En Sologne, les paysages sont magnifiques. La population est bourrue autant qu’elle est généreuse, proche de sa terre autant que de ses traditions. En 1927, Célestine, bonne du Conte local, adopte, pour un temps du moins, un petit garçon, Paul, orphelin de guerre.


Dans un film aux airs de « Grand Chemin » de Jean-Loup Hubert, l’esprit rural de l’entre deux guerres renaît sous la réalisation toujours exceptionnelle de Nicholas Vanier (L’Odyssée sauvage, Le Dernier Trappeur). Le sujet même de l’adoption est complexe, surtout si l’on y ajoute les non-dit, les drames, le mensonge et le dénie. Paul découvre un monde qui lui est inconnu, puisqu’il est né à Paris sans connaître sa mère morte en couches et ayant perdu son père très jeune. Il passe de l’univers quasi-carcéral de l’orphelinat à la douceur d’un foyer, certes inconnu, où on lui fait confiance. C’est le début d’une grande épopée sur fond de vacances d’été, où l’apprentissage de la nature et de la vie donneront finalement de la profondeur, de la sagesse et de l’amour à cet être dont le destin n’avait pas été tendre jusque-là. À relever, les jeux d’acteurs très justes et inattendus de François Cluzet grimé en anarchiste taciturne qui s’ignore et de Valérie Karsenti en femme blessée et pragmatique. Sans en avoir l’air, la faune et la flore du Loiret, prennent place entre les méandres humains, comme pour nous rappeler que malgré l’homme la Nature ressuscite toujours.

De prime abord, le sentiment d’un film de plus sur la nostalgie du XXème siècle français semble facile, mais après coup un mélange étonnant de satisfaction et de bonheur. La photographie est réellement époustouflante, les couleurs et les sons siègent au cœur de l’intrigue. Le bonheur pousse là où nous le plantons.

L’école buissonnière
Frankreich – 2017 – Drama
Réalisateur: Nicolas Vanier
Acteur: Francois Cluzet, Eric Elmosnino, Francois Berleand
Frenetic Films
11.10.2017 au cinéma

L'école buissonnière : Prince malgré lui
4.5Note Finale