Enfin un long-métrage original et effrayant loin des récentes productions américaines comme « Annabelle ». Avec « Sans un bruit », le suspens et l’angoisse se ressentent du début à la fin. L’intrigue demeure continue et parfois insoutenable.


Si un titre d’une fiction se perçoit au premier degré, c’est bien « Sans un bruit ». Le cinéaste multitâche John Krasinski, jouant également un brillant rôle principal au sein de son film, l’a parfaitement compris en utilisant le bruit comme un ennemi redoutablement inattendu. Car avec cette réalisation, le silence est d’or et l’inverse risque fortement de créer de terribles conséquences.

Étant actuellement très occupé au sein de la série « Jack Ryan », à la base John Krasinski était plutôt réticent pour mettre en scène et interprété un des personnages principaux. Il prit pourtant la peine de lire le script et son envie changea à juste titre radicalement. Par la suite, sa femme Emily Blunt (la future Mary Poppins), lue aussi le scénario et décida de participer à ce tournage en interprétant l’épouse. Ainsi, à ce niveau-là, la réalité rejoint la fiction puisqu’ils vivent ensemble depuis plusieurs années déjà.

Mais d’autres éléments capitaux font de « Sans un bruit » un véritable chef-d’œuvre. Telle que la formidable prouesse de la jeune actrice Millicent Simonds (« Le Musée des merveilles »). Notamment au travers de sa réelle maladie, filmée avec justesse et intelligence. Qui plus est, sa problématique sera capitale dans l’histoire et pourrait provoquer un bouleversement aux résultats insoupçonnés. D’ailleurs, des atmosphères particulières ont été mises en avant afin de rendre sa difficulté plus compréhensible vis-à-vis du public. En fait, « Sans un bruit » se dote d’un casting peu connu, mais qu’il s’agisse des adultes ou des enfants, tout le monde a très bien été dirigé et a su offrir une performance stupéfiante et impressionnante.

La composition musicale de l’Américain Malco Beltrami (« Logan ») ajoute indéniablement une ambiance inquiétante et effrayante. Son accompagnement est si intense, que la musique donne l’impression d’être un membre à part entière du long-métrage. Les effets spéciaux sont aussi magistralement employés grâce aux procédés de la motion capture. L’utilisation de cette technique reste toujours autant répandue et connue dans le milieu du 7ème Art. Elle sert principalement à utiliser les mouvements de personnes afin de les rendre numériques. Fait surprenant, c’est John Krasinski qui joua les ennemis si mystérieux et menaçants. Ceux-ci sont superbement soignés et abominables. Les décors, tout autant réussis, font ressentir l’oppression des lieux et le sentiment de danger que vivent les protagonistes.

Sans un bruit, rassemble et mélange d’excellents ingrédients qui ne s’étaient pas vus et remarqués depuis bien longtemps. L’intrigue ne mène pas les héros dans une croyance religieuse quelconque et inutile. Et surtout, les effets infographiques ne sont pas employés vainement. Au contraire, le soin apporté aux décors réels et extérieurs crédibilise davantage cet audacieux chef-d’œuvre. Il permet également aux specateurs-trices de s’immerger et de se sensibiliser fréquemment au niveau de la problématique de la jeune actrice. Une véritable prouesse en post-production, car il fallait que les moindres petits détails se raccordent afin d’accentuer le sentiment de réalisme.

Même si cette fiction s’adresse à un large public, il est préférable pour les âmes sensibles de l’éviter. Notamment, parce que les sentiments d’oppression et de danger sont omniprésents. Quant aux personnes appréciant les films du genre contenant une juste dose d’hémoglobine, de suspens, d’horreur et de morts, alors effectivement « Sans un bruit » fera partie des œuvres cinématographiques à savourer dès les premiers instants.

A Quiet Place (Sans un bruit)
USA   –   2018   –   Horror
Réalisateur: John Krasinski
Acteur: Emily Blunt, John Krasinski, Noah Jupe
Paramount Pictures / Disney
20.06.2018 au cinéma

"Sans un bruit" : l’excellente horreur silencieuse
5.0Note Finale