Décès – Jean Rochefort est passé à trépas dans la nuit de dimanche à lundi. C’est donc en ce début octobre 2017 et à 87 ans que le comédien cesse définitivement sa carrière cinématographique. Elle en fut très riche, plus de 110 films à son actif.


Connu pour être de « La bande du Conservatoire », sa notoriété en découla suite au « Grand Blond avec une chaussure noire » et bien plus…

Fils de parents bretons, mais pourtant né en 1930 à Paris, Jean Rochefort n’était pas du tout prédestiné à être acteur. Son père le voulait comptable et durant quelque temps, ce souhait fut respecté au sein de la « Banque de France » après la Deuxième Guerre Mondiale. Mais suite à une dispute passagère entre ses parents, et à un conseil avisé de son entourage, il prit des cours de théâtre à Nantes. Cette lancée lui permit de retourner à Paris pour se perfectionner au Conservatoire national supérieur d’art dramatique en 1953. Année où il fut recalé.

Jean Rochefort – Le Grand Blond avec une chaussure – 1965

Cela ne l’empêchera pas de persévérer et c’est au début des années 60 que sa carrière commença réellement. D’abord au travers de seconds rôles, mais marquants, comme dans les réalisations de Philippe de Broca « Les Tribulations d’un Chinois en Chine » ou « Cartouche ». C’est à ce tournage qu’il fera la rencontre de Jean-Paul Belmondo (« L’As des As ») et qu’ils se lieront d’amitié. Il en sera de même avec Claude Rich (« Et si on vivait tous ensemble ? ») ou Jean-Pierre Marielle (« Tu veux ou tu veux pas ») et à eux 4, notamment, ils formeront la superbe et géniale « Bande du Conservatoire ». Comme il se plaisait à le dire à propos de ce groupe :

« J’appartiens au patrimoine. Il y a le jambon de Bayonne, Noiret (Philippe), Marielle (Jean-Pierre) et moi ».
Pour en revenir à sa biographie, durant les années 70, il devient boulimique du travail et profite d’imposer sa fameuse moustache. Ses projets foisonnent, avec ses deux court-métrages exposant sa passion pour l’hippisme, mais surtout, il put avoir son premier grand rôle dans « Les Feux de la Chandeleur ». En 1973, nouveau tournant dans sa carrière avec la rencontre de Bertrand Tavernier qui lui permit de s’exprimer avec davantage de confiance face à la caméra. Cela se perçut entre autres avec « Que la fête commence » en 1975. Un an plus tard, Jean Rochefort reçut le tout premier « César » de l’histoire, car le titre et la cérémonie venaient d’être créés.

Mais c’est à la fin de cette décennie que ses interprétations deviendront les plus mythiques. Sous la direction d’Yves Robert, il sera l’un des acteurs les plus populaires notamment en incarnant l’inspecteur « Toulouse » dans « Le Grand Blond avec une chaussure noire » et sa suite. L’entente fut parfaite entre les deux hommes, ce qui permit une longue collaboration sur plusieurs autres long-métrages. Durant cette période, Jean Rochefort incarnera des rôles poétiques, touchants, drôles et absurdes.

Dans les années 80 et jusqu’en 2015, il se prêtera au jeu du doublage et devint comédien dans ce domaine. Bien qu’il intégrât les studios de doublage en 1989, son talent dans ce milieu a été reconnu surtout à partir des années 90 avec « Dr. Dolittle », « Titeuf, le film » et plus récemment « Avril et le monde truqué ». Pour la chaîne publique française FR3, il présentera même une émission pour les enfants de 1985 à 1988.

Au fur et à mesure de ses expériences, Jean Rochefort s’affirme aussi dans le dramatique ou le poétique. Pour les spectateurs plus jeunes, il s’est surtout fait remarquer avec des rôles très sérieux au sein de la réalisation de Guillaume Canet « Ne le dis à personne ». Ou « Floride » en 2015 de Philippe Le Guay. Ce dernier sera d’ailleurs sa toute dernière participation cinématographique puisqu’en 2016 Jean Rochefort, est hospitalisé et opéré.

Le comédien fait sans nul doute parti des personnalités qui manqueront à tout jamais au cinéma français. Son intonation, sa gestuelle, sa polyvalence et sa constance auront marqué plusieurs générations qui auront ris, pleuré et apprécié son travail de qualité. Sa polyvalence se remarqua aussi fortement, notamment avec son interprétation de la chanson « L’Homme sans trucage » du groupe rock français Dionysos. Quant à la belle animation qu’est « La Mécanique du cœur », directement liée à la composition musicale précitée, le travail de l’acteur fut tout autant magistral et le plaisir qu’il ressenti à participer à ce projet s’est perçut directement grâce à sa voix.

Un dernier mot sur sa passion qu’est l’hippisme. Il l’avoua lui-même, plusieurs de ses cachets découlant de ses films lui permirent de financer sa dite passion. Éleveur de chevaux, il devint tellement doué dans ce domaine que la télévision française le choisit comme consultant pour les Jeux olympiques de 2004 et 2008.

Beaucoup seraient encore à noter quant au parcours, aux anecdotes ou aux long-métrages auxquels il participa. Mais le plus simple est de se délecter (à nouveau) de sa filmographie, ou en tout cas une majeure partie, et d’en apprécier ses investissements. Que sa famille puisse faire le deuil selon les souhaits du défunt et qu’il repose en paix. Merci pour votre travail Monsieur Rochefort.

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