« Ma famille afghane » avec ses tristes valeurs patriarcales et matriarcales

A lire aussi

Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Basée sur le roman Freshta de l’auteure Tchèque Petra Procházkova écrit en 2012, « Ma famille afghane » touche et bouleverse au travers, entre autres, du sentiment de proximité avec les personnages. Néanmoins, l’animation manque de poésie et s’avère très déprimante.


Herra est une jeune étudiante Tchèque ne se sentant pas à sa place à Prague. Entre les garçons de son âge qu’elle n’apprécie guère et le peu de contact quant à son père, elle ne sait pas vraiment quoi faire de son avenir. Toutefois au moment de croiser Nazir, non seulement elle va en tomber très amoureuse, mais en plus, elle pressentira que sa vie changera à jamais. Le couple, uni et solidaire, décide de partir en Afghanistan dans la famille de Nazir. Sur place, Herra s’adaptera à un Kaboul post-taliban et une famille vivant avec des us et coutumes différentes des occidentales. Entre le grand-père toujours ouvert d’esprit, Freshta qui vit avec difficulté son mariage, Maad l’enfant adopté ou Nazir essayant de respecter au mieux sa femme, la vie familiale s’écoute malgré tout. Jusqu’au jour où Nazir trouve un travail auprès des Américains et propose de les inviter chez lui par gentillesse.

Une dizaine d’année après la dernière mise en scène de la Praguoise Michaela Palvátová (« Tram »), sa récente fiction animée « Ma famille afghane » en français, « My Sunny Maad » en anglais, dépeint une société urbaine afghane fragile, humaine et touchante.

Ainsi et comme susmentionné, son film animé se base sur « Freshta », un récit autobiographique de la célèbre journaliste-écrivaine Petra Procházkova. Afin de mener à bien son projet, la cinéaste choisit l’animation avec des contours et personnages au plus proche du naturel.

Si « Ma famille afghane » suit davantage la vie de la jeune « Herra », l’histoire démontre assez rapidement de quelles manières vivent la majorité des femmes en Afghanistan et plus précisément, à Kaboul par rapport au récit.

Trop souvent maltraitées, rabaissées et violentées, il est rare qu’elles soient respectées en tout point à cause des différents endoctrinements extrémistes et faussement coraniques. Et pour une étrangère, comme « Herra », la honte, la jalousie et les violences demeurent souvent encore pires.

Toutefois, la jeune femme va très peu rencontrer ces problématiques grâce à son mari et au grand-père au comportement plutôt égalitariste. Néanmoins, les difficultés sont toujours proches et peuvent parfois en découler suite à de bonnes initiatives, comme en démontre « Ma famille afghane ».

Par rapport à la distribution vocale, majoritairement tchèque, si aucun-e acteur-trice n’est connu internationalement, entre Zuzana Stivínová (« Underworld : Blood Wars ») qui joue l’héroïne obstinée, Hynek Cermák (« Gangster Ka ») interprétant l’affectueux « Nazir » ou encore Miroslav Krobot qui incarne le juste et nostalgique « Grand-Papa », les intonations concordent parfaitement bien aux personnages.

Malheureusement, « Ma famille afghane » risque de ne pas être l’animation favorite des spectateurs-trices en cette année 2022 et ce, malgré les prix obtenus au travers de différents festivals comme celui d’Annecy en France ou de Baden en Suisse.

Pour plusieurs raisons et à commencer par son côté très dramatique qui ne s’adresse pas aux enfants. En outre, les graphismes ne dégagent pas un style particulier à l’exemple de l’accentuation de certaines couleurs qui auraient pu, amener une forme de poésie ou embellir les paysages montrés. Enfin, une partie des personnages intéressant s’avèrent trop exclus et il aurait été peut-être plus palpitant de filmer leur passé. Si tant est que ces faits et protagonistes aient eu de l’importance au sein du roman, évidemment.

Finalement, « Ma famille afghane » permet au public de s’immerger d’une autre façon dans ce pays ravagé par les guerres et l’extrémisme. Mais au-delà de cet aspect, son abondance de douceur pourrait agacer et ne semble pas être adaptée à la juste qualité de l’œuvre cinématographique.

Quoiqu’il en soit, cette animation intimiste prouve clairement que le combat pour le respect des femmes doit encore se faire. Et parfois, il vaut mieux exposer de telles injustices, que les disparités orthographiques ou des noms de rues pas suffisamment féminisés…

Ma famille Afghane (My Sunny Maad)
CZ, FR, SK – 2021 – 80min – Animation 
De Michaela Pavlátová 
Avec Zuzana Stivínová (Voice), Shahid Maqsoodi (Voice), Shamla Maqsoodi (Voice), Mohammad Aref Safai (Voice), Maryam Malikzada (Voice), Hynek Cermák (Voice), Ivan Trojan (Voice), Miroslav Krobot (Voice), Berenika Kohoutová (Voice), Daniela Kolárová (Voice)
First Hand Films
27.04.2022 au cinéma

- Publicité -

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

- Abonnement -
Abonne toi à Daily Movies
- Publicité -