En attendant Bojangles, la folie familiale

La danse peut-elle éviter la déraison ?

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Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Basé sur le roman d’Oliver Bourdeaut de 2016, le long-métrage au titre homonyme plonge rapidement les spectateurs-trices dans les années 60. D’abord, au travers d’une folle et plaisante histoire familiale, puis le côté tragique s’installe et bouleversera leur univers.


Georges le sait, son talent pour arnaquer la haute société ne va pas durer longtemps et ce, malgré toute l’ingéniosité dont il fait preuve à chaque fois. Cependant et durant l’une de ces énièmes mondanités, il va apercevoir Camille et en tombera directement éperdument amoureux, néanmoins en percevant nettement la folie de sa future épouse. Les années passent, le nombre de soirées arrosées, de danses, de chansons et de courriers entassés non-ouverts à leur entrée d’appartement s’accumulent. Pour leur petit garçon Gary et Mademoiselle Superfétatoire, ces précieux moments demeurent tellement habituels, que le fils de Georges et Camille peine à comprendre pourquoi chez les autres, ces fêtes n’ont jamais lieu. Pire, à l’école il est régulièrement traité de menteur. Mais cette injuste insulte abîmera peu son âme d’enfant en comparaison de la folie de sa maman qui surgira soudainement et les entraînera à cesser le vouvoiement, à déménager et à demander de l’aide à un proche, L’Ordure, un honorable et intime service…

Olivier Bourdeaut ne semblait pas se prédestiner à la littérature entre une formation inachevée et son ancien métier d’agent immobilier à Nantes. Pourtant, suite à une soudaine inspiration et quelque temps après avoir perdu son emploi d’administrateur de biens, il écrira en 7 semaines un ouvrage littéraire à la fois loufoque et dramatique : « En attendant Bojangles ».

Si le titre chanté par l’excellent et regrettée Nina Simone s’avère « juste » lié au fait que les parents de « Gary » adorent ce morceau pour une raison particulière et l’écoutent en boucle, le reste de l’histoire du livre et de la fiction n’ont rien à voir avec l’interprétation musicale. Néanmoins, les aspects à la fois légers et tragiques se perçoivent dans toutes les versions.

Contrairement à d’autres adaptations littéraires transposées sur grand écran, « En attendant Bojangles » respecte grandement le livre. A ceci près que le point de vue du personnage principal n’est plus « Gary », mais « Georges ».

Qu’il s’agisse de ce protagoniste aux allures joviales et intrépides, interprété par Romain Duris (« Eiffel ») ou de sa compagne, la fluctuante « Camille » jouée par la fascinante Virginie Efira (« Adieu les cons »). Cependant, la meilleure performance revient au jeune et débutant comédien Solan Machado-Graner au travers du jeune « Gary ».

Si la distribution des rôles demeure réussie, l’équipe technique d’ « En attendant Borjangles » a parfaitement su créer et recréer des décors naturels et/ou fabriqués afin de donner aux spectateurs-trices, l’impression de s’immerger totalement dans les années 60.

Des expressions des dialogues semblants dépassées à présent, aux tenues vestimentaires en passant par la gestuelle durant cette époque, la minutie partielle de cette décennie transposée au travers de l’histoire, fonctionne à merveille.

Les différents lieux du tournage s’avèrent également fort intéressants et parfois impressionnants. A l’exemple de la splendide bâtisse en pierre utilisée au début de l’histoire. Si différents endroits furent choisis pour des séquences bien précises, tous ont une importance définie quant à la vie de cette famille à la vie… inconventionnelle.

Quoiqu’il en soit et contrairement aux premières impressions qui se dégagent d’ « En attendant Bojangles », cette réalisation ne s’adresse pas aux jeunes enfants et aux personnes gravement dépressives. Notamment parce que la fin n’est pas forcément celle pouvant être supposée et que les différentes douleurs vécues par cette famille, sont parfois difficiles à supporter et peuvent raisonner intérieurement.

Néanmoins, une partie de cette folie jouée par les comédiens-iennes ravit plus d’une fois et allège largement cette troublante et intense histoire.

En attendant Bojangles
FR – BEL – 2020
Durée: 2h05 min
Comédie, Drame
Réalisateur: Régis Roinsard
Casting: Virginie Efira, Romain Duris, Solan Machado-Graner, Grégory Gadebois, Pierre Hancisse
Pathé Films Switzerland
05.01.2022

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