La nouvelle comédie de l’actrice-réalisatrice, Audrey Dana est lourde à souhait. On se lasse vite de son humour et on s’ennuie après une bonne heure de projection.

Nominée à la 20ème édition du Festival du film de l’Alpe d’Huez en 2017, «Si j’étais un homme» est une sorte de remake, composé de gags en dessous de la ceinture et de légers rebondissements. Le thème du film maintes fois développé au cinéma est assez porteur, mais on déplore cette fois-ci, un humour trop féminin et peu varié.

Jeanne Clairet, une femme de 38 ans a rendez-vous avec Anton sur la terrasse d’un café. C’est le père de ses deux enfants (Paul et Lou). Malgré leur séparation, Jeanne prévoit de se remettre avec lui et prépare son discours.

Malheureusement, la rencontre ne se passe pas comme prévue et Anton lui annonce qu’il va la quitter définitivement pour aller vivre avec une autre femme qui est déjà enceinte de lui. Choquée, notre héroïne doit également digérer le fait que «son Ex» lui impose une garde alternée des enfants. 

Cinq mois plus tard, nous retrouvons Jeanne. Sa vie est devenue un cauchemar, elle doit se présenter au Tribunal pour garder ses enfants auprès d’elle. Angoissée par cette entrevue, elle pète complètement les plombs. Pire encore, son corps se transforme brutalement durant la nuit et c’est pourvue d’un sexe masculin qu’elle se réveille le lendemain matin…

Dans cette nouvelle comédie, Christan Clavier tient le rôle d’un gynécologue. Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas lui qui a le record des grimaces et des lourdeurs. L’ex-Jacquouille nous parle de «bites» mais ce n’est pas lui qui mène le bal. 

Audrey Dana s’est attribuée le premier rôle dans son film. L’actrice-réalisatrice narcissique est beaucoup trop théâtrale. Sa prestation est pesante et parfois agaçante. Elle présente son personnage de femme membrée sous un angle beaucoup trop caricatural. Pliée en deux la plupart du temps, elle transforme son apparence et fait tout un cirque.

La réalisatrice cherche à nous faire visualiser les différents stades de la mutation sexuelle (découverte de l’engin, premiers pas, puis acceptation de sa différence). Pour Audrey Dana, nous portons tous en nous une part de l’autre « genre » et beaucoup de codes sociaux nous cantonnent, à tort, à l’un ou l’autre. La trame du film constitue aussi un bon moyen de tordre le cou à ces « valeurs ». 

Merlin (Eric Elmosnino), seul homme viril du film est lui aussi un peu bizarre. Il est sec, renfermé et grincheux. Le personnage est bien interprété, mais l’acteur n’a pas vraiment le look, ni l’âme d’un séducteur. On a préféré le voir dans ses précédentes prestations telles que: «La famille bélier»«Gainsbourg», «Espèces menacées» et «Chic».

Moins bien réussi que «Sous les jupes des filles» qui avait réalisé 1.3 millions d’entrées en France, cette réalisation plaira éventuellement à un public féminin en proie à des confidences sexuelles sans tabou et un peu d’humour salace. Mais laissera de marbre une bonne partie des cinéphiles.

Ce Blu-Ray, contient un unique bonus: la rencontre avec Audrey Dana et Alice Belaïdi. 

  • Réalisatrice: Audrey Dana
  • Scénariste: Audrey Dana, Maud Ameline & Murielle Magellan
  • Avec: Christian Clavier (Docteur PACE), Audrey Dana (Jeanne), Eric Elmosnino (Merlin)
  • Production: Versus Production, TF1 Film production, Curiosa Films, Moana Films, Proximus & Wild side.

 

«Si j'étais un homme» : pas pour les mecs !
1.5Note Finale

A propos de l'auteur

Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

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