Calcutta, 14 millions d’habitants. Une ville en plein essor économique, qui oublie une grande partie de sa population composée de gens pauvres, misérables, exclus et malades.

C’est à Calcutta que le Dr Preger a posé ses valises après avoir été médecin au Bangladesh, pays qu’il a dû quitter précipitamment après avoir dénoncé un trafic d’enfants impliquant une ONG hollandaise et le gouvernement. 
Il est né au pays de Galles où il a fait des études en économie. Un jour, il a décidé de se consacrer à la paysannerie. Huit ans après que sa femme et son fils soient retournés à Londres en le laissant seul, il décide d’entamer des études de médecine. Il a alors 35 ans, et à 42 ans il obtient son diplôme. Il exerçait dans un hôpital à Dublin lorsqu’il a entendu qu’on cherchait des médecins pour le Bangladesh où la guerre faisait des ravages indescriptibles. Ce fut pour lui une révélation et un besoin irrépressible d’agir.
Benoît Lange était un jeune pâtissier de vingt-deux ans lorsqu’il a croisé la route du Dr Jack à Calcutta. Il a alors décidé de témoigner de son action en devenant photographe, et a arpenté avec lui les trottoirs de la ville pendant quatorze ans.
Pas de misérabilisme dans ce film qui est aussi une biographie. Des images qui reflètent simplement la réalité des exclus, des pauvres, des malades pour qui les soins dans les hôpitaux ne sont pas accessibles faute de moyens.
C’est pour cela que le Dr Jack a créé des cliniques de rue sous le sigle de Calcutta Rescue. Ce sont plus de cinq cent mille hommes, femmes, enfants qui ont été soignés jusqu’à présent.
Cent huitante Indiens et dix-huit médecins travaillent dans six cliniques et avec trois ambulances. 
Le Dr Jack n’a pas seulement créé des cliniques de rue où les soins, médicaments, radiographies ou opérations sont gratuits, mais il a également créé des écoles. Comme par exemple dans un quartier de prostituées à Calcutta où il a racheté une maison close pour en faire une école qui enseigne aujourd’hui à quatre cent cinquante enfants. C’est aussi dans ce quartier que vit le Dr Jack, au milieu des déshérités.
À Malda, une ville reculée du Bengale où l’eau est naturellement polluée à l’arsenic, il a réussi à faire installer une dizaine de filtres qui protègent ainsi deux mille familles. Mais il faudrait au moins douze mille filtres pour préserver toute la population de la région.
Mais tous ces projets ont un coût et il faut plus de huit cent mille euros par année pour assurer le fonctionnement de toute cette organisation.
C’est uniquement par le biais de collectes de fonds réalisées en Europe que le financement est assuré, mais tout reste très fragile. 
Ce film dont on sent bien qu’il est fait avec beaucoup de cœur est un documentaire très riche qui met en avant des personnalités hors du commun, tel le Dr Jack, ou Sister Cyrille, une sœur irlandaise aux idées bien précises, ou ce couple de sidéens qui s’est marié par amour ce qui est très rare, ou alors cet handicapé suite à la lèpre qui s’est mis au service des autres malades de la lèpre, ou encore cet exceptionnel assistant brahmane du Dr Preger qui travaille avec lui depuis des années. Un film qui donne juste envie de faire partie de cet univers de bonté et de générosité. Calcutta a été filmée sous divers angles et donne un bon aperçu de ce qu’est cette mégapole. 
En bonus : La clinique des oubliés  un reportage de vingt minutes sur le fonctionnement au quotidien de ces cliniques de rue. 

  • De Benoît lange
  • Avec Dr Jack Preger
  • Pointprod, Episode 4 et Dr Jack Prod
Docteur Jack : un homme, une vie, un combat
5.0Note Finale