9 mois ferme

9 mois ferme –

Sorte de film somme de son créateur, « 9 mois ferme » est une proposition différente dans le paysage morose de la comédie française. Pour son cinquième film en tant que réalisateur, Albert Dupontel a imaginé l’histoire d’une juge des mœurs carriériste et coincée (Sandrine Kiberlain) qui, suite à un réveillon trop arrosé, tombe enceinte d’un criminel accusé de globophagie. Dès son introduction, « 9 mois ferme » se distingue par sa qualité d’écriture : l’exposition du personnage principal (Bob) est un modèle de réussite et un passage extrêmement touchant. Tout en restant fidèle et cohérant à son univers si atypique, Dupontel trouve le parfait équilibre entre le burlesque, la comédie trash et le grand guignol. Son long-métrage regorge de trouvailles visuelles insolites et inventives à l’image des deux séquences gores (l’autopsie et les reconstitutions de l’agression) et des caméos.

Dans l’univers développé par le réalisateur d’« Enfermés dehors », les rôles sont totalement inversés, le palais de Justice est ainsi présenté comme une sorte d’asile de fous. Comme dans ses films précédents, Dupontel s’intéresse principalement aux marginaux et aborde une nouvelle fois ses thèmes de prédilections (l’héritage et la parentalité) qu’il développe depuis « Bernie ». Au travers d’une mise en scène travaillée, à l’image du magnifique plan séquence initial, aux cadrages variés et à la sublime photographie de Vincent Mathias, « 9 mois ferme » se démarque totalement du standard limité et formaté pour le petit écran des autres production françaises et s’impose comme l’une des comédies les plus drôles et les plus efficaces de ces dernières années.

9 mois ferme
D’Albert Dupontel
Avec Albert Dupontel, Sandrine Kiberlain…
Wild Side / Dinifan

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