Candyman : de l’autre côté du miroir

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Moïra Farwagi
Moïra Farwagi
Passionnée par l’écriture et le cinéma depuis longtemps, Moïra Farwagi a trouvé au sein de Daily Movies un merveilleux moyen de communiquer ses passions. Des films cultes aux films un peu moins cultes et franchement risibles des années 80, en passant par les comédies, les films de super-héros, les films qui font pleurer et encore un tas d’autres choses, le genre préféré de Moïra peut se résumer par « ce qu’elle aime ».

Nouvel opus de la franchise, ce « Candyman » avec Nia DaCosta et Jordan Peele au scénario manque peut-être un peu de dynamisme et ne répond pas à toutes les questions qu’il tente d’amener, mais reste cependant un très bon film qui sait faire honneur à son prédécesseur et à tout ce que le personnage de Candyman représente.


S’il y a bien une chose qui parle aux fans de films d’horreur, c’est l’envie de se faire peur. Réveiller des fantômes autour d’une planche de Ouija, invoquer Bloody Mary devant un miroir, simplement repousser les limites de ce que l’on supporte avec des films de plus en plus effrayants, ou encore… prononcer cinq fois le nom de Candyman en se regardant dans la glace. Que l’on soit superstitieux ou non, il y aura quasiment toujours une petite partie en nous (ou alors une personne de notre entourage ­–je le sais, parce que je suis cette personne–) qui se dira « et si… ? » avant d’oser l’appeler une dernière fois, laissant finalement échapper un rire non dénué de soulagement en voyant que l’homme au crochet n’attend pas derrière nous.

Yahya Abdul-Mateen II as Anthony McCoy in Candyman, directed by Nia DaCosta.

La saga « Candyman » commence en 1992 avec le premier film réalisé par Bernard Rose. Il raconte l’histoire d’Helen Lyle, une universitaire effectuant des recherches sur les légendes urbaines et plus particulièrement sur des phénomènes étranges se passant dans le quartier de Cabrini-Green à Chicago. On raconte que si l’on dit cinq fois « Candyman » en regardant un miroir, ce dernier apparaîtra pour nous tuer de son crochet… Pensant que les habitants de ce quartier défavorisé ont inventé un croque-mitaine afin de supporter leur quotidien et de trouver un responsable à leurs problèmes, Helen va finalement vite se rendre compte que toute histoire folklorique a une part de vérité et que démêler l’imaginaire de la réalité peut être plus compliqué que ce qu’il n’y paraît.

Ce tout nouvel opus, sorti en 2021 et réalisé par Nia DaCosta, suit Anthony (joué par Yahya Abdul-Mateen II), un peintre à court d’inspiration, et sa femme Brianna (interprété par Teyonah Parris), directrice d’une galerie d’art. Bien qu’il s’agisse du quatrième film de la franchise, il se présente comme la suite du premier film, sans confirmer (ni infirmer) les événements du deuxième et du troisième film.         
Ne sachant plus quoi peindre, Anthony commence à s’intéresser à l’histoire du quartier dans lequel lui et sa femme vive : Cabrini-Green. Aujourd’hui plus aisé qu’à l’époque, le quartier a pourtant conservé l’aura de mystère que les légendes urbaines lui confèrent. C’est ainsi qu’Anthony découvre l’histoire de Candyman et, devenant de plus en plus obsédé par ce récit et par tout ce qu’il représente socialement (tant au niveau des classes sociales que des luttes contre le racisme), il commence peu à peu à perdre la raison, à l’instar d’Helen, 30 ans de cela auparavant.

Bon film dans son ensemble, avec de très bonnes idées scénaristiques qui amènent un nouveau souffle à la franchise ainsi qu’une nouvelle dimension au personnage de Candyman, ce long-métrage ne coche malheureusement pas toutes les cases pour se placer dans ce que l’on fait de mieux en terme de films d’horreur. Pour être d’ailleurs totalement honnête, le film mériterait plus de tension et de scènes poignantes pour le rendre un peu plus effrayant. Comportant tout de même quelques scènes chocs et certains plans très marquants (ainsi que des choix de mise en scène très originaux), il est assez facile de comprendre pourquoi certains grands fans d’horreur (et de slashers en particulier) ont été quelque peu déçus. Cependant, dire que cette suite est trop politisée me semble incorrect, dans la mesure où les fondements mêmes du personnage de Candyman et la trame du premier film sont indissociables d’un commentaire sociale sur le racisme et de la création de ghettos noirs aux États-Unis (il faut savoir que Cabrini-Green est rapidement devenu un symbole d’échec des projets de logements sociaux aux États-Unis). Bien qu’il ne soit pas aussi effrayant que son prédécesseur et qu’il tente par moments de couvrir trop de sujets sans tous bien les traiter en profondeur, « Candyman » (2021) s’inscrit, selon moi, très bien dans la continuité du premier film : intelligent dans son scénario et dans ses thématiques, ainsi que tragique et obsédant, car l’horreur réside à nouveau plus dans la réalité que dans les aspects fantastiques du récit.

Niveau Blu-ray, les fans seront ravis de pouvoir visionner plus d’une heure de contenu inédit, dont des scènes coupées, une fin alternative, une petite présentation des artistes dont les peintures sont exposées dans le film, ainsi qu’une table ronde avec plusieurs invités pour parler de l’impact de « Candyman », du travail de Jordan Peele (notamment avec « Get Out ») et de cette vague de cinéma d’horreur abordant la question des traumatismes intergénérationnels liés au racisme.

Candyman
USA – CA – 2021
1h31
Horreur
Réalisation : Nia DaCosta
Casting : Yahya Abdul-Mateen II, Teyonah Parris, Nathan Stewart-Jarrett, Colman Domingo
Universal Pictures

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