Alerte !!! Une terrible créature venue de l’espace terrorise le monde libre ! Un oiseau géant invincible abat avions et missiles, semant mort et désolation sur son passage. Rien ne lui résiste ! Nos armes sont impuissantes face à son bouclier d’antimatière. L’espèce humaine est elle condamnée ? A mourir de rire c’est sûr !

OISEAU DE MALHEUR
Dans une base sur le cercle polaire, on teste les radars qui permettent à l’Amérique de faire face à la vermine communiste. Mais une menace nouvelle se profile. Mitch McAfee (Jeff Morrow), le scientifique qui pilote l’avion servant aux réglages des radars aperçoit soudain une forme floue gigantesque : « something as big as a battleship ». Evidemment au sol, personne n’a rien vu sur les appareils et tout le monde se paye gentiment sa fiole.

Surtout Sally Cardwell (Mara Corday), une belle brune mathématicienne. C’est couru ils vont s’enguirlander tout le film et finir dans les bras l’un de l’autre à la fin. Les vieilles recettes sont toujours les meilleures.

Devant cette situation, Mitch et Sally prennent un appareil de transport de troupe pour New York. Durant le vol, ils sont attaqués, se crashent, et sont recueillis par un canadien français nommé Pierre (original !) qui les accueille dans sa cabane. C’est le personnage comique du film (en dehors du monstre bien sûr), un peu comme les noirs dans les films de Tarzan.

Pendant ce temps, un nouvel avion se fait attaquer et nous pouvons enfin voir la bête. Et c’est là que tout s’effondre : on peut enfin contempler cette dinde géante en action. Et là on ne peut que s’effondrer de rire.

Comment résister à ça, surtout quand animé comme la plus rigide des poupée en bois elle vient donner des coups de becs (denté, car dans l’espace les poules ont des dents) à une maquette d’avion. Et dévorer en vol les pauvres parachutistes en poussant des « WAAAKKKK WAAAKKKK » hilarants. Mais que nouveau cette horreur de l’espace ? Il semblerait qu’elle ait choisi la terre pour pondre nous dit le scientifique omniscient de service, qui découvre aussi que ce migrateur sans gêne est protégé par un bouclier d’antimatière (!). Il va falloir plus qu’une carabine à plombs pour s’en débarrasser…

The Giant Claw

The Giant Claw

ARTISANAT MEXICAIN
Pur produit du cinéma américain des années 50, ce film de la Columbia se voulait au départ une production fantastique de haut standing, à l’image des « Créature du lac Noir » et autres « L’homme qui rétrécit ». Hélas le film fut torpillé par son producteur Sam Katzman (surnommé « Jungle Sam » pour avoir produit tout un tas de serial d’aventures exotiques dans les années 30). En effet, connu pour sa pingrerie et son mauvais caractère, il confia la réalisation de l’oiseau géant à une petite société d’effets spéciaux mexicaine pour économiser sur le budget. N’est pas Ray Harryhausen qui veut et le résultat final fut cette monstruosité qui tient plus de la piñata géante que de la menace extraterrestre. Les comédiens racontèrent dans diverses interviews qu’ils n’avaient pas vu la bête avant la première du film, ayant tourné leurs scènes avant que les effets spéciaux soient réalisés. Autant dire que la surprise fut de taille quand il allèrent avec leur petite famille assister à celle-ci, l’embarras succédant très vite à la honte quand la salle s’écroula de rire au vu du bestiau.

Ce film réunit une belle brochette d’habitués du genre : Jeff Morrow, solide comédien de série B, vedette dans « Les survivants de l’infini » ou de « La créature est parmi nous » et Mara Corday (de son vrai nom Marilyn Watts), qui fit une belle carrière de femme fatale et qu’on retrouve dans « Tarentula » ou « Le Scorpion Noir ». Les deux comédiens tiennent d’ailleurs une bonne partie du film sur leurs épaules, donnant à leur couple des petits airs de Fox Mulder/Dana Scully avant la lettre. Lui qui cherche à convaincre tout le monde de ce qu’il a vu, elle, représentant la raison scientifique, le taquinant gentiment.

Autant dire que ce film est une véritable merveille : ce n’est pas tous les jours qu’un poulet géant équipé d’un bouclier d’antimatière attaque la Terre non ? Tient ça ferait un beau sujet pour Roland Emmerich ça, vous ne trouvez pas ?

Retrouvez l’intégralité de cette critique – et des centaines d’autres – sur nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques.

[Richard Tribouilloy]

www.nanarland.com

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