« Haute couture » : Toute la différence entre un métier et un boulot

Un très beau métier caché.

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Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Si la nouvelle réalisation de Sylvie Ohayon semble s’intéresser principalement à la mode vestimentaire de la marque « Dior », de nombreux maux sont également imbriqués dans la trame et cela apporte au film, une belle dimension à la fois dramatique et légère.


C’est en ressentant une certaine tristesse et nostalgie qu’Esther se force à participer à la dernière collection de haute couture de la Maison Dior. Car après cette période, l’heure de sa retraite va arriver, ses patrons ne souhaitent plus la garder. Relativement routinière, elle s’arrête parfois dans les couloirs du métro afin d’écouter de la musique. Une douce mélodie d’une guitare ou d’un violon par exemple. Appréciant l’air qu’une jeune femme joue, Esther n’aura pas le temps de réaliser qu’elle se fait voler son sac par Jade, une jeune fille d’une banlieue habituée à commettre des petits larcins. Pourtant, cette fois-ci l’adolescente va éprouver quelques remords et tout en prenant son courage à 2 mains, elle ira rendre le sac et l’entier des affaires à Esther. C’est à ce moment-là que cette dernière remarque une habileté manuelle en Jade et décide de l’engager comme stagiaire chez Dior. C’est ainsi que la beauté et l’amour du geste pourrait être transmis à une autre génération.

Au travers de sa seconde mise en scène et réalisation, la cinéaste Sylvie Ohayon (« Papa Was Not a Rolling Stone ») va présenter différentes thématiques sociales et culturelles assez souvent abordées au cinéma. Toutefois, grâce à la profondeur et au métier démontré au sein d’ « Haute couture », la trame va certainement bouleverser beaucoup de spectatrices-teurs.

En effet, si la plupart des gens s’habillent quotidiennement sans se sentir fortement influencés par la mode vestimentaire courante, de nombreux-euses personnes se réfèrent encore à la haute couture pour les robes de mariages, les complets et autres tenues chiques.

L’idée de cet hommage pour les confectionneuses aux petites mains, est venue suite à une expérience personnelle de ladite scénariste et réalisatrice qui consistait à trouver une belle robe de mariée pour l’une de ses amies. Voyant la qualité et la minutie de certains de ces vêtements, Sylvie Ohayon décida d’en faire sa prochaine fiction.

Afin de concrétiser ce projet, elle se documenta notamment grâce à plusieurs ouvrages littéraires et surtout, à une exposition liée à la haute couture. S’inspirant de ses découvertes et avec l’aide de son équipe technique, ils conçurent un atelier de toute pièce pour les besoins du long-métrage « Haute couture ».

Et ce niveau-là, cette création bluffante donne réellement l’impression aux spectateurs-trices, que le tournage se fit au sein d’une prestigieuse entreprise, à l’exemple de celle de « Dior ». Une nouvelle fois donc et grâce à l’équipe technique des décors, la magie du cinéma opère et emmène le public dans un lieu différent.

Ce n’est toutefois pas la seule plus-value d’ « Haute couture ». Si son histoire ne demeure pas forcément la plus originale, la performance des comédiennes et les différentes scènes montrant la confection de belles pièces vestimentaires, permettent aux personnes curieuses de voir le film, d’en apprendre davantage quant au métier de couturière et un peu plus rarement, de couturier.

Par rapport à la distribution, entre Nathalie Baye (« Les Gardiennes ») qui incarne une femme d’un certain âge plutôt blasée de la vie, et Lyna Khoudri (« The French Dispatch ») jouant une jeune fille avec peu de repères et osant dérober ce qu’elle peut aux badauds, la rencontre entre l’actrice rodée et douée et la comédienne très prometteuse et efficace, le duo s’accorde très bien au sein d’ « Haute couture ».

Bien que la réalisation de Sylvie Ohayon s’oriente pour un large public, il reste probable que la majorité des gens s’intéressant à son long-métrage, soit davantage la gent féminine. Car entre la délicatesse des tissus, l’immersion dans le milieu couturier et un casting principalement féminin, les hommes se feront plus rares pour aller voir ce récit intéressant et plutôt novateur quant au domaine filmé.

Haute Couture
FR – 2020
Durée: 1h41 min
Comédie dramatique
Réalisatrice: Sylvie Ohayon
Casting: Nathalie Baye, Lyna Khoudri, Pascale Arbillot
Pathé Films
17.11.2021 au cinéma

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