son enfance, elle offre son âme d’écorchée vive au besoin de l’art et de la transmission de ses émotions. Voter folie est-elle la même ?

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