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lundi, février 26, 2024
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LES FILLES D’OLFA : Conséquences de l’endoctrinement

Claire Blanchard-Buffon
Claire Blanchard-Buffon
Cinéphile passionnée, écrivaine et musicienne depuis son enfance, elle offre son âme d’écorchée vive au besoin de l’art et de la transmission de ses émotions. Voter folie est-elle la même ?

Présenté en compétition et primé à Cannes, Les Filles d’Olfa est un film documentaire d’une surprenante richesse sur l’adolescence, l’émancipation et la place des femmes.


En Tunisie en 2015, Olfa est une mère en colère et désespérée de voir deux de ses quatre filles rejoindre Daech. Son combat ne semble pas être entendu et elle tremble pour ses cadettes restées à la maison. Son histoire est racontée avec son expérience et les yeux de ses filles.

Un film documentaire avec une balance ingénieuse entre les deux genres qui nous expose une réalité du début des années de l’Etat Islamique, ou du moins le départ de son ampleur actuelle. Par des jeux de rôles où les témoins finissent se mêler aux actrices comme pour mieux expliquer l’importance de leurs souffrances et cicatrices. Nous voyageons alors entre une culture tunisienne qui peut paraître un peu archaïque pour des européens, la réalité sociale et politique d’un régime qui n’intègre pas les femmes comme des humains et enfin dans les blessures et traumatismes que laissent ces pratiques religieuses sombres. Alors que Olfa et ses filles sont dotées de caractères forts et bien trempés, elles luttent, rient, partagent et se déchirent avec une violence que seule une famille peut s’infliger et se pardonner dans le même temps.

Du côté des actrices et de l’unique acteur, le rôle d’Olfa est repris pour les scènes plus difficiles ainsi que ceux des deux aînées. Majd Mastoura incarne tous les personnages masculins, comme pour symboliser un ensemble homogène de la place des hommes dans la vie d’Olfa. Des hommes abusifs, violents, égoïstes, dominants et intolérants. Dans cette famille de filles, le mâle n’est pas le bienvenu, même lorsqu’il apparaît comme séducteur et doux. Le rapport à l’homme et donc à sa féminité met Olfa et par extension ses filles dans des positions bancales qui entraînent des conséquences graves sur leurs identités. Ce portrait de femme est bien plus que cela.

C’est un témoignage du versant des peuples qui subissent une politique de l’Etat Islamique, passé ou présent. C’est également un constat moderne des dégâts de générations de maltraitances inconsidérées sur l’héritage génétique. Un film qui mérite de ne pas passer inaperçu, quelle que soit votre situation de vie. À voir d’urgence !

«Les Filles d’Olfa» en présence de Kaouther Ben Hania :
Mercredi 19 juillet, 19h45, Cinéma Scala 1, Genève
Jeudi 20 juillet, 20h15, Cinéma Rex, Neuchâtel

Le film est à l’affiche dès ce mercredi 5 juillet à Genève, Neuchâtel et Sion.
Puis dès le 12 juillet à La Chaux-de-Fonds, Delémont, Fribourg, Lausanne, Tramelan, Sainte-Croix…

Les filles d’Olfa
Tunisie – 2023 – 107min – Documentaire
De Kaouther Ben Hania
Avec Ichraq Matar, Olfa Hamrouni, Eya Chikhaoui, Tayssir Chikhaoui…
Trigon-Film
05.07.2023 au cinéma

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