En 1915, la Première Guerre mondiale faisant rage, les campagnes se vident des hommes utiles à la guerre, mais également au travail de la terre. Les femmes vont dès lors, comme dans chaque guerre, mettre tout en œuvre pour garder les cultures et garantir la prospérité future. Elles vont endosser tous les rôles que cela leur plaisent ou non, que cela leur soit aisé ou non.

Dans un climat d’inquiétude et de peur qu fournissent les guerres, les femmes ont toujours eu un rôle essentiel pour la continuité de la race humaine. Leur endurance, leur force ne sont plus à démontrer. Entre ambiance pesante et trahison, Xavier Beauvois a su illustré avec humilité et simplicité dramatique la dureté de la vie. Les caractères crus et abruptes des personnages, les décors et les ambiances sèches et stériles et la franchise des dialogues relient la fiction à la réalité de manière à ce que ce film prenne un visage de biographie sans fioritures. C’est un peu comme une fenêtre sur des passages de la série française et culte « Des grives aux loups » de Philippe Monier tirée de l’œuvre de Claude Michelet, qui relate cette période de l’histoire française et européenne dans le milieu rural. Un film efficace sans strass ni moyens impressionnants, car l’histoire se suffit à elle-même. Le jeu des actrices surtout est bluffant de vérité et l’on peut sentir la douleur de chaque situation et le désarroi comme s’ils étaient notres. Un excellent support de cours qui plus est.

  • Réal. : Xavier Beauvois
  • Acteurs : Nathalie Baye/Laura Smet/Iris Bry
  • Distrib. : Les Films du Worso
LES GARDIENNES : attente, endurance et survie
4.0Note Finale