A l’occasion de leur passage à Genève pour présenter le film « Le cœur des hommes 3 », Marc Esposito (réalisateur) et Jean-Pierre Darroussin ont répondu aux questions de Daily Movies afin de parler de leur motivation à revenir pour un troisième épisode et passer le film à la loupe.


Comment vous sentez vous à l’approche de la sortie du film en salles ?
– Marc Esposito : Plutôt bien, les avant-premières se déroulent parfaitement et les gens ont l’air d’aimer le film. C’est très flatteur et ça nous rassure également.

Pourquoi revenir avec un troisième chapitre du cœur des hommes ?

– Jean-Pierre Darroussin : Pour s’améliorer ! (rires)
– Marc Esposito : Le cœur des hommes est très important dans ma vie. Ça a été ma première fiction au cinéma, elle a marché et m’a fait rencontrer des garçons fabuleux avec qui je suis désormais ami. Même si j’ai toujours envie de faire d’autres films entre chaque « Cœur des hommes », je savais que j’allais vouloir revenir pour un 3. Et même peut être pour un 4, qui sait ? Si celui-là marche autant que les deux premiers, pourquoi pas.

Vous appréhendez ces fictions comme une série ?

– Marc Esposito : Oui, c’est un cas de figure très singulier, c’est comme une série mais au lieu de faire 50 minutes chaque semaine je fais 1h30 tous les 5 ans. C’est un autre exercice très excitant pour un auteur et je m’y plais beaucoup.

Jean Pierre, vous avez accepté tout de suite cette idée de repartir pour un 3 ?

– Jean-Pierre Darroussin : Oui, de façon inconditionnelle, même si il y a eu des changements avec le départ de Gérard Darmon. Au début nous étions troublés, on se demandait ce qui allait se passer, mais finalement on voulait quand même poursuivre l’aventure. C’est aussi un objet qu’on s’est peu à peu approprié, même si il est né du Gepetto qu’est Marc dans son atelier, qui le fabrique et nous imagine dans ses personnages. On se sent aussi de plus en plus proches d’eux, ce qui fait qu’on a envie de continuer à raconter leurs histoires.

On remarque une évolution des personnages, mais aussi des acteurs par rapport au deuxième épisode. Tout paraît plus crédible, plus abouti…
– Marc Esposito : Vous savez c’est une histoire d’alchimie. Les 4 acteurs sont plus ressemblants entre eux dans ce 3 que dans les deux premiers. Eric est un garçon qui est plus proche des personnalités de Bernard, Marc et Jean-Pierre que ne l’était Gérard (Darmon). Il était beaucoup plus différent dans la vie. Cette différence marchait aussi à l’écran dans les deux premiers, mais on voit dans le troisième que la famille est plus crédible car les acteurs sont davantage sur la même longueur d’onde.

Est-ce le fait que vous soyez amis dans la vie qui marche à l’écran ?
– Jean-Pierre Darroussin : On ne peut pas vraiment penser ça car avant le 1 on ne l’était pas. C’est l’amitié jouée à l’écran qui a déteint dans la vraie vie. On peut le dire maintenant qu’on en est au 3. L’affection que l’on met dans un regard ressort désormais moins du travail mais plus d’une vraie amitié. C’est plus naturel, ça se nourrit tout seul. Mais bon, même sur le 1 la mayonnaise avait pris tout de suite.
– Marc Esposito : Ce qu’il faut dire aussi c’est que Marc, Jean-Pierre et Bernard sont tous les trois de tempérament très gentil. Ce ne sont pas des caractériels donc ce n’est pas un hasard s’ils se sont entendus tout de suite. Eric (Elmosnino) s’est d’ailleurs très vite intégré car il est aussi de ce tempérament là dans la vie.

D’ailleurs cela faisait un moment que vous le vouliez sur un tournage ?
– Marc Esposito : Oh oui, ça fait longtemps que j’y pense et j’étais très content qu’il accepte de venir sur ce tournage. Les trois autres acteurs l’étaient aussi d’ailleurs. C’était très facile pour nous de l’intégrer, il vit dans la vie ce que le film raconte : un nouvel arrivant dans une bande de potes déjà constituée. La différence est que le personnage d’Eric ne connaît pas les plaisirs de l’amitié, alors que lui-même dans la vraie vie est quelqu’un de très aimant, très affectueux et amical.

Ce n’est pas très drôle ce qui arrive au personnage de Manu dans cet épisode (ndlr : sa femme lui apprend qu’elle a le cancer). Comment se prépare-t-on pour jouer sans artifices sur un sujet aussi sensible que celui-là ?
– Jean-Pierre Darroussin : Je ne sais pas… Vous savez, parfois on se jette dans le vide. Pour ma part je me suis imprégné de l’expérience de proches. Mais on essaye surtout de se demander : si cela m’arrivait, comment réagirais-je ? On se projette, on fait un tas d’hypothèses. Il s’agit d’exprimer une vulnérabilité, une fragilité à un moment où on est démunis face à la destinée, face à la vie. C’est d’ailleurs là où la fonction de l’amitié rentre en jeu, elle nous permet de ne pas se perdre dans la confusion des sentiments qui opèrent en nous. Après je ne sais pas très bien comment expliquer ce que j’ai fait, c’est mon métier (rires). Il faut surtout essayer de transmettre au public ce que le personnage peut ressentir à ce moment-là, c’est de la comédie. Il faudrait écrire un livre pour savoir comment s’inspirer pour être vrai à l’écran. Peut-être que je le ferai (rires). Mon gros avantage pour jouer sur un tel sujet a été d’avoir de merveilleux partenaires. Quand un acteur vous écoute, il y a une énergie qui circule et c’est le plus important. Il est aussi primordial de garder à l’esprit de ne pas trop faire de performance quand on veut jouer le vrai, pour ne pas rester tout seul et écraser les autres.

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