À Bienne, toutes les diffusions de films se font soit aux Rex, soit à l’Apollo. Cette fois-ci, je suis allé au Rex 1 découvrir mon premier coup de cœur de la 14ème édition du Festival du Film Français d’Helvétie : « Pupille ».


Après une rapide et sympathique introduction de Christian Kellenberger, le co-fondateur du FFFH, puis un bon discours de la Conseillère fédérale Simonetta Simmaruga sur la représentation et le respect des femmes en général, les 2 principales invitées de la soirée précitée montèrent sur scène. Leur carrière respective brièvement résumée par l’animateur, le long-métrage débuta :

Alice vient d’entrer dans la quarantaine et cela fait 10 ans qu’elle défend sa motivation dans le but de devenir une mère adoptante en France. Un jour, un miracle lui fut annoncé et c’est en ressentant ses larmes de joie qu’elle accepta Théo, âgé de 3 mois. Pupille relate leur rencontre, mais montre aussi l’envers du décor avec le respect et la beauté qu’il se doit. Car avant que Théo ne se retrouve avec sa future maman, il passa par différentes phases comme son accouchement, fit la connaissance d’une assistante sociale, et même de celui qui prendra soin de lui en attendant la décision finale des services de l’Etat.

Au départ, rien ne prédisait que la cinéaste Jeanne Herry (« Elle l’adore ») allait ressentir un fort engouement pour sa future réalisation. En fait, le projet naquit suite à l’appel d’une amie et de toutes les émotions qu’elles se sont échangées et partagées. Peu après, Madame Herry commença à se questionner sur les procédures d’adoption et finalement, elle s’investit davantage jusqu’à en faire un film. Rapidement, elle sentit qui pourrait interpréter quel rôle. Ainsi, elle choisit notamment Elodie Bouchez (« Fleuve noir ») jouant une belle palette de sentiments. Sandrine Kiberlain (« Amoureux de ma femme ») pour son fanatisme fictif envers les bonbons ou encore l’homme viril, très drôle et attentionné avec Gilles Lellouche (« Le Sens de la fête »). D’ailleurs, et le public dans la salle le ressentit aussi, le duo Kiberlain-Lellouche est particulièrement savoureux et comique.

De nombreuses scènes cocasses, touchantes et spontanées ont été filmées rendant « Pupille » magnifique. Car contrairement à ce que l’on pourrait penser après l’avoir vu, les différents bébés et animaux (surtout l’un d’entre eux) se sont rapidement sentis à l’aise sur le plateau. À tel point qu’Elodie Bouchez perçu souvent les bonnes réactions des nouveau-nés face aux caméras. Comme beaucoup d’autres fictions incluant des jeunes enfants, les heures de travail sont très faibles. C’est pourquoi, plusieurs faux poupons furent créés afin de respecter la loi.

Ressemblant en partie au drame policier « Polisse » sortit en 2011, « Pupille » explique, montre et détaille de façon réaliste des métiers parfois insoupçonnés. Mais cette fois-ci, la thématique est en rapport avec l’adoption. Certains des sujets et morceaux de vies sont attendrissants, d’autres plus dramatiques. Néanmoins, la plupart des séquences donnent l’impression que le long-métrage reste très proche de la réalité et inversement. Une approche réussie, admirable et parfaite pour une telle réalisation. L’âge a également une grande importance dans l’histoire. Qu’il s’agisse des comédiens-iennes et du bébé.

Après pratiquement 2 heures (semblant passer très vite) à découvrir « Pupille », les 2 femmes conviées durant la soirée remontèrent sur scène afin de répondre à plusieurs questions du public. De nombreux applaudissements se firent et plusieurs félicitations se transmirent. Ainsi, à tour de rôle, Elodie Bouchez et Jeanne Herry répondirent aux différentes interrogations formulées. En résumé, nous apprîmes la genèse de l’histoire, les ressentis du casting face aux nouveau-nés et quelques anecdotes liées au tournage à l’exemple d’une poupée animatronique spécialement fabriquée pour le film et qui finalement, ne fut jamais utilisée.

« Pupille » s’adresse à un large public parce qu’il permet à beaucoup de spectateurs-trices de se sentir concerné-e-s (de près ou de loin) par rapport à une adoption. Bien sûr, les femmes désireuses d’avoir des enfants sont les premières touchées, tout comme leurs conjoints. Les autres, à l’exemple de celles ne voulant pas garder le nourrisson, comprendront nettement, mieux les raisons de certaines lenteurs et décisions liées à de telles demandes. Prévu pour décembre 2018 en tout cas en France, « Pupille » plaira sans nul doute grâce à son côté docu-fiction, son originalité et son ouverture d’esprit.

Pupille
FR, BEL   –   2018   –   108 Min.   –   Drama
Réalisateur: Jeanne Herry
Acteur: Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Élodie Bouchez, Stéfi Celma, Youssef Hajdi, Olivia Côte
Frenetic Films
05.12.2018 au cinéma

FFFH 2018 : Elodie Bouchez, Jeanne Herry et leur excellent « Pupille » au programme de cette seconde soirée.
5.0Note Finale