Même dans l’une des régions les plus reculées du monde sur une petite île du Pacifique, les dernières tribus traditionnelles sont confrontées au problème du mariage et de la violence inter-ethnique.


Qui n’a jamais rêvé de partir loin de la civilisation sur une île paradisiaque, pour vivre simplement comme le faisait l’être humain à ses origines ? Ce magnifique long-métrage du duo de réalisateurs Bentley Dean et Martin Butler (« Contact », « First Footprints »), nous fait découvrir par l’image et le son les joies quotidiennes de l’une des dernières tribus traditionnelles du monde, mais aussi leurs soucis…

Wawa, une belle jeune femme aux cheveux crépus refuse de se marier avec un homme de la tribu voisine. Elle est folle amoureuse d’un chasseur de son village surnommé Dain qu’elle côtoie depuis son plus jeune âge. Ils se retrouvent régulièrement dans la nature pour vivre en cachette leur passion. Forcée par le chef du village et ses parents d’épouser un valeureux combattant de la violente tribu Imedin, pour calmer leurs ardeurs guerrières et ainsi ramener la paix sur l’île, notre héroïne ne voit qu’une seule option, s’enfuir avec son amant…

Cette production australienne tournée à Vanuatu est très intéressante et les panoramas sont grandioses. La caméra est toujours bien placée mettant bien en valeur les indigènes et leur mode de vie, sans jamais les ridiculiser. Le volcan de l’île est considéré comme un personnage dans le film. Vénéré comme une divinité par les autochtones, il est constamment en éruption, c’est d’ailleurs l’un des seuls reproches que l’on peut faire au scénario : à de nombreuses reprises, les habitants de l’île se rendent pieds nus sur son sommet pour y admirer l’intérieur fumant du cratère.

Maladroitement comparé par certains à l’histoire de « Roméo et Juliette », cette histoire est pourtant bien plus complexe. Il s’agit là, d’un plaidoyer pour la liberté des humains à choisir leur conjoint et à vivre comme ils le désirent (une loi a été d’ailleurs adoptée en 1985 pour bannir ces pratiques).

Le « Tanna » du titre est le nom de l’une des plus grandes îles de l’archipel de Vanuatu. Elle est constituée de forêts tropicales denses, de plages de sable et de plaines de cendre austères. Mais elle abrite également des croyances variées et particulières. Il est intéressant de noter que cette histoire vraie est interprétée exclusivement par les habitants de l’île qui tiennent leur propre rôle. Quant à l’intrigue principale, elle résulte d’une scène vécue par les deux réalisateurs durant leur séjour au village de Yakel.

« Tanna » déjà récompensé à Venise cette année (meilleure audience et cinématographie), a été sélectionné comme représentant du cinéma australien à la 89ème cérémonie des Oscars, qui se tiendra à Los Angeles en février 2017.

Tanna
De Bentley Dean & Martin Butler
Avec Mungau Dain, Marie Wawa, Marceline Rofite, Charlie Kahla, Albi Nangia
Trigon-film
Sortie le 14/12

 

"Tanna" : un paradis? Pas vraiment...
3.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

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