107 Mothers : Visite en milieu carcéral !

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Alain Baruh
Alain Baruh
Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

Détention, naissances et adoption. Tels sont les thèmes abordés dans le dernier film-documentaire du réalisateur slovaque Péter Kerekes.


Cette histoire aux séquences parfois déroutantes, débute dans un service hospitalier proche du pénitencier 74 d’Odessa, où sont incarcérées de jeunes femmes inculpées pour des délits plus ou moins graves.

Primée au Chicago International Film Festival, au San Sebastián International Film Festival et au Venice Film Festival, (Mostra 2021, Prix Orizzonti du meilleur scénario / Horizons Awards), cette production réalisée en Ukraine surprend dès les premières scènes.

Dans le sinistre bâtiment de la cité portuaire de la mer Noire, une femme longe les murs parsemés de barbelés pour amener un nouveau-né à la garderie. Il a été décidé par les responsables de l’établissement que la prisonnière aurait droit à 2 semaines de détention allégée pour s’occuper de son bébé, avant de devoir rejoindre les autres internées.

Condamnée pour le meurtre de son époux, Lesya doit ainsi gérer la naissance de son enfant. C’est aussi le cas de Vika et d’autres futures mères, qui, l’une après l’autre, passent un interrogatoire strict, pour mettre à jour leur situation et celle des nouveau-nés. 

Neige, froid, cris de bébés et lectures de courriers pour meubler le silence. La caméra s’attarde longuement sur le regard vide ou sur le corps de ces nouvelles mères au destin trouble qui peuplent cette colonie pénitentiaire unique. Diverses activités sont organisées par Iryna, la gardienne en chef qui mixe loisirs sportifs, travaux d’intérêt général et gestion post-naissances…

Le nouveau long-métrage du réalisateur slovaque, Péter Kerekes met en avant la vie carcérale des captives et le quotidien particulier des surveillantes. Porté sur les détails, le metteur en scène nous gratifie de passages parfois gênants à regarder.

Captivant mais aussi émouvant le nouveau film de Péter Kerekes ne laisse pas le spectateur indifférent. Le sujet principal est la mise au monde, mais d’autres thèmes intéressants sont abordés dans le film (la solitude, l’acceptation, la culpabilité, le remords, l’éducation et la vie carcérale en général). Leysa est interprétée par une actrice, mais les autres protagonistes sont toutes amateures (les vraies gardiennes et prisonnières de cette prison).

Né le 3 avril 1973 à Košice, le documentariste, réalisateur, scénariste a enseigné à l’Academy of Performing Arts de Bratislava (VMU) et au Doc Nomads Joint Masters de Budapest. Dans ses réalisations, il explore et présente différentes séquences de la vie humaine.

Son premier long métrage a été le documentaire « 66 Seasons » (2003). Vu à travers plusieurs histoires qui se sont déroulées entre les années trente et deux mille, le film a été projeté dans plus d’une centaine de festivals et a remporté le prix du meilleur documentaire européen au Jihlava International Documentary Film Festival, en 2003. « Cooking History » (2009) un autre documentaire, qui décrit les cuisiniers militaires et leur impact sur des évènements décisifs de l’histoire, a quant à lui, été tourné dans 11 pays européens. Ce film a aussi été primé dans plusieurs festivals internationaux, dont la Viennale.

Sa production « Velvet Terrorists » est un documentaire humoristique qui raconte la vie de trois protagonistes qui se sont opposés au régime communiste en Tchécoslovaquie. Cette création slovaque-tchéco-croate a été également honorée au Festival international du film de Berlin, 2014 et a remporté le prix Fedeora au Festival international du film de Karlovy Vary, en 2013.

Kerekes a produit récemment « Occupation 1968 » (2018), qui cartographie l’occupation de la Tchécoslovaquie du point de vue de 5 réalisateurs venus de pays différents. Le succès cinématographique de son dernier film « 107 Mothers », tient du processus choisi par le réalisateur, qui est à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. De ce parti-pris de vérité, de cette observation quasi anthropologique de la vie en cellule, résulte, presque paradoxalement, une œuvre de fiction d’une grande sensibilité.

107 Mothers
Ukraine – 2021 – 93min – Drame-Documentaire
De Peter Kerekes
Avec Maryna Klimova, Iryna Kiryazeva, Lyubov Vasylyna, Vyacheslav Vygovskyi, Oleksandr Mykhailov, Raisa Roman…
20.04.2022 au cinéma
Trigon Films

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