Guillaume Canet et Marion Cotillard se moquent de leur image dans une comédie gentiment trash.


Être rock : voilà ce que désire plus que tout Guillaume Canet, en plein crise de la quarantaine, marié avec un enfant, et cantonné à des rôles de pasteur ou de papi dans des films d’auteurs français. Mais comment faire pour redorer son blason, récupérer son image d’antan, celle d’un homme jeune, beau et talentueux ? Acteur de son propre rôle, Canet est dans le déni des années qui passent, au grand dam de sa famille, ses proches, son équipe de tournage, de production, qui ne comprennent pas quelle mouche l’a piqué…

C’est grâce à une autodérision poussée au maximum et gérée avec brio que Canet réussit à mettre en scène sa propre vie, dans une réflexivité vertigineusement séduisante : les acteurs principaux jouent tous leur propre rôle, on tourne un film dans le film, et même une série ; bref, une ironie nécessaire et majestueuse, un regard dans le miroir pour affronter sa propre image, telle qu’elle est perçue, mais aussi telle qu’on la voudrait. Marion Cotillard se met en scène, elle-aussi, avec beaucoup de dérision et un sympathique accent québécois, comme une actrice obnubilée par ses rôles, hystérique lorsqu’elle reçoit un Oscar, qui lui servira de quatrième pied de table de salon, mais aussi vraie et sincère, inquiète pour son mari, qu’elle suivra coûte que coûte. Dans sa quête ultime d’une nouvelle célébrité, Guillaume Canet passe d’un rail de coke en boîte à des shakers de protéines en peignoir, et suit la route des frères Bogdanoff, en version musclée.

Pas parfait pour autant, le film fait malheureusement sourire un peu jaune lors de quelques scènes qui en font « trop », où on tombe dans le ridicule et le surjeu, bien que ce soit le ton du film. Il faut dans tous les cas saluer la démarche sarcastique et honorable du couple, et leur humour bien trempé : à elle seule la scène avec « Céline Dion » vaut le détour !

Rock’n’roll
De Guillaume Canet
Avec Guillaume Canet, Marion Cotillard
Pathé Films
Sortie le 15/02/17

"Rock’n’roll" : autodérision salutaire !
4.0Note Finale