Avec un casting convainquant et un visuel intelligemment travaillé, ce deuxième opus, réalisé également par James Whale, est une relique du cinéma fantastique.



Un homme admire la tempête par la fenêtre. Il n’est autre que Lord Byron (Gavin Gordon), le célèbre poète britannique, auteur du «Prisonnier de Chillon». A ses côtés, assise près d’un feu de cheminée, se trouve Mary (Elsa Lanchester). Cette jolie jeune femme au teint pâle est terrifiée par l’orage. Elle demande à son mari, aussi présent dans la pièce, d’éclairer un peu plus le château. L’ironie de l’histoire c’est que Mary Shelley n’est autre que l’auteur du roman angoissant «Frankenstein». Cet ouvrage, mis en scène dans le long-métrage « Frankenstein » du même réalisateur quatre ans plus tôt, relate la création d’un être vivant assemblé avec des parties de chairs mortes par un jeune savant suisse, connu sous le nom de Victor Frankenstein. Horrifié par l’aspect hideux de l’être auquel il a donné la vie, le Docteur abandonne son «monstre». Ce dernier, doué d’intelligence, décide alors de se venger et commettre des meurtres. Excédés et terrifiés par cette créature satanique, les villageois finissent par brûler le moulin dans lequel se cache le monstre. C’est ainsi que se terminait le premier long-métrage de James Whale en 1931. Cependant, alors que population locale pensait s’être définitivement débarrassée de lui, le géant réapparaît. C’est le point de départ de ce deuxième opus. Ressuscité, lui aussi, le docteur Frankenstein décide d’abandonner ses recherches pour organiser son mariage. Mais une visite surprise va le faire changer d’avis. Un vieux professeur, dénommé Pretorius lui propose une collaboration. Ensemble, ils vont créer un nouvel être vivant quelque peu différent, une femme…

Ce deuxième métrage est constitué d’un excellent jeu d’ombre et de lumière. Le scénario est intéressant quoique répétitif. Pour la première fois dans ce second épisode, le géant vert ne se contente plus de pousser des cris, il a des émotions et communique. Cette légère modification rend le personnage moins crédible mais plus fidèle au roman.


Una O’Connor est parfaite dans le rôle de Minnie, la servante. Elle allie humour et angoisse avec perfection. Elle arrive par ses expressions faciales à nous terroriser comme si nous étions présents. Il en est de même du Professeur Pretorius (Ernest Thesiger). Cet homme ridé a un regard puissant et un air mystérieux. Quant à Elsa Lanchester (la fiancée) elle n’apparaît que dans les dernières minutes du film, mais sa coiffure de reine égyptienne est restée gravée dans les mémoires du cinéma. La nouvelle performance de Boris Karloff dans le rôle du revenant est aussi parfaite. L’acteur a supporté des conditions de tournage difficiles. Écrasé par la chaleur de son costume et du maquillage, le britannique a perdu dix kilos en 46 jours.

Les studios Universal ont dû patienter quatre ans avant que James Whale n’accepte leur proposition de tourner une suite à son «Frankenstein» et le résultat est à la hauteur de l’attente. Ce «La fiancée de Frankenstein», quoique très fantaisiste, est un mélange singulier de terreur et de comédie qui s’avère, à maints égards, supérieur à l’original. Par ailleurs, c’est la première suite réalisée par les studios Universal. À l’origine, son titre initial était «The Return of Frankenstein». Quatre productions ont suivi ce deuxième volet: «Le fils de Frankenstein» de Rowland V. Lee en 1939 ; «Le Fantôme de Frankenstein» mis en scène par Erle C. Kenton en 1942 ; «Frankenstein rencontre le loup-garou» de Roy William Neill en 1943 et finalement, «La maison de Frankenstein», elle aussi créée par Rowland V. Lee en 1944.

Ce Blu-Ray collector contient de nombreux compléments tels que les archives du film, un reportage sur la création de la fiancée (« Elle est en vie »), les bandes annonces des suites de la série, les commentaires du film de Scott MacQueen, ainsi que la rétrospective des 100 ans des Studios Universal.

Réalisateur: James Whale
Producteur: Carl Laemmle Jr.
Compositeur: Franz Waxman
Avec: Boris Karloff (Le monstre), Colin Clive (Dr Henry Frankenstein), Valerie Hobson (Elizabeth), Elsa Lanchester (Mary Shelley / la fiancée du monstre), Ernest Thesiger (Dr Pretorius), Una O’Connor (Minnie), Gavin Gordon (Lord Byron), Dwight Frye (Karl), Douglas Walton (Percy Bysshe Shelley), E. E. Clive (le Maire), Lucien Prival (le majordome), O.P. Heggie (l’hermite).
Durée: 75 minutes
Distributeur: Universal Pictures

« La fiancée de Frankenstein : un monstre du cinéma
4.5Note Finale

A propos de l'auteur

Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

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