Après « Terminator 3 : le soulèvement des machines », « Terminator : Renaissance », et « Terminator : Genisys », voici le 6ème volet de la saga initiée il y a plus de trente ans. « Terminator : Dark Fate » zappe toutes les suites pour se placer juste après « Terminator 2 : le Jugement dernier ». Était-ce une bonne idée de la part de James Cameron (ici producteur et co-scénariste) de renouveler un épisode après le catastrophique Genisys ?


La scène d’ouverture du film commence avec un flash-back de Sarah Connor jeune expliquant la fin de notre civilisation connue ; suivie de deux autres flash-back ; le futur qu’il y aurait pu avoir si Sarah et son fils John n’avaient pas pu empêcher le Jugement dernier ; le troisième flash-back quant à lui nous montre la mort de John sous les yeux impuissants de Sarah par un nouveau T-800 envoyé par Skynet (pour l’occasion tout ce petit monde a été recréé numériquement, et c’est plutôt bluffant).

La suite de l’intrigue se déroule de nos jours à Mexico. Dani Ramos, 21 ans, travaille sur une chaîne de montage dans une usine automobile. Celle-ci voit sa vie bouleversée quand elle se retrouve soudainement confrontée à 2 inconnus : d’un côté Gabriel, un Terminator des plus évolués, indestructible et protéiforme, un « Rev-9 », venu du futur pour la tuer ; de l’autre Grace, une super-soldat génétiquement augmentée, envoyée pour la protéger.

Une suite qui justifie le retour de Linda Hamilton (qui campe Sarah Connor) très vite dans le film. Un des personnages féminins les plus cultes du cinéma revient 35 ans plus tard, toujours aussi bad-ass et nihiliste. Un retour entouré de personnage féminins sur trois générations successives, qui vont porter et résoudre l’intrigue de cette aventure. Des femmes mises à l’honneur sans hommes ni machine pour les sauver… enfin presque.

Une aventure qui surfe donc sur les mêmes enjeux que le film culte, avec bien évidemment le retour de Shwarzenegger dans la peau du personnage qui lui colle à la peau depuis 35 ans : le T-800. Ce modèle amène une touche d’humour bienvenue dans cette noirceur cinématographique. C’est que l’ami Schwarzie a le sens de l’auto dérision pour notre plus grand plaisir.

Si l’on est ravi que l’homme ne prenne pas la place du grand héros de cette nouvelle histoire de la franchise, les fans seront déçus de découvrir que ce dernier, toujours aussi peu loquace mais bien plus humanisé que son prédécesseur, n’est pas des plus intéressants comme élément scénaristique. « Terminator : Dark Fate » propose malheureusement pour les amoureux de « Terminator 2 » un scénario qui n’est pas des plus novateurs ou recherché. S’il se base sur un futur alternatif à celui que nous avons découvert en 1991, dans lequel les intelligences artificielles prennent encore et toujours le pouvoir en annihilant l’humanité, mais sans Skynet cette fois-ci, il n’est pas des plus originaux.

En effet, une nouvelle forme de robot indestructible revient dans le présent pour tuer une femme susceptible d’être la clé de la rébellion contre les machines. Cette machine, le rev-9, ersatz du T-1000 campé par Robert Patrick, mais version mexicaine, va donc poursuivre ces trois femmes, accompagnées plus tard du T-800. Un T-800 visiblement père de famille. Si le point fort de ce long-métrage réside essentiellement dans les personnages de Linda Hamilton et Mackenzie Davis en humaine augmentée – ces femmes mises à l’honneur et pas qu’un peu dans un film d’action qui aurait pu être testostéroné – le point faible majeur du film est la redite, agrémentée de faux rebondissements vers la fin d’une intrigue que nous connaissons tous.

Même histoire, émotions nouvelles et émerveillement en moins, la répétition de course poursuite s’enchaine au gré des scènes d’action, que ce soit dans les airs ou sur terre, agrémentées de scènes de flashback et autres extraites du film culte dont celui-ci est la suite. Même si cette suite réinvente partiellement au cours de l’histoire l’intérêt du personnage de Dani, censée être une espèce de Sarah Connor 2.0 pendant près de deux tiers du film, elle ne propose aucune réelle découverte. Car si le film n’est pas déplaisant malgré la redite et le manque de créativité ou de réinvention d’un monde aux ramifications multiples et infinies, à l’heure où l’Intelligence Artificielle est au centre de nos vies, on reste sur sa faim.

On aurait aimé, alors que le futur robotisé imaginé par Cameron il y a plus de 30 ans n’a jamais été aussi proche du réel, qu’on se questionne bien plus sur le rapport Homme/Machine, avec plus de nuance dans les I.A au-delà d’une humaine augmentée ou d’un robot repenti en père de substitution sur fond d’origines de la genèse d’une rébellion…  Rares sont les films d’actions qui osent mettre autant de femmes à l’honneur, dont une senior et une autre issue de la diversité, l’intrigue aurait pu être bien plus folle pour réellement célébrer cette puissance féminine dans le film.

Si ce Terminator pèche par son manque de créativité tant côté écriture que réalisation, puisque Tim Miller ne réinvente rien visuellement, même avec un budget de 200 millions de dollars, il n’en reste pas moins une suite bien mieux réussie que Le soulèvement des Machines, Renaissance, Genisys ou les chroniques de Sarah Connor, qu’il faut désormais oublier… puisqu’avec ce film, la Fox compte bien relancer la licence Terminator, une fois de plus, en oubliant tout ce qui a pu se passer depuis la sortie de « Terminator 2 ». A suivre…

Terminator : Dark Fate
USA   –   2019   –   Action
Réalisateur: Tim Miller
Acteur: Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Mackenzie Davis, Diego Boneta, Gabriel Luna, Natalia Reyes
20Th Fox
23.10.2019 au cinéma

"Terminator : Dark Fate", la saga qui s’essouffle
3.0Note Finale