Une ville. Un procès.Un homme. Tous d’un poids et d’une envergure historique, terrible et emblématique. Les premières condamnations qui ont ouverts la voie du changement mondial.

Hermann Göring, commandant en chef de la Luftwaffe, membre important du gouvernement nazi, se rend après la capitulation allemande et la prise de Berlin par les russes et les alliés. Emprisonné avec d’autres acteurs tout aussi essentiels du régime nazi, il attend son procès. Un procès se prépare avec de nouvelles règles, de nouveaux termes et une instruction médiatisée. Un psychiatre est désigné pour sonder l’esprit des prévenus. Le praticien va tomber rapidement dans une fascination dangereuse pour Göring.

Tout le monde connaît ou au moins a entendu parler du procès de Nuremberg qui a défini la notion de crime contre l’humanité à la fin de la deuxième guerre mondiale. Moins de personnes savent que la première instruction concernait entre autres Hermann Göring et encore moins que ce dernier n’a pas affronté la sentence. Göring apparaît souvent comme le nazi sympathique, l’obèse souriant, le charmeur de foules. Ce qui contribue à atténuer ses crimes et ses responsabilités. Ce haut dignitaire nazi était aussi instable, colérique, manipulateur et morphinomane. Ce qui entache son portrait.

Pour le film, Russell Crowe incarne de façon bluffante le personnage, c’est indéniable. Le casting n’aurait pas pu être mieux fait. Par contre, le choix de Rami Malek pour le psychiatre est à mon sens, peu intéressant. Son regard naturel est trop émerveillé et donne une dimension infantile en constant étonnement à son personnage. Résultat, face à Göring Kelley ne fait pas beaucoup le poids, sans jeu de mots bien sûr. L’histoire nous apprend que les deux hommes avaient des esprits de puissance quasi similaire. Ce n’est pas aussi clair à l’écran, car Douglas Kelley fini par transgresser la déontologie, rapidement. Bref, les rôles n’ont pas tous bénéficié du même sérieux à l’écriture.

Par contre, le travail de costumes et d’accessoires est impressionnant. Il existe des entreprises spécialisées dans les reproductions historiques et les uniformes nazis ne sont pas difficiles à trouvés, cela dit il fallait que les costumes tombent juste. Russell Crowe est tellement impeccable dans les siens qu’on peut se méprendre facilement entre la personnification et l’original. Les images d’archives utilisées durant le procès, le vrai, sont également présentes dans le film. Cela apporte naturellement une dimension authentique appréciable et vibrante.

Quant au parallèle avec notre politique mondiale actuelle, elle est dramatiquement en miroir. A la vision de ce film, le public aura inévitablement une réflexion nécessaire et un sentiment de responsabilité. Malgré cela, comme souvent, l’émotion passée, la plupart retournera à ses inquiétudes et habitudes personnelles, balayant certainement de la main ses justes cogitations. Comme dit K dans Men In Black : « Seul on est intelligent, mais en groupe on est con.»
Nuremberg reste un film important pour la mémoire et l’information. A ne pas manquer !
Les professeurs d’Histoire seraient bien avisés de le montrer à leurs élèves.

Réal. : James Vanderbilt
Acteurs,Actrices : Russell Crowe/Rami Malek/Richard E. Grant/ Michael Shannon/Leo Woodall/John Slattery/Colin Hanks/Mark O’Brien
Distrib. : Nour Films
Sortie : 28 janvier 2026
Genre : historique/drame


