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mercredi, juillet 24, 2024
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Aya et la sorcière : Gavage 3D en règle

Pauline Brandt
Pauline Brandt
Avec un master de français moderne avec spécialisation en études théâtrales, un bachelor en français moderne et histoire et esthétique du cinéma, Pauline Brandt met en œuvre tout son savoir-faire pour promouvoir le cinéma.

Vous reprendrez bien un peu de vers de terre ? Le dernier opus des Studios Ghibli, réalisé par Goro Miyazaki, sort en salles cet été. Il s’agit d’un téléfilm réalisé pour la NHK, principale chaîne de télévision japonaise. Voilà qui explique en partie le sentiment de se retrouver un dimanche matin devant France 2. Céréales et jus d’orange, c’est l’heure d’allumer la télé.


On y est. Le nouveau film des studios Ghibli. Chaque nouvelle œuvre des légendaires studios japonais est – à raison – attendue, disséquée, revue. Il faut dire que les grandes œuvres des studios sont maintenant érigées au rang de classiques du film d’animation, œuvres d’art cinématographiques dont les formes peuvent varier mais où la patte des studios se retrouve toujours. Loin des productions en image de synthèse de leurs collègues américains Dreamworks, les studios Ghibli ont en effet conservé un savoir-faire minutieux : celui de l’animation traditionnelle. C’est le troisième film de Goro Miyazaki pour les studios, après « Les Contes de Terremer » et « La Colline aux coquelicots » ; le tout premier avec cette technique très prisée et qu’on retrouve dans la quasi-intégralité des films d’animation – les studios Disney ont quant à eux abandonné l’animation traditionnelle pour n’utiliser plus que de l’image de synthèse, comme pour leur dernier film, « Raya et le dernier dragon » – on note la similarité du titre.

La tradition se rompt avec ce nouvel opus, réalisé par Goro Miyazaki, fils de Hayao : il s’agit en effet du tout premier film des studios réalisé en images de synthèse, pour lequel Miyazaki fils avoue n’avoir consulté « aucun des grands » du studio pour sa réalisation. Pourquoi pas ? L’ambition des studios a toujours été celle, de l’aveu de son fondateur, de « jouer un rôle d’éclaireur dans le secteur de l’animation japonaise, et d’y faire souffler un vent de nouveauté ». On y est.

« Aya et la Sorcière » est une adaptation du roman de l’Anglaise Diana Wynne Jones, estimée auteur d’ouvrages pour enfants. Il s’agit là d’un petit clin d’œil aux réalisations du studio : « Le Château dans le ciel », sorti en 1986, était déjà une adaptation faite par les studios de son roman « Le Château de Hurle ». Jusqu’ici, tout va bien. Et puis, le film commence. Et là, tout se casse la figure.

Aya est une petite fille maligne, qui grandit dans un orphelinat depuis que sa sorcière de maman l’y a déposée accompagnée d’une petite lettre expliquant qu’elle reviendra la chercher quand elle le pourra. Tout se déroule pour le mieux pour celle qui aime décider elle-même de tout ; jusqu’au jour où elle est adoptée par un drôle de couple de magiciens, la sorcière Bella Yaga et son drôle de compagnon grincheux Mandrake. Dès lors, on croirait entrer dans un épisode spécial vacances scolaires de Jimmy Neutron : on a droit à une histoire sans conclusion, à une narration quasi absente, à une très longue scène impliquant des vers de terre, et, malgré un joli travail sur les textures, à des personnages en 3D luisants, un peu gluants, et franchement peu convaincants.

Oui, vous êtes bien chez les Studios Ghibli – mais il n’y a dans ce film ni plans contemplatifs, ni double lecture, ni même de vraie fin. On a une drôle d’impression de fast-food ; vite mâché, peu nourrissant, peut-être un peu écoeurant, aussi. On vous recommande quand même de rester assis dans la salle jusqu’au bout pour regarder la meilleure partie : le générique de fin.

Aya et la sorcière
JAP – 2020
Durée: 1h22 min
Réalisateur: Goro Miyazaki
Avec les voix de: Elina Solomon, Sylvia Bergé, Thierry Hancisse, Micha Lescot
Disponible sur Netflix

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