CinéMasala 2021 : Les délicieuses cuisines infernales

L'Inde et sa cuisine, c'est aussi un cauchemar.

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Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

En ce 2ème et dernier soir de présence pour ma part et le 3ème par rapport à CinéMasala, je me rendis également au centre-ville de Lausanne afin de découvrir un court-métrage fort sympathique et un nouveau film d’auteur indien aux saveurs et aux allures de prisons…


Le court-métrage « Juice » plonge directement les spectateurs-trices dans une histoire familiale, conviviale. Là où une famille indienne se réunit pour une soirée teintée de discussions du côté des hommes, tandis que les femmes s’affairent systématiquement, à la cuisine afin de préparer d’excellents petits plats. Et suite à cette pression sociale, l’héroïne va se sentir décidée à commettre un acte considéré comme tabou au niveau de la culture indienne. Tabou, mais noble et mérité.

Si cette courte histoire donne effectivement faim grâce aux détails des préparatifs culinaires, cela relate surtout un cauchemar vécu par des milliers d’Indiennes. Soit de rester capitonnées et extrêmement jugées par rapport à leur effervescence dans leur cuisine respective. Certaines s’en sentent même oppressées, enfermées à l’intérieur de cette pièce servant aussi, de prétexte pour qu’elles ne retournent (ou n’aillent) jamais (re) travailler.

C’est dans ce contexte fort intéressant et réaliste, que le long-métrage principal de la soirée s’enchaîna, à savoir « The Great Indian Kitchen » :

Le mariage forcé… Un changement de vie arrivant à grands pas pour la future Epouse et son Mari. Peu après la contrainte des premières rencontres, puis du mariage selon les pressions familiales, le jeune couple va loger chez la famille de l’Epoux au sein d’un foyer plutôt traditionaliste et patriarcal. Si Elle fait son maximum en essayant de comprendre comment vit sa belle-famille et percevoir leurs habitudes, Elle va vite commencer à se sentir oppressée par les différentes tâches ménagères et surtout, la cuisine où elle doit se rendre plusieurs fois par jour. Ceci afin de préparer de bons petits plats pour son Mari et le patriarche. Tout en recevant très rarement des félicitations. Elle qui se sent davantage féministe et davantage danseuse, que femme au foyer, sa vie va radicalement changer jusqu’au débordement…

Au sein de ce long-métrage démontrant les valeurs et traditions indiennes n’évoluant pas suffisamment dans la valorisation des femmes, les personnages principaux n’ont pas de noms. Un fait rare, mais voulu par le scénariste et metteur en scène Jeo Baby (« Kilometers and Kilometers »).

A la base, ce dernier souhaitait que « The Great Indian Kitchen » soit distribué par une plateforme internationale à l’exemple de « Netflix » ou « Amazon Prime ». Il dut toutefois se rabattre sur un distributeur plus local, « NeeStream ». Car sa réalisation fut refusée partout ailleurs.

Cependant et à la surprise générale, ce récit s’apprécia du côté des spectateurs-trices Indiens-nnes au point qu’ « Amazon Prime » racheta finalement les droits pour une diffusion en continu. Ainsi, « The Great Indian Kitchen » prouve encore que les films d’auteurs ont un bel avenir devant eux, même face aux grosses productions toujours plus présentes.

Par rapport à la distribution de cette comédie dramatique, entre la jeune célébrité Nimisha Sajayan (« Eeda ») à la carrière et aux films indépendants jouant « L’Epouse » et son collègue polyvalent Suraj Venjaramoodu (« Neerali ») interprétant « L’Epoux », le binôme fonctionne à merveille tout au long du récit.

Si très rapidement le public se sentira plus attaché et solidaire envers l’héroïne luttant contre les 2 mâles de sa nouvelle famille, il devient immédiatement clair que l’attitude de son « Mari » n’est pas forcément celui qu’il souhaite, tout du moins en partie. Une certaine influence s’opère en lui et le comédien la fait très bien ressentir.

Finalement, si « The Great Indian Kitchen » s’avère effectivement être une œuvre cinématographique dramatique, entre les piques parfois envoyées et surtout, les différentes recettes indiennes montrées pouvant faire saliver les spectateurs-trices, cette réalisation demeure efficace, originale et démontre que la place de la femme n’est pas systématiquement dans les tâches ménagères et à la cuisine. Et ce, même en Inde.

Ainsi donc, je terminai cette 9ème édition du festival CinéMasala en présentiel avec 2 fictions s’approchant beaucoup de la réalité, mais se terminant toutes les 2 sur des notes évolutives et positives.

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Vitalina Varela

ZAHORÍ

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