Présenté en 2015 au sein de différents festivals, dont le « NIFFF » à Neuchâtel, « Liza, The Fox-Fairy » s’avère être une véritable petite pépite mêlant plusieurs genres cinématographiques avec brio et qui démontre beaucoup de similitudes entre la Hongrie et le Japon…


Aujourd’hui et même si personne ne le sait, Liza se sent d’humeur particulièrement joyeuse car c’est son anniversaire. Elle vient d’avoir ses 30 ans et exceptionnellement, elle va demander à sa patronne Marta si elle peut avoir exceptionnellement, 2 heures de libre. Mais si elle vit chez sa cheffe en qualité d’infirmière et semble mener une vie normale, il n’en est rien. En effet, depuis longtemps déjà elle voit un fantôme japonais aux apparences gentilles : Tomy Tani. Pourtant, sous ses airs charmeurs de chanteur pop des années 50, il cache des intentions malintentionnées pour des raisons bien précises. Enquêtant sur les mystérieux décès d’hommes croisant de près ou de loin Liza, le Sergent Zoltan sera le seul à comprendre réellement la situation. Cela ne sera cependant pas de tout repos, car en plus du fantôme et comportement étrange de l’infirmière, l’investigateur ira jusqu’à trouver un conte japonais mettant en lien tout ce petit monde.

C’est en 2015 que le metteur en scène hongrois Károly Ujj Mészáros prit le pari risqué d’adapter assez librement la pièce de théâtre « Liselotte és a május » (« Liselotte en mai ») de Zsolt Pozsgai. Il transposa ce projet en une formidable et surprenante comédie noire, teintée de fantastique avec une succulente pointe d’horreur. Ce doux mélange ajouté à sa fascination pour le Japon et certaines similitudes entre ce pays et la Hongrie, formèrent l’original et pétillant « Liza, The Fox-Fairy », ou en hongrois, « Liza, a rókatündér ».

Comme susmentionné, le cinéaste et scénariste apprécie depuis longtemps le Japon et ses mystères. Pour cette raison par rapport à son histoire, il décida également d’intégrer une dose de fantastique. Notamment au travers d’une légende japonaise relatant l’existence d’une femme-renarde nommée « YōKo » et qui a la faculté de séduire de jeunes hommes à des fins bienfaisantes, mais aussi malfaisantes. Ce mythe ajouté à une version alternée du Budapest des années 70 pimente incontestablement « Liza, The Fox-Fairy ».

En sus d’un scénario original et captivant, l’équipe technique fut extrêmement minutieuse quant à la préparation des décors. Qu’il s’agisse de ceux recréés ou ceux en extérieur. Il en va de même avec les tenues vestimentaires ainsi que la gestuelle des comédiens-iennes ayant été très travaillées et s’harmonisant à merveille au sein de cette production. A tel point que d’emblée, les spectateurs-trices auront la sensation de s’immerger dans la Hongrie des années 70.

Au niveau de la distribution, celle-ci s’avère aussi somptueuse. En tête d’affiche, l’actrice méconnue en Europe occidentale Mónika Balsai (« X »). Son interprétation de la naïve, douce et gentille « Liza » impressionne toujours autant et ce, 5 ans après la sortie du long-métrage en Hongrie et dans de nombreux festivals à l’étranger. A ses côtés, plusieurs autres comédiens offrant également des performances remarquables, burlesques et parfois inquiétantes. Cependant, l’un d’entre eux a étonnamment et brillamment réussi une carrière internationale, allant même jusqu’en Angleterre. Il s’agit du Danois (mais aux origines asiatiques) David Sakurai qui eut entre autres et très certainement, le plaisir de jouer directement aux côtés de Johnny Depp au sein des « Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindewald ».

Si l’esprit des années 70 plane formidablement et révèle aussi le potentiel de « Liza, The Fox-Fairy », grâce entre autres à sa composition musicale ou encore idées saugrenues du fantôme « Tomy Tani », la plus-value de cette réalisation se situe principalement au niveau de son approche en comédie noire. Il demeure même probable que le cinéaste Károly Ujj Mészáros admire le réalisateur Wes Anderson (« L’Île aux chiens ») car les 2 univers sont étonnamment proches. Si ce n’est que « Liza, The Fox-Fairy » contient de nombreuses scènes avec une jolie dose d’hémoglobine.

Somme toute, cette production à (re) découvrir au travers de la plateforme « Spamflix » en vaut toujours autant la peine et ravira les aficionados grâce à ses mélanges de genres. Certes, pour les personnes plus sensibles et les enfants, il vaut mieux s’abstenir. Néanmoins concernant les gens curieux de voir ce chef-d’œuvre hongrois, le meilleur moyen est de s’inscrire sur le support virtuel et d’en profiter un maximum.

Liza, The Fox-Fairy
HR – 2015 – 98mn
Comédie, Fantastique, Romance
Réalisateur: Károly Ujj Mészáros
Casting: Mónika Balsai, Szabolcs Bede Fazekas, David Sakurai, Zoltán Schmied

"Liza, The Fox-Fairy" : 98 minutes de pures folies grâce à "Spamflix"
5.0Note Finale