Unicorn. Une licorne. Seule, égarée dans les bois. Elle… ne bouge pas, mais… c’est un animal majestueux. Les yeux se fraient donc un chemin dans le blanc de son pelage, parfois, ils aiguisent sa corne. Elle ? Elle ne bouge pas. Ce n’est pas aujourd’hui qu’elle cavalera, la licorne, tant pis.


Unicorn ne galope pas non plus. Il y avait pourtant de quoi faire une belle balade. Des images qui s’inspirent du cinéma de Terence Malick, qui cherche à transcender le réel, à le sublimer. Mais le génie n’y est pas, c’est lent, statique, ennuyeux.

Le film raconte la vie en autarcie d’une mère et de sa fille recluses dans une région éloignée de la société. Peu à peu, un homme s’immisce de plus en plus dans leur vie de famille. Est-ce le nouvel amant de la mère ? La fille en est-elle tombée amoureuse ? Le déteste-t-elle ? Toutes ces hypothèses restent en suspens, le réalisateur prenant un malin plaisir à jouer sur les non-dits et les silences des personnages. Cela aurait pu susciter de la tension pour le spectateur, mais la lenteur extrême du film découragera les plus téméraires. Même les licornes peuvent être ennuyeuses à regarder, malgré leur étiquette d’animal « fantastique ».

Unicorn (Unicórnio)
Brésil – 2017 – Fiction
D’Eduardo Nunes
Avec Bárbara Luz, Patricia Pillar, Zécarlos Machado
3 Tabela Filmes e Produções Artísticas, Canal Brasil
Prochainement au cinéma

[FIFF2018] : "Unicorn" ne cavale pas
2.0Note Finale

A propos de l'auteur

Féru de cinéma, de poésie et d’art, Stefano Christen voit la critique comme un terrain de jeu où l’on ne garde pas sa langue dans sa poche. Non, on la sort toutes les cinq minutes, pour se remettre à l’heure.

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