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Après The BFG et Pete’s Dragon, Hollywood présente pour la troisième fois cette année un film sur l’amitié entre un enfant et son ami imaginaire (basé sur le livre éponyme  A Monster Calls  de Patrick Ness).


Alors que sa mère (Felicity Jones) se bat contre un cancer et que son père déménage en Californie, Conor (Lewis MacDougall) doit affronter seul l’absence d’un père, la maladie de sa mère et l’harcèlement à l’école. Ses problèmes vont réveiller l’ancien if en face de sa fenêtre, qui observe le monde depuis des millénaires. Fort de son vécu, cet homme-arbre propose de raconter à minuit passé, trois histoires au jeune garçon en échange que ce dernier lui raconte son cauchemar, sa « vérité ».

A Monster Calls. Patrick Ness.

La force du film réside principalement dans la représentation très artistique des trois contes rapportés par le « monstre », à qui Liam Neeson prête sa voix. Bayona utilise la technique des dessins et peintures à l’aquarelle, dont le trait des personnages rappelle un peu le conte des trois frères dans le dernier Harry Potter, Les reliques de la mort. Mais malheureusement la moralité des histoires reste trop prévisible.

Le film ne tarde pas à basculer dans un mélodrame, aidé par sa musique signée Fernando Velázquez. Certes magnifique, celle-ci est un exemple typique de la musique hollywoodienne qui utilise un peu trop des violons pour arracher une larme au public.

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Quelques minutes après minuit rappelle également le magnifique Labyrinthe de Pan du mexicain Guillermo del Toro : avec une mère alitée, un enfant face à un monde imaginaire et ces trois comptes remplaçant ici les trois épreuves auxquelles Ofelia est confrontée. Mais là où Guillermo del Toro affirme pleinement son choix de proposer un conte pour adulte, Bayona reste indécis. Le titre français Quelques minutes après minuit est plus proche de la réalité du film que son titre original A monster Calls (La visite d’un monstre), car le « monstre » en question ne fait peur ni au garçon, ni au public. Et d’un autre côté, le fait que Conor doive apprendre à laisser partir sa mère mourante est peut-être un peu trop lourd pour un public de l’âge du héro.

Malgré de belles performances d’acteurs (dont Sigourney Weaver en grand-mère autoritaire) et de magnifiques aquarelles, Bayona nous livre un mélange un peu décousu entre conte de fée aux moralités trop générales et un mélodrame sur le départ d’une mère en phase terminale. Film plaisant, mais qu’on ne saurait pas trop à qui conseiller.

a-monster-calls-image-a-la-uneA Monster Calls
de J.A. Bayona
avec Sigourney Weaver, Felicity Jones, Lewis MacDougall et Liam Neeson