Les films tirés des comics jouissent entre eux d’une inégalité dans la qualité de l’interprétation de l’œuvre de base. Les personnages sont souvent abîmés, les scénarios trop abrégés et amputés d’éléments essentiels. Même si certains ont des suites, l’ambiance money money qui en transpire est régulièrement visible. Ce qui écorche plus que de raison cet univers de bandes dessinées anglo-saxonnes. Wonder Woman fait partie du haut du panier, à l’instar de Batman, Spawn ou des X-Men (avec Wolverine, bien entendu).

Je passe rapidement sur l’histoire connue des fans et de ceux qui aiment les supers héros. Wonder Woman, qui n’en est pas vraiment une… ben non, c’est une déesse… est exceptionnelle par rapport à la médiocrité humaine, simplement. Ce qui est intéressant avec ce personnage, au-delà de son côté Girl Power, c’est son altruisme, sa générosité, son authenticité et son courage naturel. Plongée ici dans la Grande Guerre, elle découvre un monde faible, égoïste et froid. Bien que ses premières aventures lui fassent découvrir l’amour pour l’autre sexe, elle reste aux côtés des humains, comme on pourrait garder un chien abandonné sur une autoroute.

Du côté de la réalisation, les combats sont réellement splendides. De beaux enchaînements, un brin irréalisables comme on les aime dans les films de super-héros, des paysages merveilleux (même si une partie est numérisée, c’est quand même jolie) et un rythme soigneusement huilé qui fait passer les 2h20 de film en cinq minutes. Pour le scénario, les dialogues ne sont pas très profonds, quoique, et une touche d’humour savamment dosée ci et là donne une réalité supplémentaire à l’ensemble. Quant à la fin, he bien, elle existe ! Ce film fait la nique à la plupart des longs-métrages proposés depuis deux ou trois ans qui découlent de scénaristes ne sachant pas terminer ce qu’ils ont commencé sans se vautrer.

J’ai presque peur de voir le deuxième opus, je ne voudrais pas qu’ils viennent tout gâcher. Sinon, un petit coup gueule contre le ridicule de la censure, dans certains pays, en rapport à la nationalité israélienne et donc de son passage dans l’armée, de l’actrice qui interprète Diana – Wonder Woman Non, mais sérieusement, c’est une œuvre artistique pas un prospectus de propagande pro politique ! La connerie n’a décidément pas de limites. La phrase de Jean Yann « Il est interdit d’interdire » résonne en contre-champ de l’art. Petit bonus pour les fans de Harry Potter : Lupin is evil ! Les initiés comprendront.

Wonder Woman
US   –   2017   –   Action
Réalisateur: Patty Jenkins
Acteur: Gal Gadot, Robin Wright, Chris Pine, Connie Nielsen, David Thewlis, Elena Anaya, Lucy Davis
© Warner Bros. Ent. All Rights Reserved.
07.06.2017 au cinéma

Wonder Woman : naissance d’une féministe
5.0Note Finale

A propos de l'auteur

Cinéphile passionnée, écrivaine et musicienne depuis son enfance, elle offre son âme d’écorchée vive au besoin de l’art et de la transmission de ses émotions. Voter folie est-elle la même ?

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