Un exercice esthétique forcé et surchargé de stéréotypes classiques du genre d’épouvante.


La cinquième saison de la série anthologique d’horreur la plus médiatisée se développe cette fois-ci autour d’un Hôtel, l’Hôtel Cortez. La saison est donc indépendante des autres, et même dans le casting il y a des nouveautés. Parmi toutes, premièrement l’absence de Jessica Lange qui était une constante dans les saisons passées, deuxièmement la présence de Lady Gaga, qui va interpréter la Comtesse de l’Hôtel et qui déjà depuis l’annonce de sa présence a fait froncer les sourcils à nombreux fans de la série.

L’histoire semble se développer, au moins au début, autour de John Lowe, un policier à la recherche d’un serial killer, mais au cours de la saison, le focus des épisodes (et donc de la saison) devient de plus en plus moins clair. Un facteur remarquable est la détaillée caractérisation des personnages secondaires, qu’on peut voir dans leur jeu d’acteur, qui tend à exagérer les traits distinctifs des personnages, et dans leur esthétique, elle aussi très détaillée. En fait, on peut dire que le soin pour l’esthétique est la chose qu’on remarque le plus pendant la vision (par exemple, le personnage joué par Sarah Paulson est très bien caractérisé, notamment pour ses larmes constantes et son infinie tristesse). Les couloirs et les halls de l’hôtel tout comme les vêtements des personnages sont fondamentaux pour l’ambiance. Ils sont, en plus, accentués par des plans frontaux et symétriques qui rappellent l’Overlook Hotel de « Shining ». Par contre, le récit n’est pas bien développé, peut-être par l’exigence d’insérer beaucoup d’éléments classiques du genre « horreur », mais qui en fait n’étaient pas nécessaires, qui confondent et qui font perdre d’intérêt pour l’histoire. En effet, dans l’Hôtel Cortez on retrouve dès les premiers épisodes, soit vampires, soit fantômes, soit serial killer, mais aussi sexe (beaucoup) et drogue.

Les règles qui dictent les lois de ce monde fantastique sont ignorées par le spectateur, qui les apprend au cours de la série. Par conséquence, le désintérêt pour le développent du récit vu que cette imprévisibilité n’aide pas dans la création d’un univers fictif dans lequel le spectateur n’a la possibilité de rien prévoir. Au niveau technique aussi, bien qu’on puisse voir l’excellente maitrise des techniques filmiques typique du cinéma d’épouvante comme plongées/contre-plongées, plans diagonaux, gros plans claustrophobiques et mouvements de caméra très rapides, leur utilisation exagérée et obsessive n’aide pas le spectateur dans l’immersion dans ce monde et au cours de la saison peut arriver parfois à l’énerver.

Pourtant, le concept de la série American Horror Story reste intéressant comme le fait que cette saison soit indépendante des autres, cela permet d’apprécier les autres sans avoir l’obligation de suivre les absurdes intrigues de l’Hôtel Cortez.

American Horror Story : Hotel (5ème saison)
Ryan Murphy
Avec Kathy Bates, Sarah Paulson, Wes Bentley, Lady Gaga
20Th Fox

American Horror Story : Hotel
2.5Note Finale