Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin est une aventure fantastique qui nous montre que John Carpenter (La Chose, Halloween, The Foget tant d’autres) excelle tout aussi bien dans le genre comique que dans son domaine de prédilection, l’horreur. Source inépuisable de répliques cultes, ce film est pourtant passé presque inaperçu à sa sortie… Retour sur une œuvre devenue maintenant culte qui ne cesse d’élargir son univers.


Jack Burton n’a rien d’un héros : il est arrogant, il parie, il ne s’engage pas auprès des femmes et pour couronner le tout, il ne sait absolument pas se battre. Persuadé d’être une légende, il ne manque pas de parler de lui à la troisième personne en pensant que la simple évocation de son nom suffira à installer le respect dans l’esprit de ses ennemis. Brillamment interprété par Kurt Russell, Jack Burton n’a que sa belle bouille, ses gros muscles (merci à l’esthétique des années 1980), ses discours plus ou mins convaincants et son extraordinaire chance pour se sortir de situations quelque peu difficiles. Jack vit simplement, mais s’il y a bien une chose qu’il ne supporte pas, c’est d’être séparé de son camion, le « Côte de Porc Express »… Alors, forcément, lorsque son précieux véhicule est enlevé par les membres d’un gang de Chinatown de San Francisco mal intentionnés, Jack se réveille enfin et cherche à reconquérir son seul amour. Sauf que ce camion disparu n’est que la partie visible de l’iceberg et Jack, qui ne croit en rien à part en lui, va devoir affronter les plus sombres légendes chinoises pour empêcher le cruel Mandarin de réaliser sa prophétie…

Mêlant humour, action et magie, Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin connut un succès très mitigé à sa sortie (on peut en fait, parler d’un flop puisque que le budget était de 19-25 million de dollars et qu’il n’a rapporté que 11,1 millions). Ce n’est qu’à sa sortie en VHS que le film rencontra enfin le succès culte qu’il mérite en s’inscrivant parmi les autres très bonnes collaborations du réalisateur John Carpenter et de l’acteur Kurt Russell que sont La Chose et New York 1997. Carpenter nous emmène dans un univers beaucoup moins sombre que ses autres créations, mais ce n’est pas pour autant que l’on ne reconnaît pas sa patte habituelle : les amateurs de créatures venant d’un autre monde sont plus que servis puisque l’on retrouve des effets plutôt impressionnants pour l’époque. Rien d’aussi effrayant (ni d’aussi bien exécuté) que dans « La Chose », mais tout est fait pour nous emmener dans un monde fantastique bien différent du nôtre et plus le film avance, plus l’on devient reconnaissant de vivre tout cela avec Jack Burton, un des meilleurs mauvais héros que l’on pourrait rêver de suivre dans une telle aventure.

Et quelle longue aventure ! Près de trente ans plus tard, un comics, dont les trois premiers volumes ont été co-écrits par John Carpenter lui-même (on ne change pas une équipe qui gagne), reprend exactement là où l’histoire finit en 1986. Et les produits dérivés ne s’arrêtent pas là : entre 2014 et 2017, ce sont comics, figurines, livres sur le making of, romans illustrés, et même un jeu de société qui sortent tour à tour pour le plus grand plaisir des fans. Jack Burton n’est clairement pas aussi connu dans la francophonie que dans son pays d’origine, mais j’invite tous les curieux cinéphiles à profiter de ce come-back pour découvrir un univers fantastique qu’ils pourront peut-être ajouter à leur propre imaginaire et embarquer ainsi, au côté de Jack à bord du « Côte de Porc Express ».

Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin
(Big Trouble In Little China)

De John Carpenter
Avec Kurt Russell, Dennis Dun, Victor Wong, James Hong, Kim Cattrall et Suzee Pai
20th Century Fox
Année : 1986

A propos de l'auteur

Passionnée par l’écriture et le cinéma depuis longtemps, Moïra Farwagi a trouvé au sein de Daily Movies un merveilleux moyen de communiquer ses passions. Des films cultes aux films un peu moins cultes et franchement risibles des années 80, en passant par les comédies, les films de super-héros, les films qui font pleurer et encore un tas d’autres choses, le genre préféré de Moïra peut se résumer par « ce qu’elle aime ».

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