2.1 C
Suisse
27 novembre 2020

S'abonner au magazine

Mad Foxes

-

Ce mois-ci une production locale, du « Roger Corman alpin », l’illustre Erwin C. Dietrich qui se spécialisa dans les productions de séries Z à X, aussi diverses que racoleuses.


Rarement un nanar aura flatté aussi farouchement les bas instincts de son public. « Mad Foxes » (« Los violadores » en espagnol, pas besoin de vous faire la traduction) conte les histoires de vengeances multiples entre un héros solitaire quelque peu insupportable et une horde de néo-nazis quelques peu nudistes.

BIKERS NAZIS NUDISTES
Notre héros Hal, qui menait jusqu’alors une existence plutôt flegmatique, va connaître une douloureuse descente aux enfers et céder à l’instinct de violence qui sommeille en lui. Lors d’une banale sortie en voiture avec sa petite amie qui veut fêter son 18ème (!) anniversaire en boîte, notre quadra ténébreux se fait emmerder au feu rouge par ce qui semble être un nazi à moto (je dis semble car tous les nazis du film portent un brassard alternativement sans la croix gammée en extérieur et avec dans les scènes d’intérieur, la faute à l’interdiction d’arborer des symboles nazis en Espagne). Hal voit rouge et tue le motard malpoli dans un splendide accident de circulation extrêmement mal monté.

Hélas, outre leur caractère notoirement rancunier, les Nazis se déplacent en bande. Dès leur sortie de boîte, Hal se fera casser la gueule par la bande de nazis revanchards et sa copine se fera violer, inaugurant là une succession de scènes d’une violence crapoteuse dont le caractère sordide est tellement excessif et racoleur qu’il en devient complètement crétin. Sur cette palette de violence filmique se mélangent avec imbécilité les situations putassières et une ribambelle de personnages nigauds consanguins, donnant ainsi une couleur déconcertante. Cette dernière étant barbouillée avec balourdise et imprécision sur l’écran par l’intermédiaire d’acteurs déplorables qui adorent en faire trop. Surtout déguisés en Nazis qui font la fête tout nu.

PEDOBEAR EN RUT
Mais revenons au récit. Pour ceux qui se poseraient la question : Hal s’en sort bien, merci pour lui. Le lendemain matin, après une introspection de quelques minutes sur les événements de la veille, il se sert un whisky et appelle son pote qui dirige un club de karaté pour les envoyer casser du nazi. Vous aurez compris que ce n’est pas Hal qui se vengera par lui-même. Non en fait Hal il préfère confier sa vengeance à d’autres. Avec Hal, la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid, non : c’est plus une raclette qui se partage à plusieurs. Après une scène de baston foutraquo-molle, les nazis verront leur chef mourir, étouffé avec son propre pénis tranché par les karatékas. L’histoire s’arrête-t-elle là ? Non, car les nazis décideront à leur tour de se refaire justice eux-mêmes en s’en prenant à la famille et aux amis d’Hal. C’est l’escalade dans la violence !

Pendant ce temps-là, notre Hal national a beau collectionner les morts brutales autour de lui depuis le début de l’histoire, ça ne l’empêche absolument pas de baiser comme un adolescent. Du coup, même avec le maximum de bonne volonté, on a quand même un peu de mal à le trouver sympa. Débordant mélange de prétention, de suffisance et de nonchalance, on n’arrive à espérer qu’une chose : c’est qu’il se fasse casser la gueule. Par n’importe qui, même par les nazis.

Bref : violence, sexe, crétinerie, vulgarité, remplissage, voiture de sport, et en prime une bande-son hard rock par nos compatriotes de Krokus… Erwin C. Dietrich, en producteur madré, a coché toutes les cases du film d’exploitation de l’époque, tandis que le réalisateur Paul Grau, en tâcheron audacieux, a poussé les potards à fond. Le film laisse toutefois un sentiment mitigé : entre les désirs du nanardeur de voir un film généreux, et le curieux sentiment, éprouvé ponctuellement, de ne pas en avoir désiré autant que ça. Car au nom de la Sainte Trinité de la violence, du sexe et du remplissage inepte de pellicule, « Mad Foxes » nous apparaît comme le prophète d’un genre qui nous étonnera toujours : celui de la bêtise cinématographique qui, à trop vouloir en faire, nous fait trop rire.

[Fabien Gardon]
Retrouvez l’intégralité de cette critique – et des centaines d’autres – sur nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques.

Daily Movieshttp://www.daily-movies.ch
Daily Movies est à ce jour le magazine le plus complet en information cinéma, ciblant un large public de tous âges. Avec son format original et accessible gratuitement ou en abonnement grâce à ses différents partenaires, Daily Movies est l’un des moyens privilégiés permettant à de nombreuses personnes d’être informées de l’actualité cinématographique en Suisse.
Article précédentLes Guerriers du Bronx
Article suivantLa nuit du risque

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

- Publicité -

BON à SAVOIR

Comic Book Confidential

Ce documentaire explique comment la bande dessinée, véritable miroir de la société, s'est élevée au rang d'art populaire avec l'aide de quelques créateurs légendaires. Comic...

Baby Boss 2 : Une affaire de famille

Tim Templeton et son petit frère Ted, le fameux Baby Boss sont devenus adultes, ils vivent chacun de leur côté, Tim est devenu un...

L’intégrale de la saison 31 des SIMPSON en exclusivité sur Disney+

L’intégrale de la saison 31 des SIMPSON à partir du 27 novembre en exclusivité sur Disney+ Attention événement : pour la première fois depuis sa...

Rocketman – Le Génie au service de l’Art

Reginald Dwight aime jouer du piano et possède un certain don pour écrire de la musique sur les paroles de son ami Bernie. Rien...

ONCE UPON A TIME IN HOLLWOOD – La Déclaration d’Amour de Tarantino

Los Angeles 1969, le cinéma est en train de changer de rythme, de visage et d’intérêt. Rick Dalton, star de télévision, et son cascadeur...

SUIVEZ-NOUS

4,156FansLike
10,000FollowersFollow
753FollowersFollow
645SubscribersSubscribe