Inspiré par la plus grande catastrophe pétrolière de l’histoire, « Deepwater » nous raconte cette dernière avec un sombre réalisme, en réussissant à nous faire vivre avec beaucoup d’intensité ces moments où les enfers se sont déchaînés sur l’être humain.


 
Dans le golfe du Mexique, la plateforme Deepwater Horizon tourne à pleine vapeur pour tirer profit des millions de litres de pétrole enfouis dans les profondeurs de l’océan. C’est ici que travaille Mike Williams, comme électricien, sous les ordres de son patron, Jimmy Harrell, un homme intègre, qui connait son métier sur le bout des doigts, les dangers constants auxquels ils doivent faire face, notamment en cas de non-respect de toutes les procédures de sécurité.  Il n’en est pas de même de la société louant ladite plateforme, pour qui les impératifs sont avant tout financiers, quitte à passer outre des questions qui risquent d’avoir de lourdes conséquences.  Il ne restera plus alors que le courage pour tous les sauver mais sera-t-il suffisant face aux forces incommensurables de la nature ?

Les films inspirés d’histoires vraies, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de catastrophes nous font toujours craindre le pire à différents niveaux. Tout d’abord le pourcentage du récit qui va vraiment être repris tel quel sans qu’il soit transformé pour des besoins de fiction, de rythme ou autre intensité, la valeur historique des faits devant parfois être sacrifiée sur l’autel de la rentabilité filmique. Deuxièmement, quand on s’attaque à des événements aux cours desquels des hommes ont fait preuve d’une bravoure hors du commun, le risque de tomber dans une exagération ou dans un pathos qui finit par décrédibiliser ceux l’ayant vécu car le tout perdant en réalisme est souvent important. Nous ne pouvons pas oublier non plus, les donneurs de leçons qui profitent pour glisser un message, via un personnage fictif, pour accentuer le côté dramatique mais ayant souvent l’effet inverse car sonnant faux et tombant totalement à plat.


Dans le cas présent, la réalisation de Peter Berg a réussi à éviter les principaux pièges car nous sommes plus proches du documentaire – avec moult références et détails techniques rigoureusement exacts –  que du film catastrophe qui cherche à nous en mettre plein la vue ou à nous faire la morale. Il est vrai que l’histoire se suffit à elle-même sans qu’il ait eu besoin d’en rajouter quand bien même la tentation eut été grande.

Nous suivons ici la vie de ces personnes ordinaires qui travaillent dans des conditions extraordinaires, le tout dans un réalisme qui nous fait entrer dans le récit à peine le personnage de Mike et Jimmy posent leurs pieds sur la plateforme.  Tout au plus, peut-on reprocher un langage technique durant la première partie du film qui le rend quelque peu hermétique mais en même temps, difficile de faire l’impasse sur des points qui seront à l’origine de ce qui va se passer par la suite.


La catastrophe elle-même est époustouflante, filmée de manière très intense, très spectaculaire et effroyablement réaliste, comme si nous étions avec les personnages sur le lieu lorsque celle-ci survient. Il est vrai que le parti pris de tourner le long-métrage dans un décor construit dans des dimensions très proches de l’original, plutôt que faire le tout via des écrans verts et autres effets digitaux à outrance, a sûrement beaucoup contribué à cette ambiance très réaliste. Environnement qui a aussi permis à chaque acteur de donner le meilleur de lui-même à tel point qu’ils semblent se confondre avec les personnages qu’ils interprètent tant ils sonnent justes.

« Deepwater », derrière le spectaculaire de l’histoire, est avant tout un vibrant hommage à tous ces hommes qui ont vécu ces moments intenses et dramatiques, se permettant néanmoins – mais pouvait-il en être autrement – d’égratigner BP au passage, dont la cupidité évidente a mené à ce désastre.  Un beau film, pas prétentieux qui se contente « juste » d’évoquer un épisode noir dans la recherche de cet or…noir.

Réalisateur : Peter Berg
Avec: Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich, Gina Rodriguez, Dylan O’Brien, Kate Hudson
Bonus : La plateforme infernale (26’10) ; Les secrets de Deepwater (16’31) ; Après la tragédie (15’17)
Distributeur : Ascot Elite Home Entertainment

 

« Deepwater » : une réussite tirée d'une catastrophe
4.0Note Finale