Sam Raimi : « Je ne sais pas pourquoi, mais oui, il y a cette fascination croissante pour les lignes temporelles »

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Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

« Doctor Strange in the Multiverse of Madnesse » sort enfin dans les cinémas. A cette occasion et dans le cadre d’une table ronde avec des journalistes au niveau international, nous avons eu le privilège d’interviewer son réalisateur Sam Raimi qui expliqua entre autres, son retour dans le « Marvel Cinematic Univers ».


Présenté comme un nouveau long-métrage qui se diffère des autres « Marvel », le nouveau « Doctor Strange » a une approche plus sombre et des épreuves plus tragiques seront à traverser encore…

Tout le monde sait que vous êtes l’homme derrière « Spider-man », et c’est ce pourquoi vous êtes connu. Et là, vous avez dirigé « Doctor Strange ». Comment était-ce de revenir au genre super-héros 15 ans après ?
Je n’étais pas vraiment nerveux et anxieux. C’était comme faire du vélo. On n’oublie pas vraiment comment faire un film ou raconter une histoire. Cela vient naturellement et c’est ce à quoi j’ai travaillé toute ma vie. Je me sens comme un artisan-menuisier. J’ai mes compétences que j’applique et ce fut très confortable.

Entre le « MCU » de l’époque et l’actuel, y a-t-il des différences ?
Je pense qu’il y a plus de similitudes que de différences. La technologie s’est beaucoup améliorée, c’est la principale différence. Nous pouvons tous nous tenir au courant de manière beaucoup plus efficace de l’état actuel de la construction du plateau, du scénario, du casting ou du montage. Il y a beaucoup plus de connectivités qu’auparavant. Les effets visuels sont beaucoup plus faciles à réaliser aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Mais les tâches principales restent les mêmes. Identifier le cœur du personnage auquel nous tenons, son humanité ou ses défauts. D’où le drame de ce personnage particulier.

Selon vous, qu’apporte Mme Olsen au film et à son personnage ?
Bonne question. Elle est vraiment remarquable comme actrice. Elle est prête à tout donner à chaque prise. Et ce rôle était très exigeant sur le plan émotionnel. Elle est capable de définir des subtilités et de les dramatiser de manière très réaliste. Je me souviens que dans une scène, je lui ai demandé de la refaire très souvent et j’ai commencé à craindre de l’épuiser parce qu’elle s’investissait beaucoup. Je suis allé la voir et lui ai expliqué que si je lui en demandais trop sur ces variations et cette scène, il fallait qu’elle que le dise. Elle m’a répondu qu’en tant qu’actrice, elle est un puits sans fond et qu’elle me donnera ce dont j’ai besoin. Et là, j’ai réalisé qu’elle m’avait ôté une grosse pression. Nous avons donc repris le tournage et à ce moment-là, j’ai été très reconnaissant et impressionné par sa profondeur et son attitude de comédienne.

Pour vous, le personnage de « Strange » ouvre-t-il quelque chose de nouveau dans l’univers « Marvel » ?
Je pense que Benedict Cumberbatch et son 1er réalisateur Scott Derrickson ont créé quelque chose d’unique ave ce personnage. C’était excitant qu’ils mettent des caractéristiques indésirables dans l’être humain. Quand j’ai réalisé les trois premiers films de « Spider-man », je voulais vraiment qu’il ait des qualités négatives, comme l’arrogance ou l’ignorance de la jeunesse. Mais « Doctor Strange » est un exemple très audacieux de créateurs, acteurs, réalisateurs travaillant ensemble pour créer un adulte qui a de véritables défauts. Comme un orgueil démesuré ou trop d’ego. Je pense donc que c’est très audacieux qu’il ait ses défauts et cela permet des histoires intéressantes. Il est complexe et notre histoire est celle d’une personne qui fait un tout petit pas vers l’humilité. Mais c’est ce qu’est le multivers, après tout, une chance de se regarder, de changer de version de soi.

Pour un long-métrage d’une telle envergure, quelle fut la scène la plus facile à tourner ?
La partie la plus facile du film… La partie la plus complexe était la postproduction. Chaque partie a été vraiment difficile en fait parce qu’il y a tellement d’éléments. Je sais que c’est le contraire de ce que vous demandez. Laissez-moi juste réfléchir encore un peu. Probablement au montage, où je ne dois pas gérer autant d’unités à la fois. Le montage est un processus unique au cinéma. Tous les autres aspects des films existent par eux-mêmes, comme la photographie. Mais le montage est ce qu’il y a d’unique dans le cinéma, cette juxtaposition des éléments. Et c’est un moment très réconfortant pour moi, où je ne suis pas au milieu du tournage. Je peux m’asseoir, manipuler, expérimenter et vraiment apprécier le processus de réalisation. Je pense que c’était le plus relaxant et la partie la plus facile pour moi.

Y avait-il des éléments du 1er « Doctor Strange », des films « Marvel », ou de votre trilogie « Spider-man » que vous vouliez incorporer dans ce film ?
Oui, j’ai adoré dans le premier « Doctor Strange », les éléments de mysticisme oriental que Scott Derrickson et les scénaristes ont su intégrer, et je voulais vraiment en mettre dans ce film. Mais il s’avère que j’en ai été incapable. Je voulais aussi explorer plus en profondeur le personnage que Benedict Cumberbatch et Scott Derrickson avaient créé. Les suites en sont davantage capables. Et j’espère que c’est ce que nous avons fait. Mais je ne voulais pas vraiment apporter des éléments des trois premiers « Spider-man ». C’étaient des expériences formidables, et je les ai beaucoup aimées, mais je n’y pensais pas quand je travaillais sur ce film. Je pensais plutôt à ce que les personnages « Marvel » avaient fait auparavant, ce que j’avais vu et à la façon de les faire avancer.

Il semble y avoir une fascination croissante pour les lignes et les univers temporels. Pourquoi pensez-vous que c’est le cas ?
Je ne sais pas pourquoi il y a cette fascination. Peut-être est-ce parce que nous vivons dans un multivers avec Internet, en voyant différentes versions de la réalité, différentes sections de propagande comme celle de la guerre en Ukraine ou de vérités simultanées. Nous sommes capables de voir sur Internet beaucoup de choses qui se sont produites. Je pense que nous vivons dans une sorte de multivers aujourd’hui. Et peut-être que l’intérêt de ce genre est de le voir appliqué aux choses que nous apprécions vraiment dans notre monde du divertissement. Mais en ce qui concerne les lignes temporelles alternatives, je ne connais pas la réponse.

Pour terminer et selon vous, les problématiques actuelles humaines pourraient-elles avoir un rapport avec ce film ?
Tant que les réalisateurs ont pris soin de placer un personnage humain au centre de l’histoire, avec des aspirations auxquelles nous pouvons nous identifier et des vulnérabilités que nous pouvons nous associer en tant qu’êtres humains réels et faillibles, alors je pense que cela peut créer un lien avec le spectateur. Et tant que le voyage qu’ils entreprennent, aussi petit soit-il, est racontable et compréhensible pour le spectateur, cela peut avoir un impact énorme. Et quelle que soit la taille de la toile ou le niveau de fantaisie de cette histoire, tant qu’il y a un cœur humain qui bat, je pense que cela peut être une histoire formidable et significative pour le spectateur.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness
USA – 2021 – Action
Réalisateur: Sam Raimi
Acteur: Elizabeth Olsen, Benedict Cumberbatch, Benedict Wong…
Disney
04.05.2022 au cinéma

Cette interview a été réalisée dans le cadre d’une table ronde avec des journalistes du monde entier : les questions n’appartiennent pas toutes à Daily Movies.

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