C’est l’histoire d’un amour irradient, inattendu, romantique et sublime. C’est l’histoire d’un amour qui va trop haut et qui va, fatalement, revenir sur Terre. Didier ne vit que pour la musique et pour son groupe de bluegrass (variante de la country). Elise, elle, est tatoueuse et son corps est recouvert de ses coups-de-foudre et de ses cœurs brisés. Leur rencontre ne pouvait que faire des étincelles. Rapidement, leur fille Maybelle naît. Et tout aussi rapidement, elle développe un cancer… Rancœur, culpabilité, destruction, désespoir : la suite ne sera pas belle à voir.

Les thématiques qu’abordent « Alabama Monroe » sont universelles. Même s’il lui arrive de pencher vers un situationnisme parfois caricatural, le film n’a pas d’autre prétention que de décrire et surtout de faire ressentir toutes les cordes qui peuvent exister entre deux êtres qui s’aiment, qu’elles soient accordées ou en fausse harmonie. Chaque moment vise une vérité crue que le film arrive souvent à toucher.

Adapté de la pièce du même nom (et écrite par l’acteur principal), « Alabama Monroe » nous raconte donc avec une honnêteté poignante et un romantisme sidérant un récit déjà usé jusqu’à la corde, mais ô combien passionnant. Pour s’en affranchir, le film puise d’abord son originalité dans un univers méconnu et étrangement familier, celui des « cowboys européens », de leur amour de la liberté et de leur musique de l’âme. Mais, la pièce maîtresse du film réside en ses acteurs, qui éblouissent par leur justesse et leur profondeur de jeu. Et ce en totale adéquation avec un script qui leur offre des personnages nuancés et profondément humains. La cohérence du film dans son entier force ainsi l’admiration et joue sa dernière carte sur une bande originale toute aussi poignante, qui se fait sans cesse le reflet et vecteur empathique des émotions à fleur de peau des personnages.

Lauréat de plusieurs prix, notamment à la Berlinale et à Tribeca, « Alabama Monroe » représentera cette année la Belgique aux Oscars, dans la catégorie Meilleur film étranger. Un succès critique que le film n’a pas volé, associé à un succès public tout aussi mérité. Avec cette sortie en vidéo, le film risque d’étendre encore plus sa portée et c’est tout ce qu’on peut souhaiter, pour Alabama Monroe, tout autant que pour ses spectateurs. Car une œuvre si profonde, sentimentale et vibrante est rare et doit se savourer.

If I needed you, would you come to me, for to ease my pain ?

Alabama Monroe (The Broken Circle Breakdown)
De Felix Van Groeningen
Avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens…
Filmcoopi / Impuls