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jeudi, avril 18, 2024
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La Nouvelle femme, le vrai-faux biopic intéressant mais modifié avec trop de libertés

Les débuts des fameuses méthodes et écoles Montessori

Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Partiellement basé sur la vie de Maria Montessori et sur le vécu personnel plus récent de la réalisatrice, « La Nouvelle femme » développe un sujet et une personne assez oubliés. Néanmoins, les ajouts scénaristiques, n’ont pas forcément leur bonne place et cela peut se percevoir.


A Paris en 1900, Lili mène une vie intense où ses spectacles se mêlent à des riches rencontres au sein de la bourgeoisie de la capitale hexagonale. Alors qu’elle reçoit une invitation afin de séjourner à Rome, d’abord refusée, son passé va la rattraper. Au travers d’un secret, honteux en plus, celui de la petite Tina. Elles ont un lien parental, mais caché car la fillette est vraiment idiote. Après réflexion, Lili se sentira donc décidée pour l’Italie. Sur place, elle entend parler de Maria Montessori développant une méthode d’apprentissage différente qui s’adresse spécifiquement aux les déficient-e-s. Néanmoins, la co-fondatrice de ce lieu a aussi ses mystères… Longtemps en désaccord, les 2 femmes se rapprocheront et décideront de s’entraider en espérant mener une vie meilleure avec leurs enfants respectifs. Ce, même si elles sont entourées d’un monde trop… masculin et d’idioties.

Issue du milieu des documentaires, la toute 1ère réalisation de Léa Todorov (« La Douleur ») innove en démontrant une femme déterminée, courageuse et engagée par rapport à l’éducation des enfants appelés à l’époque notamment, les idiots.

Maria Montessori est donc celle qui a inventé et développé la fameuse, et souvent controversée entre autres à cause des prix élevés, « méthode Montessori » ainsi que les écoles installées depuis plusieurs années déjà, au niveau international.

Elle eut une vie remplie, même pendant les 2 Guerres mondiales et jusqu’à sa mort au début des années 1950. Pour cette raison, il fut difficile à la scénariste et metteuse en scène de définir quelles exactes périodes à transposer.

Néanmoins, elle décida intuitivement de (ré) écrire l’histoire de la fondatrice au moment où elle n’eut d’autres choix, que de délaisser son enfant. En outre pour la cinéaste, son enfant venant de naître avec certains troubles. Elle se sentit donc davantage concernée par les jeunes avec des déficiences et étant passés par cette forme pédagogique d’apprentissage.

En tête d’affiche de cette intelligente production franco-italienne, Jasmine Trinca (« Gunman ») qui incarne bien « Maria Montessori », malgré une certaine retenue sentie. A ses côtés, Leïla Bekhti (« Je verrai toujours vos visages ») jouant dûment son rôle de la Française coquette et audacieuse.

Son personnage, « Lili d’Alengy », demeure purement imaginé par Léa Todorov. Et malheureusement, cette protagoniste rend un effet miroir au travers du vécu de la metteuse en scène. En sus, l’adaptation en Italie de « Lili », s’avère trop rapide quant à l’époque représentée.

A regret aussi, certains éléments historiques liés à la véritable Maria Montessori qui ne furent pas transposés, comme ses multiples voyages en Europe. Les problèmes qu’elle rencontra de son vivant, demeurèrent certes, liés au machisme de l’époque. Mais d’autres facteurs ne sont pas assez développés. A l’exemple de ses maux et de la crise financière, à peine effleurés scénaristiquement.

Malgré les faits historiques plus ou moins changés et écartés par la réalisatrice, « La Nouvelle femme », dont le titre est tiré des femmes indépendantes et éduquées du siècle dernier, amène les sujets de « l’idiotie », de l’évolution scolaire et de problèmes familiaux trop cachés, efficacement.

Ceci, sans oublier les enfants magnifiquement et respectueusement filmés au travers de la fiction. Principalement « Tina », incarnée par la jeune Raphaëlle Sonneville-Caby qui étonne et évolue à merveille au gré de sa performance. Ce, sans une once de narcissisme.

S’adressant à un large public, « La Nouvelle femme » plaira plus aux adultes, avec ou sans enfants. Cependant et par rapport aux spectateurs-trices appréciant les aspects historiques respectés, il pourrait davantage déplaire à cause des modifications apportées.

Tout en rappelant aux spectateurs-trics les différents combats, améliorations et valeurs amenées par Mme Montessori et ses descendant-e-s, « La Nouvelle femme » traite également de thématiques humaines, sociales et féministes, avec utilité et justesse.

La Nouvelle femme
FRA – ITA – 2023
Durée: 1h41 min
Biopic, Drame
Réalisatrice: Léa Todorov
Avec: Leïla Bekhti, Jasmine Trinca, Rafaëlle Sonneville-Caby, Laura Borelli, Nancy Huston, Raffaele Esposito
Pathé Films Switzerland
27.03.2024 au cinéma

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