2020 Texas Gladiators

Dans la famille cheapodiscount bien Z comme on aime, voilà une belle bête de concours, catégorie post-apocalyptique italien.


Si le film ne se départit jamais des qualités qui font tout le charme de ce style, le film possède trois originalités qui le distinguent de la masse des productions du même acabit.

JOYEUX PATCHWORK
Tout d’abord un scénar un peu plus tordu qu’à l’habitude, ménageant même quelques surprises au spectateur blasé. Bon je vous rassure tout de suite c’est pas « Usual Suspects », on est dans le basique avec gros barbares méchants et gentils rangers : après La Bombe, le monde a régressé vers la sauvagerie. Au Texas, seuls les Rangers maintiennent un semblant d’ordre face aux bandits et aux pillards de toutes sortes… Mais tout de même saluons l’effort du twist en milieu de film (je vous laisse la surprise).

Ensuite, le film bien que post-apocalyptique, flirte joyeusement avec l’ambiance western. C’est à croire qu’à côté il se tournait un western spaghetti et qu’ils ont eu droit de repiquer quelques décors et costumes (et connaissant le sens de l’économie du réalisateur Joe D’Amato, c’est fort probable). Il y a même une scène de bagarre au saloon, un shérif et… des Indiens !

Enfin le film se permet des passages sexe et gore pour choquer le bourgeois, D’Amato ayant toujours eu un coté racoleur qui se traduit dans une filmographie (voir l’article sur son excellente biographie en page 12) qui balance entre le gore craspec (« Anthropophagous », « Blue Holocaust ») et le film de boules (soft — Aaaaah, Laura Gemser — ou franchement hard en fin de carrière). D’où un goût immodéré dans le film pour les scènes chocs avec sang et tripaille et pour les nichons à l’air et les scènes de viol, histoire de faire un peu d’épate et d’attirer le spectateur mâle hétérosexuel au sang chaud qui constitue le gros de la clientèle de ce genre de produit.

2020 Texas Gladiators

POURQUOI DES INDIENS ?
Tout commence bien brutalement par l’intervention de cinq Texas Rangers dans un monastère assailli par des pillards (en fait une usine désaffectée avec des toiles tendues pour cacher la misère). Des pillards (mutants ? la question demeure non tranchée) qui valent d’ailleurs leur pesant de minestrone : des types tout maigres enduits d’une couche de fond de teint vert qui sautillent avec des machettes en poussant des grognements. Les rangers interviennent et massacrent allègrement les pillards dans un combat hallucinant d’amateurisme : les coups de poing passent à une bonne dizaine de centimètres de leur cible, accompagnés de bruitages à la Terence Hill et Bud Spencer, tandis que les héros se déplacent avec la grâce d’éléphants de mer échoués. Affligeant.

En fouillant les ruines, les rangers tombent sur la mignonne Sabrina Siani, à peine vêtue d’un bout de tissu blanc. L’un d’eux tente de la violer (normal…) mais son chef Al le chope et le chasse des rangers. Pas choquée, la jeune fille les conduit à un havre de paix où l’humanité tente de se reconstruire.

Quelques années plus tard, Al et Sabrina ont une fille et s’occupent d’une espèce de centrale nucléaire dans un village texan (puisque c’est marqué sur les panneaux) au look typiquement italien. Soudain une horde de motards en 125 menée par le ranger déchu tente de prendre la centrale d’assaut. L’attaque échoue, mais reprend grâce aux forces du méchant Black One, et leurs boucliers magiques qui arrêtent les balles, mais pas les flèches et les haches : on doit pas être équipé pour comprendre la technologie du futur…

Evidemment les gentils ne font pas un pli face à cette débauche de technologie futuriste et vont aller en forêt chercher l’aide des… Indiens. Et là il faut imaginer une bande de Siciliens pur jus, le pif rouge, la moquette pectorale généreuse (quand on sait que les Indiens sont imberbes…), affublés de perruques noires, qui jouent les guerriers fiers et ombrageux et attaquent en faisant « youh youh youh youh youh » l’arc à la main… On ne remerciera jamais assez le cinéma d’exploitation italien pour ces moments de portnawak.

[Richard Tribouilloy]

Retrouvez l’intégralité de cette critique – et des centaines d’autres – sur www.nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques.

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