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Suisse
25 octobre 2020

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Aventiclap : premiers pas d’un festival

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Vendredi 2 mars Avenches était blanche comme neige. Un décor idéal pour écrire une nouvelle page du cinéma suisse. Et c’est bien ce qu’entendaient faire les organisateurs d’Aventiclap, un nouveau festival qui se focalise sur les films helvétiques.


[dropcap size=small]E[/dropcap]mmitouflé dans nos habits les plus chauds, on se rend au Théâtre du Château, pour soutenir les premiers pas de ce festival, qui a choisi d’arpenter le cinéma suisse et d’y laisser son empreinte. Car l’enfant du directeur de l’Aventiclap est ambitieux, et il se voit déjà prodige adulé par les foules comme l’était Mozart qui a grimpé les marches du château d’Avenches. Le festival fribourgeois, avec sa mascotte de super-héros à tête de clap qui gonfle la poitrine, comptait bien briller par ses exploits.

Un premier vol reste un premier vol, et malgré toute sa bonne volonté, Aventiclap n’a pas su éviter quelques fautes de jeunesse. La soirée d’ouverture commence pourtant bien, les discours des organisateurs du festival frappent juste et non sans une touche d’humour, la marraine du festival se permet de glisser un peu de politique avec des allusions aux votations sur Billag qui auront lieu deux jours plus tard. Le choix du premier film, quant à lui, est un peu maladroit. Il s’est porté sur le projet d’une classe d’élève d’Avenches à qui le festival a donné la possibilité de réaliser un film avec une équipe professionnelle. L’idée est louable certes, mais comme premières images sur la toile du Théâtre du Château, cela manque un peu de professionnalisme.

S’en suit un très court, mais brillant film d’animation sur la Suisse et le tourisme qui provoque des rires nerveux dans la salle par la finesse de sa critique. En une minute pas plus, un paysage suisse en carton se façonne au gré de l’évolution des envies des touristes jusqu’à devenir un champ de ruinemais qu’on trouvera quand même le moyen d’exploiter comme une nouvelle attraction. Qu’ils sont malins, ces suisses !

Puis, les montagnes en papier font place à un vrai décor cette fois ─ mais toujours suisse avec Blue my Mind, un long-métrage qui raconte la métamorphose d’une jeune adolescente qui découvre sa sexualité et les changements de son corps après ses premières règles. Des transformations très concrètes, puisque l’héroïne se transforme peu à peu en sirène.

Si l’on peut regretter le manque de profondeur des personnages, dont les esprits semblent parfois être juste des coquilles vides, et qu’on peut se heurter à l’indifférence et la stupidité des ados qui peuplent le film ; on est néanmoins conquis par les charmes de son esthétique. Blue my Mind s’inspire probablement de l’ambiance propre à certains films asiatiques, qui jouent à la frontière du réalisme et du fantastique en introduisant un élément étrange dans un monde on ne peut plus normal.

Une chose est certaine, avec sa sirène pubère qui se débat au milieu d’une foule d’adolescentes, le dernier film de la soirée fait des vagues.

Au final, ce festival n’était un an plus tôt qu’une idée dans l’esprit de Jean-Marc Detrey, directeur et papa du projet, ce grand fan de Science-Fiction, qui est avant tout un grand enfant. Aujourd’hui, il est devenu Aventiclap, un héros à tête de clap qui a de quoi être fier, et mérite nos applaudissements pour ses premiers pas qui, bien que maladroits, n’en restent pas moins exemplaires.

www.aventiclap.ch

Stefano Christenhttps://www.instagram.com/stefanochristen/
Féru de cinéma, de poésie et d’art, Stefano Christen voit la critique comme un terrain de jeu où l’on ne garde pas sa langue dans sa poche. Non, on la sort toutes les cinq minutes, pour se remettre à l’heure.

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