Le dernier long-métrage de Thomas Vinterberg narre les souffrances de l’équipage du Kursk, un sous-marin soviétique bloqué au fond de la mer de Barents. Critique envers l’armée russe et ses dirigeants, ce film est plus politique qu’historique…


Mikhail Averin est un homme respecté de la flotte du Nord. Aux commandes du célèbre sous-marin nucléaire russe « К-141 Koursk », un lanceur de missiles de croisière perfectionné et fierté de toute une nation, il mène à bien ses missions.

Lors d’un entraînement en haute mer, l’équipage est victime d’une série d’avaries graves qui endommage la proue du bâtiment et provoque des explosions. Il y a de nombreux morts, les commandes et les instruments ne fonctionnent plus. Quelques survivants se retrouvent coincés à la poupe du sous-marin, prisonniers au fond de la mer de Barents. Ils n’ont aucune chance de s’en sortir.

Privés de lumière et de communication, les malheureux gèrent au mieux leurs réserves de nourriture et d’oxygène. Blessés, exténués, trempés et apeurés, ils attendent impatiemment une aide extérieure, mais à la surface l’armée peine à trouver des solutions.

Le matériel est obsolète et ne fonctionne pas. De graves négligences dans le remplacement des pièces défectueuses sont constatées. On apprend même que certains articles de rechange ont été vendus au marché noir. Quant à l’administration, elle refuse obstinément toute aide internationale par fierté patriotique. Les marins pourront-t-ils être secourus à temps ?

Cette catastrophe de grande ampleur s’est produite le 12 août 2000. Elle a fait la une des journaux de l’époque. Cette histoire incroyable a aussi été reprise dans le roman de Robert Moore: « A time to Die » (Sauvez le Kursk, en français). Le film s’inspire de ce roman paru en 2007 et des événements ayant eu lieu. Très critique envers l’autorité russe, le cinéaste reproche au gouvernement soviétique et à l’armée d’avoir tardé à secourir ses hommes par incompétence et par fierté nationale.

Mis en service fin décembre 1994, d’une longueur de 154 mètres et haut de quatre ponts, « Le Kursk » avait un déplacement de 13’500 tonnes. C’était un sous-marin à propulsion nucléaire, équipé de deux réacteurs à eau pressurisée. Le bâtiment disposait d’une double coque séparée en neuf compartiments, dont le dernier était un « refuge« . Ses deux réacteurs nucléaires lui assuraient une vitesse de pointe de 32 nœuds en plongée et pouvait évoluer jusqu’à 300 mètres de profondeur. Ce monstrueux sous- marin a sombré avec 118 membres d’équipage. Il s’agit d’une des plus grosses catastrophes maritimes soviétiques de tous les temps.

C’est le réalisateur danois, Thomas Vinterberg qui a dirigé cette production européenne. Associé au studios de cinéma EuropaCorp fondés par Luc Besson, il nous offre un film captivant et rempli d’effets spéciaux. Le cinéaste est peu connu. Il a tourné quelques long-métrages qui n’ont pas eu de succès dans les pays francophones, mis à part « Festen » sorti en 1997, « Submarino » en compétition à la Berlinale 2010 et « la chasse » présenté au Festival de Cannes en 2012.

Le tournage a commencé à la base navale de Toulon en avril 2017. D’autres scènes ont été filmées au port de commerce et sur la rade de Brest. C’est le sous-marin français « Le Redoutable » qui a servi de modèle au Koursk à Cherbourg. Quant aux prises de vue terrestres, c’est en Roumanie et en Belgique qu’elles ont été réalisées. Pour représenter « Le Seaway Eagle », le navire de secours qui est intervenu lors de cette catastrophe, l’équipe a utilisé « l’Atlantic Tonjer » un bateau qui navigue actuellement sous pavillon Panaméen.

Au casting, nous trouvons Matthias Schoenaerts et Léa Seydoux dans les rôles principaux. Le couple est crédible et leur prestation est bonne. La grande surprise vient de Colin Firth qui interprète David Russell, un haut gradé anglais témoin du drame. L’acteur britannique est connu pour ses rôles dans de nombreux films à succès, tels que : « Le discours d’un roi », « Kingsman« , « Mama Mia » et deux aventures de « Bridget Jones ». Il nous montre à nouveau dans cette création, toute l’étendue de sont talent.

Malgré ses airs de film, catastrophe, cette réalisation n’est pas seulement une histoire de survie, c’est aussi une critique de la politique soviétique en général. On nous montre dans ce long-métrage un état ruiné et une armée composée de nostalgiques de l’ex-URSS. Ces vieux dirigeants sont prêts à tout pour éviter à la Russie une humiliation aux yeux du monde.

Kursk
FR   –   2018   –   Drama
Réalisateur: Thomas Vinterberg
Acteur: Léa Seydoux, Colin Firth, Matthias Schoenaerts
Praesens Film
07.11.2018 au cinéma

"Kursk" : Quand la Russie a touché le fond !
3.5Note Finale

A propos de l'auteur

Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

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