Récompensé en 2018 à la Berlinale avec notamment un « Ours d’Argent », « Les Héritières » plonge le public dans l’univers de 2 femmes paraguayennes. Alors que l’une d’entre elle est emprisonnée, l’autre choisit de vivre autrement. Et du coup, de s’épanouir…


Chela et Chiquita vivent ensemble depuis une bonne trentaine d’années au Paraguay. Issues de famille riche, leur situation financière demeure pourtant au point mort. Afin d’éviter de se retrouver à la rue, elles vendent une grande partie de leurs biens. Malheureusement et suite à des dettes cumulées, Chiquita est incarcérée dans une des prisons de la ville. Cheta se retrouve alors seule et doit se construire une nouvelle vie. S’improvisant chauffeuse de taxi, elle fera aussi la rencontre d’Angy, une jeune femme dynamique et vivifiante pour Cheta. Cette dernière semble d’ailleurs se réveiller et sort de sa longue tristesse ressentie. Par rapport à ses changements, ou pour une autre raison ? Rien n’est moins sûr…

Producteur, réalisateur et scénariste, Marcello Martinessi fut très polyvalent par rapport à son nouveau projet. Tourné entièrement au sein du pays susmentionné, plus précisément dans la capitale qu’est Asunción, ce long-métrage se veut humaniste, original et créatif. Pour Marcello Martinessi, il s’agit de sa toute première mise en scène et il fut certainement surpris en bien de recevoir un prix aux prestigieuses Berlinales en Allemagne en 2018. Il faut savoir que l’homme a une excellente formation cinématographique car il a notamment étudié à la London Film School. D’ailleurs, ses 4 précédents court-métrages avaient été diffusés au même festival antérieurement.

Concernant la distribution, elle demeure plutôt étonnante, car aucune des actrices (et rares acteurs) n’a de réel parcours au sein du 7ème Art. La plupart d’entre elles débutent et semblent n’avoir aucune expérience même théâtrale ou télévisuelle. À savoir que le cinéaste n’a pas le savoir-faire afin de recruter des comédiens-iennes selon les procédés actuels, c’est-à-dire avec des récitations de texte, d’imprégnation de personnages. Donc, pour lui, le plus simple a été d’aller directement à la rencontre de potentielles futures actrices. Tout en ayant en tête, qu’elles devaient rester ouverte quant au scénario et éviter justement, de se sentir trop investie dans leurs rôles en amont.

Mais au-delà de cette particularité anecdotique et originale, malheureusement, l’histoire même des « Héritières » ne demeure pas des plus captivantes. Certes, Marcello Martinessi ose beaucoup en filmant des femmes d’un certain âge, riches, très proche et vivant au Paraguay durant une période sombre du pays. Néanmoins, l’approche finale rend le long-métrage trop facilement lassant à cause de son manque de dynamique.

Par rapport au développement des personnages, et notamment celui d’ « Angy », le cinéaste admet lui-même qu’il l’a « beaucoup changé tout au long du processus de création ». En fait, la présence du personnage s’est accentuée, car elle permet au quartier où vivent les héroïnes, de se réveiller en quelque sorte. Son arrivée va modifier le comportement des protagonistes, avec parfois, des effets un peu plus virulents pour certains d’entre eux.

Abordant des sujets délicats, comme le mouvement « LGBTIQ » (soit Lesbien, Gay, Bisexuel, Transgenre, Intersexe ou Queer), les choix et désirs sexuels de femmes d’un certain âge, ou encore les différences sociales au sein dudit pays, « Les Héritières » ne manquera pourtant pas d’attirer un public curieux d’en savoir plus.

Toutefois, le long-métrage ne s’adresse pas à un large et jeune public. Très intellectualisé, sans être moralisateur, les spectateurs-trices sensibles à ses causes et appréciant un casting plus âgé qu’habituellement, apprécieront cet héritage cinématographique primé à Berlin en 2018.

Les héritières (La Herederas)
PY, DE, UY, NO, BL, Fr –   2017   –   95 Min.   –   Drama
Réalisateur: Marcelo Martinessi
Acteur: Ana Brun, Margarita Irún, Ana Ivanova…
Cineworx
13.02.2019 au cinéma

"Les Héritières" : Un film habile mais peu captivant
2.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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