Peu de téléspectateurs, en tout cas en Europe, connaissent et relient le nom de Dick Wolf avec l’une des franchises télévisuelles les plus connues depuis la fin des années 90 : New York Unité Spéciale. Que ce soit cette dernière (la résistante ! 18 saisons à ce jour), New York Police Judiciaire ou encore la franchise à Londres, cet homme est un véritable boulimique du travail. Car même si elles se sont presque toutes arrêtées sur du moyen ou long terme, il continue à développer beaucoup d’idées. Par contre, cette fois-ci, c’est la ville de Chicago dans l’état de l’Illinois qui a le privilège de voir ses différents services au cœur d’intrigues. Avec Chicago Police Department, Chicago Med et Chicago Fire (dès 2018 aux USA, une quatrième franchise viendra agrandir l’espace télévisuel sous le nom de Chicago Justice. Actuellement, pour l’Europe, il est encore difficile à vraiment définir quelle est celle que le public préfère. Mais elles ont toutes leurs intérêts et cela se ressent encore plus lorsqu’elles s’entrecroisent simultanément.

Née en 2014, Chicago Police Department en est à sa 3ème saison. Tant en version DVD-BR que via le support de la petite lucarne. Certes, les bonus DVD sont assez pauvres, mais les différents cross-over (croisements entre différentes séries) sont presque omniprésents et fort bien régularisés. A tel point qu’on apprend aussi un peu plus sur les personnages de Chicago Fire ou Med. Et pour les fans de la franchise New-Yorkaise, il est plaisant de retrouver à quelques occasions Mariska Hargitay (alias Olivia Benson) et ses comparses intervenir en ville de Chicago et inversement.

Mais c’est quoi au fait ce département policier chicagoans ? En résumé, car beaucoup doivent déjà le savoir au vu de l’avancement de la série, on suit le travail de plusieurs détectives et policiers-ères à Chicago. Non pas que le district 21 soit particulièrement miséreux ou mafieux, mais les services de renseignements de l’équipe précitée, ont effectivement toujours beaucoup à faire.

Plus concrètement, le début de saison commence avec le retour de la détective Erin Lindsay (Sophia Bush connue pour avoir joué dans « Les Frères Scott ») qui doit suivre une cure de désintoxication. D’ailleurs, cette situation se complique davantage pour Erin, car quelqu’un de proche menace de la faire à nouveau plonger dans sa dépendance. Ainsi, et au fur et à mesure des épisodes, certaines sales affaires affectent les personnages à différents degrés. Plusieurs séquences sont même pénibles et lourdes à regarder. Comme un des officiers très impliqué humainement et qui sacrifie sa moelle épinière afin de tenter de sauver une personne. Mais là encore, un évènement survient et bouleverse sans nul doute la trame finale espérée. Ce qui est aussi intéressant au sein de ce district 21, c’est que la majorité de l’équipe fonctionne « à l’ancienne ». Ici, pas d’écrans tactiles et ultra-modernes affichés partout avec des programmes à la pointe de la technologie. Certes, un des acteurs interprète très bien le « geek de service » qui est très utile à l’équipe, mais il sort rarement sur le terrain et n’est pas le personnage le plus vu dans la série. En tout cas pour le moment. À propos de la technologie, un des plans reste surprenant, car grâce à un appareil très avancé, une des possibles bombes trouvées est broyée par ce dernier.

Bien, d’autres situations seraient à préciser pour en apprendre encore plus quant à la série. Mais plus on en dit, plus on risque de trop en dévoiler. Pour cette raison, le silence est d’or et à apprécier. Toutefois, il est bien que les lecteurs comprennent un peu mieux comment vivent les principaux protagonistes. Car en dehors d’Erin, la force de la série se porte au travers d’Hank Voight. Joué par Jason Beghe, quasiment inconnu chez nous (« X-Men : Le Commencent »), l’acteur a un comportement magistral devant la caméra. À tel point qu’il est aisé de se demander s’il incarne partiellement sa vie privée, ou s’il puise totalement dans ses expériences et sa créativité pour être le sergent du commissariat. Mais une autre habileté se cache au travers de ce personnage marquant. Il s’agit de sa voix francophone. Car pour les personnes ne le sachant pas, bons nombres de comédiens-iennes de doublage travaillent d’arrache-pied et pas que pour Chicago Police Department. En l’occurrence pour Hank, le « doubleur, se nomme Thierry Hancisse et est originaire de Belgique. Sans polémiquer sur les origines des artistes, ou sur la justesse du terme « doubleur », ladite série serait totalement différente sans cette voix grave et naturellement autoritaire naturellement. Pour l’anecdote, il a incarné la version française du sombre directeur qu’est Orson Krennic dans la saga « Star Wars ». Quant à la voix de Céline Monsarrat, elle est indéniablement associée à « Nage droit devant toi » pour le très beau « Le Monde de Némo ». Mais l’anecdote la plus amusante reste sans nul doute la voix de Sébastien Desjours. Pourquoi ? Parce qu’il pose sa voix sur un des détectives les plus vifs, Patrick Flueger alias Adam Ruzek, mais que parallèlement il voxographie (ou « double ») l’assistant du procureur Rafael Barba dans New York Unité Spéciale. Un fait rare, car les deux productions ont été créées par Dick Wolf aux Etats-Unis et il est souvent coutume de ne pas prendre de mêmes voix francophones pour des franchises proches. Toujours est-il que la chaîne française TF1 l’a accepté, mais qu’on est en droit de se demander ce qu’il pourrait se passer si le personnage de Rafael Barba faisait une apparition dans Chicago Police Department…

Nonobstant, cette série a quelques défauts scénaristiques. Mais rien de bien grave et pour un nouveau bébé télévisuel, c’est tout à fait normal. En effet, certaines histoires paraissent irréalistes, trop lisses ou faciles à résoudre pour l’équipe du département 21. Parfois même, ces dernières sont longues et manquent un peu de panache. Par contre et malheureusement, les connexions entre les différentes séries Chicago ne sont pas toujours faciles à comprendre pour les amateurs. Même si la plupart des comédiens-iennes portent des tenues médicales ou de pompiers, à l’inverse des officiers qui sont majoritairement en civils, il est pénible parfois de se rappeler qui collabore où, comment s’appelle ce protagoniste et s’il a déjà été aperçu dans un précédent caméo. Fort heureusement, ces imperfections sont très vite oubliées, car dès le début de la série, l’illégalité des faits et gestes du désormais célèbre département permet aux personnages des actions peu recommandables. Et ces approches et techniques séduiront sans nul doute très facilement le public. Car les moyens pour retrouver les criminels sont parfois choquants, sanglants et carrément brutaux. Et ce, tant pour le Sergent Voigt, les détectives que les officiers qui se couvrent mutuellement et restent ainsi très soudé-e-s. Beaucoup d’entre eux n’hésitent pas à frapper les malfrats, ou à leur mettre des pressions parfois ingénieuses, mais dans tous les cas très efficaces. L’histoire reflète tellement le côté sombre et humain de Chicago, qu’il est à nouveau expliqué ce qu’est l’étrange amicale au sein de laquelle le Sergent Voigt est membre… Ce fait paraît anodin, mais a finalement toute son importance dans l’histoire. À noter que la luminosité est indétectable entre l’artificielle et la naturelle. Comme la nuit tombe vraiment vite en hiver à Chicago, les spots du tournage sont, en effet, mis à contribution afin de tromper les yeux des spectateurs. De plus, comme l’équipe policière descend quasi quotidiennement dans les rues, bars, apparentement et caves de Chicago, ces décors réels ou fabriqués recréent encore mieux l’ambiance de la ville. Ainsi, les téléspectateurs auront toujours l’impression d’être à l’extérieur de studios durant ces virées.

Quelques derniers mots relatifs à la fin de cette belle 3ème saison. Évidemment, la production et les scénaristes ont eu envie de donner envie aux amateurs et connaisseurs de vouloir en savoir plus pour les épisodes à venir. Et ce sentiment fonctionne très bien. Cette fin est exceptionnelle, car il émane d’elle un sentiment de malaise (en rapport avec le Sergent Hank Voight…) et il est clair que la noirceur entoure totalement une bonne partie des principaux personnages. L’un d’entre eux est aussi écarté de ses fonctions vers la fin de saison pour une raison bien précise et très surprenante.

J’avoue, comme peut-être d’autres personnes lisant mon article, que c’est la première fois que je découvre une saison complète de Chicago Police Department. Je l’ai beaucoup appréciée et ressens l’envie de découvrir les premières saisons pour rattraper mon retard. Je vous invite aussi à le faire, si vous êtes tentés. Mais surtout à continuer à voir les futures mésaventures de Hank et ses officiers.

Chicago Police Department
Saison 3
Créateur Dick Wolf
Note : 4/5

Chicago Police Department - Saison 3
4.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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