Histoire et Cité : festival d’histoire à Genève

Histoire et Cité : festival d’histoire à Genève


Voilà un nouveau projet bien ambitieux à Genève, lancé par l’Université de Genève : un festival d’histoire basé sur des débats, des expositions, des conférences, des émissions de radio, et bien-sûr, ce qui nous intéresse au premier chef, un large programme de projection de films. Thème de cette première ? Construire la paix !


A l’origine de cette manifestation, Micheline Louis-Courvoisier (directrice de la Maison de l’histoire à l’université de Genève) et Pierre-François Souyri (directeur des Rencontres des Genève Histoire et Cité), qui ont ressenti le besoin de stimuler par un festival multimédia « la compréhension d’une réalité quotidienne partagée, éprouvée par tous ». Convaincus que la pratique de l’histoire est en lien direct avec cette réalité, qu’elle « la met en relief, elle l’anime, elle en éclaire les multiples aspérités », ils proposent sur trois jours de prendre le temps de la réflexion, de l’échange, pour sortir des préjugés et des idéologies simplificatrices.

Pour cette première édition, Les Rencontres de Genève Histoire et Cité porteront sur le thème « Construire la paix » et seront en toute logique parrainées par l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. Ce choix thématique repose sur plusieurs raisons : parce que 2015 sera le 200ème anniversaire du traité de Vienne et de l’entrée de Genève dans la Confédération, mais aussi le 70ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et bien sûr parce que la Genève internationale est depuis plus d’un siècle au cœur des initiatives pour la paix.

Histoire et Cité : festival d’histoire à Genève

Histoire et Cité : festival d’histoire à Genève

Les meilleurs spécialistes sont donc invités pour dialoguer avec le public et intervenir dans le cadre de conférences, tables rondes, cafés historiques et littéraires… Les amateurs de lecture se passionneront pour le salon du livre et de la bande-dessinée historique. Des expositions, des visites de lieux historiques, des ateliers pédagogiques pour les classes et des sessions de formation continue pour les enseignants compléteront ce vaste programme. Et bien sûr le festival du film historique en présence de nombreux réalisateurs permettra aux cinéphiles curieux de découvrir ou de redécouvrir de nombreux films en lien avec cette thématique

Le cinéma fait histoire, par le regard singulier qu’il pose sur les événements du monde, par l’influence qu’il exerce sur leurs protagonistes. Les Journées du film historique consacrées au thème « Construire la paix » proposent une quarantaine de films qui, selon leur objet (résistance, après-guerre, pacifisme, négociation), selon la variété du genre et le mode d’écriture (documentaires, fictions, animations, archives, reconstitutions) ou selon la mobilisation qu’ils provoquent auprès du public, dessinent un portrait contemporain du film historique sur la paix.

La programmation a été pensée selon six modules qui proposent de traiter la question du lien entre cinéma, histoire et paix : le cinéma comme agent de l’histoire et vecteur de paix ; comment construire la paix et comment celle-ci peut être abordée différemment selon qu’il s’agisse de fiction ou de documentaire de paix ? ; la paix dans tous ses états et les figures de la paix au cinéma ; les représentations filmiques de Genève ville de paix ; les drôles de paix, ou encore les routes et détours de paix.

Histoire et Cité : festival d’histoire à Genève

Histoire et Cité : festival d’histoire à Genève

Notons dans cette conséquente programmation quelques films à ne pas manquer. « Et maintenant on va où ? », film libanais montrant les stratagèmes utilisées par les habitantes d’un village multiconfessionnel pour éviter que les hommes importent les conflits religieux faisant rage dans le reste du pays. « Les couleurs de la montagne », film colombien dans lequel des enfants veulent simplement récupérer leur ballon de foot tombé dans un champ de mines, tandis que la guérilla investit leur village. « La Grande illusion », le chef d’œuvre de Jean Renoir sur la guerre de 14, plus analyse sociale que film de guerre. « Le juge et le général », documentaire chilo-américain qui interroge le juge Juan Guzmán Tapia sur son enquête de six ans sur l’ancien dictateur Augusto Pinochet. Enfin le conflit israélo-palestinien prend une place non négligeable avec de nombreuses projections (« Au nom du temple », « Route 181 », « Le Fils de l’autre », « Dans un jardin je suis rentré », « Fix Me », « Ana Arabia », « When I Saw You »…).

Un festival initié par une université ne saurait oublier d’être pédagogique : la jeune génération, sensible aux effets d’image, est invitée aux projections scolaires qui visent à éveiller et stimuler son intérêt tant pour l’histoire que pour les questions relatives à la construction de la paix. Le cinéma déplaçant et transformant les enjeux des perspectives historiques, ces journées proposent d’y réfléchir à l’occasion de tables rondes, en présence de réalisateurs, critiques, historiens et journalistes qui invitent le grand public à débattre à la suite des projections. L’Université de Genève, les Cinémas du Grütli, le Département cinéma de la Haute école d’art et de design (HEAD – Genève), le Service de formation continue de l’Etat de Genève sont les partenaires engagés dans ce projet par lequel l’histoire et ses acteurs font aussi leur cinéma.

Histoire et Cité : festival d’histoire à Genève
Genève
Du 14/05 au 16/05

www.histoire-cite.ch