Padmaavat : la légende d’une courageuse reine

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Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Quelque part dans le Rajasthan médiéval, la princesse Padmavati se marie au Rajput Maharawal Ratan Singh. Installés confortablement dans le palais de Chittor, le temps passe avec sérénité entre le couple et au sein du royaume. Padmavati se forge une réputation avec sa beauté, mais aussi pour son intelligence et son sens du devoir. Ratan Singh continue a bien dirigé son peuple en l’écoutant avec sagesse et patience. Malheureusement, cette période ne durera pas, car l’ambitieux Alauddin Khilji tomba fou amoureux de l’image de la monarque. À tel point qu’il en devint obsédé et envahit la région, prêt à déclarer la guerre. Face à cette menace, les époux tentèrent le tout pour le tout afin de sauvegarder ses habitants et leur union…


[dropcap size=small]Q[/dropcap]uelques mots en histoire afin de mieux comprendre le film. En Occident, la plupart des gens ne connaissent pas du tout la légende précitée. Pourtant en Inde, et davantage dans l’état du Rajasthan (autrefois le Rajputana), Padmavati est une reine toujours autant admirée et reconnue et ce même si cette histoire est considérée comme un mythe. Pour ces raisons, notamment, le metteur en scène Sanjay Leela Bhansali Devdas ») a décidé d’adapter la version du poème indien relatant cette fable du 15ème siècle et non pas celle de l’opéra-ballet français d’Albert-Roussel créé au début des années 1900. En résumé, le film se rapproche beaucoup du poème, car Padmavati était menacée par un empereur musulman mongol puissant qui décida de mener une guerre contre la population de Chittor. Refusant de se soumettre à l’envahisseur, la souveraine décida de se jeter dans le bûcher fait par son mari plutôt que continuer à vivre. Des faits respectés et plutôt bien imbriqués avec la fiction bollywoodienne.

Bien, des aspects semblent magnifiques dans cette œuvre à la fois romantique et triste. Mais la réalité est totalement différente car le tournage fut très éprouvant pour l’ensemble de l’équipe. En effet, dès le début de la réalisation de nombreuses polémiques éclatèrent au Rajasthan et ailleurs en Inde. À tel point que certains plateaux servant au film furent saccagés et que la tête de Deepika Pakudone, l’actrice principale ayant récemment joué dans l’ennuyeux « xXx : Reactivated », a notamment été mise à prix. Tentant de calmer ces ardeurs, la production décida entre autres de modifier le titre du long-métrage. Ainsi, « Padmaavati » devint « Padmaavat » qui signifie à propos de… Et en l’occurrence, à propos de la souveraine Padmaavati.

Pour revenir au contenu de la fiction, il est malheureux de rapidement constater que la plupart des principaux rôles face aux caméras arrivent à peine à exprimer leur prouesse. Peut-être est-ce dû au réalisateur qui semble avoir eu de grandes difficultés à les laisser jouer aisément leurs émotions. Toujours est-il qu’à plusieurs reprises, la sensation d’un texte récité machinalement, de sentiments surjoués et du manque de dynamisme brise l’engouement de départ pour « Padmaavat ». Le souci réside aussi dans le fait que le film donne l’impression d’avoir été vite écrit et tourné. Les effets spéciaux sont fades, et ce, malgré le fait que l’univers Bollywood doit encore sérieusement s’améliorer avec ses concepts, et manquent d’ambition par rapport à l’approche de la trame. À noter que pour les spectateurs ayant vu « Baahubali et sa suite » récemment, il sera difficile de ne pas comparer les 2 long-métrages pour différentes raisons à l’exemple d’une royauté à défendre.

Malgré tout, « Padmaavat » reste plutôt honorable. Particulièrement grâce aux décors fabriqués, mais aussi au travers des costumes somptueux et très minutieusement étudiés pour les reconstitutions. Bien sûr, d’autres éléments se constatent tout au long de l’histoire. À commencer par Deepika Padukone qui offre l’étoffe d’une femme forte et décidée à tout faire pour éviter de céder à l’envahisseur. Mais aussi à toutes les actrices et figurantes qui l’accompagnent jusqu’à la fin avec noblesse et distinction.

Bien, plus de points négatifs et avantageux sont à relater par rapport à cette œuvre cinématographique. Mais pour le public souhaitant encore la découvrir en salles, ces prochaines semaines en Suisse romande, le plus simple est de céder à votre curiosité. Certes, une partie des séquences sont un peu sanglantes et donc peuvent choquer les enfants. Et effectivement, toutes les projections sont en hindi avec la version sous-titrée en anglais. Mais cette différence s’apprécie pour les diversités linguistiques et les accents. Toutefois, les spectateurs désireux de voir un film historique seront déçus, car « Padmaavat » est davantage une fiction qu’un respect complète du poème. Quant aux gens aimant les films romantiques, épiques, avec quelques chants et danses (et un minimum de côté kitsch), ils s’en délecteront un minimum. Un bon divertissement permettant de se plonger dans la magie du cinéma Bollywood.

Malgré les coûts de la production, il semblerait que celle-ci n’entre pas dans ses frais. Dans tous les cas, il est à espérer que le metteur en scène Sanjay Leela Bhansali revienne à ses films plus traditionnels comme « Devdas ». Car il a tendance ces derniers années, à porter des péplums du genre sans réellement les réussir.

Padmaavat
Indien – 2h44min – Drame/Historique/Romance
Réalisateur : Sanjay Leela Bhansali
Avec Deepika Padukone, Ranveer Singh, Shahid Kapoor
Aanna Films
25.01.2018 au cinéma

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