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lundi, février 26, 2024
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Rien à Perdre : Bataille juridique !

Alain Baruh
Alain Baruh
Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

Le premier long-métrage de Delphine Deloget met en scène le déroulement d’une procédure intentée par la protection de l’enfance visant à enlever la garde d’un petit garçon à sa mère.


Cette histoire tragique décrit le combat d’une mère célibataire bretonne, confrontée à une procédure intentée par le service de la protection de l’enfance. 

Sylvie, jeune barmaid dans un club underground et mère de deux enfants peine à joindre les deux bouts. Elle accumule les horaires tardifs et délaisse ainsi son ménage et sa famille. Absente un soir, en ayant laissé ses deux garçons, Jean-Jacques et Sofiane sans surveillance, elle apprend que le plus jeune a fini aux urgences, après s’être gravement brûlé.

Chargée de constater les manquements de cette mère vis-à-vis de ses enfants, la police se rend sans prévenir au domicile. Sylvie est convoquée au tribunal pour se faire notifier les faits qui lui sont reprochés…

La réalisatrice de ce long-métrage n’hésite pas à dénoncer la complication du système juridique et social. Son film présente non seulement les faits qui sont reprochés à l’accusée, mais également les nombreuses procédures qui y sont liées.

Rien à perdre est le premier long métrage de Delphine Deloget, qui a déjà mis en scène deux courts métrages de fiction : Le Père noël et le cowboy (2012) et Tigre (2019). Elle a également réalisé des documentaires journalistiques et d’auteur, en forme de fiction, comme Voyage en Barbarie qui a remporté le Prix Albert Londres.

La réalisatrice voit ce long métrage comme une suite logique de son œuvre.

Dans chaque fiction, il y a une autre manière de travailler et des contraintes différentes. Dans les deux cas, ce sont les mêmes questions qui se posent : le point de vue, la mise en scène et la forme visuelle. Elle sait, comment dépasser un sujet pour rendre une histoire universelle.

Dans ce film, la cinéaste avait envie de présenter des personnages et de créer un univers particulier, cela a été sa motivation première durant tout le tournage.

Delphine Deloget voulait aussi filmer ce qui reste d’une famille quand tout explose et raconter comment cette entité apprend, dans la douleur, à vivre les uns sans les autres. L’histoire du placement est venue plus tard, pendant l’écriture pour expliquer la difficulté, la douleur, mais aussi la nécessité de quitter ceux que l’on aime.

Lorsqu’on parle de placement d’enfant, on s’imagine le pire, pourtant, 70% à 80% des cas sont ordonnés à la suite d’une « défaillance », : un mot tiroir qui décrit des parents désorientés, des enfants difficiles à gérer, des carences éducatives, des logements inadaptés ou des familles endettées.

L’auteure a eu l’idée de mettre en scène cette histoire, comme un lendemain de fête difficile. Elle a rencontré des dizaines de familles d’enfants placés et écouté des enregistrements sonores de discussions entre des parents et les services sociaux.

La réalisatrice a aussi longuement discuté avec des avocats spécialistes de ce genre de dossiers et passé plusieurs jours dans le bureau d’un juge pour enfants.

L’équipe du film s’est rendu à Brest, dans le Finistère pour cadrer cette tragédie, Brest étant une ville universitaire, festive, militaire et portuaire.

Au casting nous trouvons dans le rôle principal, Virginie Elfira (Revoir Paris, Adieu les Cons, Le goût des merveilles). La talentueuse actrice aux 18 ans de carrière et 49 films et séries tournés est capable de jouer avec beaucoup d’assurance. Dans ce nouveau film elle interprète parfaitement son personnage.

Jean-Jacques est joué par Félix Lefèbvre, un jeune acteur en devenir, quant à Sofiane il est interprété par Alexis Tonetti, un enfant du Nord qui n’avait jamais participé à un tournage auparavant.

Nominé au Festival de Cannes 2023 et primé au Festival Américain de Deauville ainsi qu’au Festival du film d’Angoulême, cette création est intéressante à voir car elle décrit des problèmes de notre société.

Rien à perdre
FR – 2023 – Drame – 1h52min
De Delphine Deloget
Avec Virginie Efira, Arieh Worthalter, India Hair, Mathieu Demy, Félix Lefebvre…
Agora Films
22.11.2023 au cinéma

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