OTAR’S DEATH : Une fable douce-amère

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Une fable douce-amère emmenée de main de maître par son jeune réalisateur. A voir, assurément, en attendant le prochain.


Le schéma est classique et solide, il a fait ses preuves depuis que l’on raconte des histoires : face à un imprévu (mais est-ce vraiment le cas…), les protagonistes vont devoir affronter leur lot d’épreuves. Voilà, simple, efficace et magnifiquement filmé (nous y reviendrons un peu plus bas).

Dans une Géorgie telle qu’on pourrait l’imaginer, vivante, frontale et parfois brutale, Keti jeune femme dans la trentaine élevant seule son fils adolescent, Nika, s’efforce tant bien que mal de s’en sortir, entre petits boulots et monde de la nuit.

Un soir, lassé d’attendre sa mère partie faire la fête, Nika décide de rentrer en voiture. Il se perd et renverse un vieillard, le fameux Otar, sous les yeux de son petit-fils Oto et de sa mère Tamara.

Pour éviter la prison à son fils, Keti accepte de verser pour le lendemain une grosse somme d’argent qu’elle n’a pas. La journée sera longue.

Par petites touches, souvent teintées d’humour noir et un peu désespéré, Ioseb « Soso » Bliadze nous offre une vision de sa Géorgie en confrontant deux mondes on ne peut plus distants, la ville, Tiflis (Tbilissi) et sa proche campagne (les environs du lac Nazarbazebi).

Dans une société qui n’aura laissé du communisme que le souvenir souvent absurde d’une
« utopie grise » où les habitants en ville vivent dans des « blocs » sans noms et surnagent dans une libre économie sans lendemains, et où ceux de la campagne semblent figés, pour toujours, dans un quotidien immuable, nous découvrons deux familles que seule la rudesse de leur condition et la mort d’Otar réunit.

Il serait indécent d’en dire plus sur l’histoire, Bliadze insufflant avec sûreté et simplicité ses éléments de narration, secondé par la photographie remarquable de Dimitri Dekanosidze.

C’est beau, net et sans tentation de « cinéma vérité ».

Les plans fixes sont fixes, vraiment. Les travellings sont soignés. Ici, pas de caméra à l’épaule, ça fait aussi du bien…

La direction d’acteurs est également à retenir, avec de très belles découvertes.

Le charismatique Iva Kimeridze qui interprète Nika et les fantastiques, belles et intenses Nutsa Kukhianidze dans le rôle de Keti et Eka Charleishvili dans celui de Tamara.

Avant de réaliser son premier long métrage, La mort d’Otar, Ioseb « Soso » Bliadze a réalisé plusieurs courts métrages, dont Le plus précieux, Entr’acte, Petit film sur la chose principale, Obsession, Tradition et Trois pas, et coécrit le long métrage Neighbourg de Gigisha Abashidze.

On sait, par les mots même du réalisateur, que la genèse de ce film fut longue et compliquée (recherche d’argent, pandémie, casting, etc…).

Espérons que pour son prochain film, tant lui que nous, aurons moins à attendre.

Otar’s Death
Géorgie – Allemagne – Lituanie – 2020
Durée: 1h47 min – Drame
Réalisateur: Ioseb ‘Soso’ Bliadze
Casting: Nutsa Kukhianidze, Iva Kimeridze, Eka Chavleishvili, Archil Makalati
Trigon Film
23.02.2022 au cinéma

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