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Une femme et un homme profitent des dernières chaleurs de l’été pour discuter dans un jardin de leur première fois, leurs souvenirs d’enfance, l’essence de l’été et la différence entre homme et femme. Au deuxième plan, depuis la fenêtre de son bureau, un écrivain les observe et écrit leurs dialogues, ou serait-ce lui qui s’inspire de leur discussion?


Le nouveau film de Wim Wenders (Les ailes du désirs, Pina ou encore le magnifique Le sel de la terre) présenté à la Mostra di Venezia en 3D n’a pas su capter l’attention du public, ni de la presse. Le film avait pourtant un potentiel intéressant, discutant de thèmes universels et intemporels, en illustrant la perspective féminine ainsi que la perception masculine sur ces questions.

Certes poétique, le scénario ressemble surtout à une guirlande de belles phrases mises bout à bout. Les thèmes sont creux et le texte ne prend pas. En effet, les dialogues restent aériens, ternes et après un bon quart d’heure de film on sent déjà le public décrocher, faute de continuité entre les répliques.

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Basé sur la pièce de théâtre de Peter Handke, on ressent fortement l’origine théâtrale dans le film et de ce fait une sorte de confusion entre les deux arts.
Les beaux jours d’Aranjuez aurait du rester une pièce de théâtre car la transposition à l’écran dénature l’histoire, rend le jeu des acteurs artificiel et vide. On avait pourtant vu Reda Kateb dans d’autres films qui mettaient plus en avant ses talents de comédien, dont Le serment d’Hypocras pour lequel il avait reçu le César du meilleur second rôle en 2015.
Il en va de même pour la femme, interprétée par Sophie Semin, qui répond aux questions de l’homme avec une lenteur inutile,se reprend sens cesse, tergiverse et devient vite agaçante. Les dialogues sonnent trop comme des tirades théâtrales et manquent de réalisme et de spontanéité.

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La composition sonore et visuelle arrivent heureusement à apporter un peu de fraicheur et d’intérêt à l’histoire. La bande-son pioche dans des classiques musicaux pour rythmer le film et jouit également de la participation de Nick Cave au piano. Filmé sous une tonnelle dans un magnifique jardin en bordure de Paris, le cadre rappel lui aussi un peu une scène de théâtre. Mais malgré des plans relativement fixes, la végétation réussi à donner de la couleur et une belle lumière aux images. La 3D n’apporte malheureusement rien à l’histoire.

A l’image de l’écrivain qui assiste depuis sa chaise à la conversation, le public reste à distance de ce film, poétique mais sens grand intérêt.

aranjuez2Les Beaux Jours d’Aranjuez
De Wim Wenders

avec Reda Kateb, Sophie Semin et Nick Cave
2016 – 1h37

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