Un film imparfait pour un cinquième film de la réalisatrice Valérie Donzelli, mais agréable à l’oeil et qui en dit beaucoup sur notre époque, au couple et à la réussite sociale.


Maud Crayon est architecte, mère, séparée de son mari et exploitée par son patron. Malgré l’énergie qu’elle déploie pour concilier toutes les facettes de sa vie de parisienne moderne, son talent semble invisible. Un soir de tempête, le vent décide à faire prendre l’air à une de ses maquettes prévues initialement pour un parc de jeux pour enfants. Les caprices d’Eol font que la maquette atterrie au sommet de celles participant au concours pour le réaménagement du parvis de la célèbre cathédrale de Notre Dame. Les aléas et les circonstances vont apporter à Maud une nouvelle vie qu’elle n’avait et ne pouvait envisager au moment où elle apprend qu’elle est enceinte de quatre mois pour couronner le tout.

Un film qui peine à séduire dans son ensemble et qui semble également avoir du mal à trouver une date de sortie, puisqu’il avait été présenté déjà au festival de Locarno cet été. Entre comédie romantique, film poétique et de société, on ne sait pas vraiment sur quel pied danser. Danser justement, qui semble être le mot d’ordre de la trame de fond du scénario qui nous fait plonger tantôt dans des scènes comiques très françaises citadines puis sans crier gare dans une comédie musicale aux airs d’amateurisme pénible.

Quel public ce film toucher-t-il ? Un public déjà rôdé aux comédies atypiques, aux décors réalistes, aux situations communes mais cocasses et enfin aux tournures fantasques et légères. Le côté poétique et loufoque est agréable à condition d’y aller jusqu’au bout. Là, nous avons plus l’impression de Valérie Donzelli a voulu effleurer un style puis s’est tourner vers un autre tout cela dans le même scénario. Dommage qu’elle n’est pas su faire un choix avant, car les deux styles bien que parfaitement compatibles dans d’autres fictions, ne le sont que très modérément dans l’approche de la réalisatrice. On s’ennuie plus que l’on ne rit, on soupire et pas que de bonheur.

Le sujet du départ qui paraît être la capacité des femmes à trouver les ressources nécessaires pour allier un quotidien souvent surbooké, laisse hélas rapidement la place à un grand n’importe quoi. Ces libertés de scénarios font figure d’intrigues simplifiées par paresse plus que de choix artistiques abstraits ingénieux. Autant en emporte le vent.

Notre Dame
FR / BE – 2019 – 106min
genre: Comédie
Réalisateur: Valérie Donzelli
Avec Valérie Donzelli, Pierre Deladonchamps, Thomas Scimeca…
Frenetic Films
18.12.2019 au cinéma

"Notre Dame" : imparfait pour un cinquième film mais agréable à l'oeil
2.0Note Finale